DVD Jaquette de : Les Maîtres chanteurs de Nuremberg (D. Mouchtar-Samorai)

Distribution

Interprètes
  • Albert Pesendorfer
    Hans Sachs
  • Guido Jentjens
    Veit Pogner
  • Christoph Wittmann
    Kunz Vogelgesang
  • Kurt Schober
    Konrad Nachtigall
  • Jochen Kupfer
    Sixtus Beckmesser
  • Martin Berner
    Fritz Kothner
  • Martin Platz
    Balthasar Zorn
  • Philip Carmichael
    Ulrich Eißlinger
  • Martin Nyvall
    Augustin Moser
  • Yong Jae Moon
    Hermann Ortel
  • Vladislav Solodyagin
    Hans Schwarz
  • Daeyoung Kim
    Hans Foltz
  • Michael Putsch
    Walther von Stolzing
  • Tilman Lichdi
    David
  • Michaela Maria Mayer
    Eva
  • Leila Pfister
    Magdalena
  • Randall Jakobsh
    Ein Nachtwächter
  • Staatstheater Nürnberg Chorus
Mise en scène
David Mouchtar-Samorai
Chorégraphie
Joshua Monten
Orchestre
Staatsphilharmonic Nürnberg
Chef d'orchestre
Marcus Bosch
Réalisation
Marc Schuetrumpf
Origine
Staatsoper Nürnberg
Année
2011

Informations techniques

Durée
273'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Coviello Classics
Distributeur
Codæx France
Date de sortie
25/01/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Français

Les Maîtres chanteurs de Nuremberg (D. Mouchtar-Samorai) DVD

Die Meistersinger von Nürnberg

Note générale : 7/10

Richard Wagner

Opéra


Le label allemand Coviello Classics, connu pour ses réalisations discographiques, fait une incursion sur le support DVD avec Les Maîtres chanteurs de Nuremberg. Cette production mise en scène par David Mouchtar-Samorai a été captée en 2011sur la scène du théâtre-opéra de… Nuremberg. Albert Pesendorfer, Jochen Kupfer, Michael Putsch et Michaela Maria Mayer interprètent les rôles principaux sous la baguette de Marcus Bosch.

Scène des <i>Maîtres chanteurs de Nuremberg</i> mis en scène par David Mouchtar-Samorai.

 

Michaela Maria (Eva).Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg de Richard Wagner est le fruit d'une gestation de plusieurs années, tant pour le texte que pour la musique. Conçu à la suite de Tristan et Isolde, comme un dérivatif musical interrompant l'écriture de L'Anneau du Nibelungen, il s'agit du seul opéra de son auteur à adopter le ton comique et dont la fin soit positive. Bien qu'à part dans la production globale wagnérienne, l’œuvre n'en porte pas moins un message, et le compositeur y développe ses propres conceptions sur l'art allemand. La musique qui sert de support à ces développements idéologiques est elle aussi franchement différente de son Tristan si proche et encore plus de l'Anneau, voire de toute son œuvre. Clarté de la composition, nombre restreint de motifs, écriture savante fuguée, retour à un mélodisme plus classique, à une harmonie plus stable ainsi qu'à une versification plus rigoureuse, mise à l'écart de personnages mythologiques pour des personnages – tels Hans Sachs - ancrés dans la réalité de la Renaissance : tous ces éléments méritent une attention toute particulière des interprètes, lesquels ont à gérer cette expression nouvelle sur la durée considérable de l'œuvre.

Scénariser Les Maîtres chanteurs de Nuremberg n'en relève pas moins du défi. Dans cette mise en scène signée David Mouchtar-Samorai, l'abandon du mythe par Wagner et sa nouvelle direction comique, quand bien même cet opéra est un "drame musical", demande une gestion nouvelle du temps lié à une géographie des lieux limitée : intérieur d'une église à l'Acte I, extérieur sur rue à l'Acte II, pour finir par l'intérieur de l'échoppe de cordonnier d'Hans Sachs. L'architecture métallique qui occupe toute la scène fait figure d'abstraction réussie et apporte une légèreté au traitement. Des formes nouvelles sont discrètement mises en place pour signifier les changements de lieu. Les vitraux de l'église ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les travaux de Mondrian.
Mise à part l’échauffourée finale de l'Acte II, l'action restera très statique. Le metteur en scène a fait le choix sensé, bien que pas forcément nécessaire, d'une actualisation et transporte les personnages du XVIe siècle allemand dans un futur de la fin du XXe siècle. L'option qu'il choisit illustre la dualité ancien/moderne qui conditionne toute l’œuvre : d'une part, la rigueur monochrome classique des Maîtres, de l'autre l'extravagance débridée d'un peuple bardé de couleurs vives.

 

Les <i>Maîtres chanteurs de Nuremberg</i> de Wagner au Staatstheater Nurnberg.

 

Le plateau, immobile, est animé par un seul jeu de couleurs qui entre en relation avec l'action. Au milieu de teintes généralement froides à dominante bleue, le rose ou le vert pointent discrètement lorsqu'il s'agit d'évoquer l'amour ou la nature. Très peu de mobilier rappelle la profession de Sachs, le cordonnier-poète. Soit. Mais on restera cependant quelque peu dubitatif devant ces chambranles de portes non reliés à des murs par lesquels entrent les personnages, d'une convention théâtrale totalement éculée. Au sein de la dualité ancien/moderne défendue par le metteur en scène, on pourrait presque penser qu'il s'agit pour David Mouchtar-Samorai de vilipender une forme de convention d'un modernisme devenu désuet.

Michaela Maria Mayer (Eva) et Albert Pesendorfer Hans (Sachs).Malgré la multiplicité des rôles, de grandes figures vocales dominent et évoluent assez aisément dans cet univers plutôt froid.
La distribution féminine se limite à deux personnages : Eva et Magdalena. Michaela Maria Mayer incarne parfaitement la jeune fille allemande, blonde, à la voix flûtée aussi ravissante que son apparence. Le ton reste léger, simple et naturel. Leila Pfister se garde bien de jouer les chaperons de mauvaise comédie et accompagne avec logique et dans la même direction scénique le personnage d'Eva. Sa voix de mezzo-soprano conserve de même une légèreté bienvenue.
Tilman Lichdi (David) et Michael Putsch (Walther von Stolzing).Du côté des rôles masculins, la voix de ténor léger de Tilman Lichdi demande au spectateur une certaine accoutumance face à ses partenaires aux rôles écrasants. Gageons que le timbre de ce chanteur se bonifiera avec le temps. Dans le rôle de David, il joue de difficultés dans le registre tragico-comique mais parvient à trouver un juste milieu sans se montrer ni falot, comme son registre vocal pourrait le faire craindre, ni benêt, comme son personnage le laisserait penser. Chaleureusement applaudi, Tilman Lichdi est aussi bon acteur que chanteur et son physique le rend entièrement crédible.
Guido Jentjens (Veit Pogner) manque un peu de présence et semble jouer la prudence, ce qui l'amène malheureusement à enlaidir quelques notes aiguës. Il est clair qu'il ne fait pas le poids face au Sachs d'Albert Pesendorfer, forte stature mais à la puissance non tonitruante pour autant, le rôle de conciliateur ne le réclamant pas. Statique dans son allure, le chant suffit à donner vie à ce rôle très lourd, qu'il assume sur la totalité de la représentation. Son physique au visage bienveillant sied particulièrement au maître cordonnier-poète.
Le ténor héroïque Michael Putsch ne convainc pas totalement en Walther car son timbre s'avère finalement assez peu caractérisé, trop neutre. Le chanteur a du mal à s'imposer face à ses partenaires, en particulier lors du long dialogue à la Scène 2 de l'Acte III qui le place face à Albert Pesendorfer. Michael Putsch a du mal à donner de la présence et du corps à ce personnage pourtant clé de l'opéra. Les gros plans sur son visage nous prouvent d'ailleurs qu'il joue davantage qu'il incarne.

 

Michaela Maria Mayer (Eva) et Michael Putsch (Walther von Stolzing) dans <i>Les Maîtres chanteurs de Nuremberg</i> de Wagner.

 

Albert Pesendorfer Hans (Sachs) et Jochen Kupfer (Sixtus Beckmesser).En outre, une surprise attend le spectateur. En effet, ces chanteurs se font voler la vedette par l'excellent baryton Jochen Kupfer dans le rôle de Sixtus Beckmesser. La voix est constamment soutenue, varie en fonction des situations comiques, ridicules ou tragiques auxquelles il est confronté, qu'elle exprime de manière naturelle et évidente. Voir sa grande silhouette évoluer tout au long de l'opéra est un régal permanent tant il excelle à se montrer drôle, toujours à la frontière du grotesque sans jamais y verser, et touchant comme le demande la complexité de son personnage. Le public, à la fin de le représentation, ne s'y trompera pas…

Le chef d'orchestre Marcus Bosch.Du côté de la fosse, en brucknérien averti, le chef d'orchestre Marcus Bosch se trouve dans son élément avec Wagner. Dès le Prélude de l'Acte I, sa maîtrise de la direction favorise la clarté, la structure, la légèreté et l'absence d'effets gratuits. Les interludes orchestraux sont autant de réussites fort bien servies par la philharmonie de Nuremberg.

Le chœur a un rôle important à jouer dans ces Maîtres chanteurs. David Mouchtar-Samorai lui fera brandir symboliquement un drapeau européen en lieu et place de la bannière allemande. Une façon subtile de déplacer le message nationaliste wagnérien qui peut se montrer choquant aujourd'hui puisqu'il prône la sauvegarde du "noble art allemand", la tradition "vraie" et la méfiance vis-à-vis de l'« art latin ». Vision étrangement prémonitoire, Wagner nous disait : "Même si le Saint Empire Romain Germanique venait à disparaître, il resterait l'art sain et allemand". Et les dernières images de cette version s'ouvrent opportunément sur une actualisation politique bienvenue.


À noter : Les Actes I et II sont proposés sur le DVD 1 (145'07) ; l'Acte III sur le DVD 2 (128'09).

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

David Mouchtar-Samorai.

 

En allemand stéréo DD non sous-titré :


- La journaliste Dorothea Hußlein interroge tour à tour le chef d'orchestre Marcus Bosch (13') et le metteur en scène David Mouchtar-Samorai (10') sur leur approche des Maîtres chanteurs de Nuremberg et la place que l'opéra occupe au sein de leur carrière respective.

 

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Ce master vidéo propose des couleurs assez tristes et relativement ternes, voire des carnations assez grises. Il faut dire aussi que des noirs manquant de profondeur et un piqué approximatif s'allient dans un rendu assez plat à l'exception du début de l'Acte II. La précision est bonne mais se dilue fortement dans les plans généraux. En fait, peu de vie dans tout cela !

Son

L'ample piste stéréo permet à l'orchestre d'exprimer une dynamique importante au médium très nourri, cependant elle ne parvient pas à s'affranchir d'un rendu assez compact dont seuls certains instruments parviennent à ressortir. Les voix ressortent relativement bien dans un équilibre correct avec la fosse mais la projection manque de relief.
En multicanal 5.0, les pupitres se détachent de façon spectaculaire avec un brio étonnant. L'aération devient remarquable grâce, en partie, à l'usage des surround et les timbres affichent une précision réjouissante. Les voix profitent d'une légère réverbération et ressortent bien davantage pour une intelligibilité maximale. Le caisson de graves n'a pas été inclus dans ce mixage. Dommage, car l'assise aurait été encore meilleure.

Note technique : 6/10

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