DVD Jaquette de : Le Couronnement de Poppée (De Niese, Jaroussky)

Distribution

Interprètes
  • Danielle de Niese
    Poppea
  • Philippe Jaroussky
    Nerone
  • Anna Bonitatibus
    Ottavia
  • Max Emmanuel Cencic
    Ottone
  • Antonio Abete
    Seneca
  • Ana Quintans
    Drusilla
  • Claire Debono
    Fortuna/Pallade/Venere
  • Katherine Watson
    Virtù/Damigella
  • Hanna Bayodi-Hirt
    Amore
  • Suzana Ograjenšek
    Valletto
  • José Lemos
    Nutice/Un famigliare di Seneca
  • Robert Burt
    Arnalta
  • Mathias Vidal
    Lucano
  • Andreas Wolf
    Tribuno/Liberto
  • Damian Whiteley
    Mercurio/Littore Tribuno…
  • Juan Sancho
    Un famigliare di Seneca
  • David Webb
    Tribuno/Console
Mise en scène
Pier Luigi Pizzi
Chorégraphie
Roberto Maria Pizzuto
Orchestre
Les Arts Florissants
Chef d'orchestre
William Christie
Réalisation
Matteo Ricchetti
Origine
Teatro Real, Madrid
Année
2010

Informations techniques

Durée
190'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Virgin Classics
Distributeur
EMI Classics
Date de sortie
02/04/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DD
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

Le Couronnement de Poppée (De Niese, Jaroussky) DVD

L’Incoronazione di Poppea

Note générale : 8/10

Claudio Monteverdi

Opéra


Après L'Orfeo et Le Retour d'Ulysse dans sa patrie, ce Couronnement de Poppée, ultime chapitre de la trilogie de Monteverdi dirigée par William Christie et mise en scène par Pier Luigi Pizzi, était attendu tant le couple vedette - la soprano Danielle de Niese et le contre-ténor Philippe Jaroussky - fait rêver. Non exempte de défauts, cette production sait pourtant trouver sans difficulté sa place au sein d’une offre vidéo et discographique déjà importante. Un DVD édité par Virgin Classics.

Danielle de Niese interprète Poppée.  © Javier de Real - Teatro Real licensed to Virgin Classics

 

Anna Bonitatibus (Octavie) et Max Emanuel Cencic (Ottone).  © Javier de Real - Teatro Real licensed to Virgin Classics


Au fil de la trilogie montéverdienne entamée en 2008 par William Christie et Pier Luigi Pizzi au Teatro Real de Madrid, un chiasme semble s’être dessiné entre l’interprétation musicale et la mise en scène, l’une s’améliorant de production en production, l’autre déclinant. Cette dernière production - Le Couronnement de Poppée - confirme ainsi la tendance d’une aventure passionnante mais qui, à aucun moment, n’a su trouver ni son équilibre ni, a fortiori, sa plénitude.
Rappelons-nous…

 

 

En 2008, L’Orfeo souffrait principalement de son rôle-titre, Dietrich Henschel, dont ni le timbre ni la déclamation ne convainquaient, à la différence de la scénographie, irradiante et idéalement ultramontaine.
En 2009, la mise en scène du Retour d'Ulysse dans sa patrie commençait à se raidir, empêchant de fait une distribution pourtant parfaite de donner le meilleur d’elle-même. Finalement, en 2010, avec ce Couronnement de Poppée, la direction artistique est tellement insignifiante qu’elle n’offre plus aucune contrainte aux musiciens, notamment aux continuistes, leur permettant de donner une performance rien moins qu’exemplaire.

 

 

Il y avait sans doute d’autres moyens de dépeindre la décadence de l’Empire romain qu’en donnant des attributs phalliques à des glaives ou en urinant contre un mur… Pour le reste, les attitudes sont soit figées, soit ne tiennent aucun compte de la physiologie des chanteurs. Pour preuve, à un moment, Danielle de Niese doit chanter tout en se penchant en arrière pour s’allonger sur un escalier… Qu’on aime ou pas son style, il n’en demeure pas moins que Pier Luigi Pizzi a beaucoup donné à l’opéra mais l’on sent ici que son inspiration s’épuise. Au-delà du hiératisme des décors et de la direction d’acteurs, on appréciera plutôt la qualité de certaines costumes issus de ses dessins. Ceux de Danielle de Niese, en tête, mais également ceux d'Octavie (Anna Bonitatibus), Sénèque (Antonio Abete) et bien sûr Néron (Philippe Jaroussky), dont les reflets ou encore les drapés sont tout bonnement magnifiques – exception faite des plumes de corbeau à l'Acte I, qui évoquent plus le gros oiseau de Sesame Street qu’un empereur romain. Mais ne nous acharnons pas et concentrons nous plutôt sur les merveilles musicales de cette version.

 

Philippe Jaroussky interprète Néron.  © Javier de Real - Teatro Real licensed to Virgin Classics

 

Philippe Jaroussky (Néron) et Danielle de Niese (Poppée).  © Javier de Real - Teatro Real licensed to Virgin ClassicsLa version du Couronnement de Poppée proposée ici est du reste la plus longue existante, basée sur le manuscrit de Vienne et restituée par Jonathan Cable. Il est vrai que le continuo de William Christie est un modèle du genre, offrant splendeur et richesse sans aucun déballage. Comme d’habitude avec Christie, le texte est accompagné avec un équilibre maniaque et idoine entre le respect absolu et l’imagination. L’attention aux détails est telle que le chef n’a aucun moment de répit. Toujours en alerte pour souligner ou renforcer telle ou telle inflexion avec une grâce infinie, il adapte instrumentarium et geste musical à chaque nuance du drame.

Dirigés de si belle façon, les chanteurs s’en donnent à cœur joie. La toujours charmante et juvénile Danielle de Niese parvient ainsi à donner une véritable profondeur au personnage de Poppée en déployant une variété de timbres incroyables, du grave au plus éthéré des aigus cristallins. Philippe Jaroussky est lui aussi à son meilleur, avec une projection et une justesse ahurissantes. Au gré de ses costumes, il fait varier les couleurs et les émotions avec une technique consommée. Plus important encore, les deux premiers rôles savent parfaitement combiner forte personnalité et fusion dans des duos où ils se font partenaires et dans lesquels le sensuel ne s’offre jamais au prix du lénifiant. Les tempi sont souvent allants, n’autorisant aucune coquetterie ni aucun maniérisme. L’émotion est pure, le trait sûr mais léger et la magie opère.
Pour soutenir ce duo de charme, on applaudira la performance d’Octavie, au feu brûlant sous la glace de la dignité, à laquelle la mezzo-soprano Anna Bonitatibus offre une noblesse véritablement bouleversante. Souvent critiqué, le Sénèque d’Antonio Abete est pourtant bien incarné, stable et souverain, apportant ce qu’il faut de gravité pour ancrer l’ensemble de ce plateau. En revanche nous n’avons été convaincu ni par l’Ottone de Max Emanuel Cencic, nullement investi dans le rôle Ottone, trop technique, trop sage et atone, ni par l’Arnalta de Robert Burt, dont les minauderies ne sauraient estomper les approximations techniques dans le timbre et la justesse.

 

Philippe Jaroussky et Danielle de Niese.  © Javier de Real - Teatro Real licensed to Virgin Classics

 

Toutefois, si la mise en scène de Pier Luigi Pizzi se montre quasi inexistante, elle n’en est pas gênante pour autant. Finalement, c’est peut être là son plus grand mérite : laisser la musique de Monteverdi prendre son essor et s’envoler vers des sommets de félicité.

À noter : Le Prologue et l'Acte I sont proposés sur le DVD 1 (83'57) ; les Actes II et III sur le DVD 2 (106'25).

Jean-Claude Lanot

Suppléments du DVD

Aucun, et c'est fort dommage !

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

À la froideur nettement contenue des décors répond la merveilleuse luminosité de la plupart des costumes dont les matières lancent de magnifiques reflets sous le jeu des éclairages. Des noirs profonds sont à l'origine de puissants contrastes. Les teintes chair s'affichent avec naturel tandis que la définition se montre très probante dans les plans serrés et moyens. Le support Blu-ray, toujours dédaigné par Virgin Classics, aurait permis de tirer un bien meilleur parti du splendide master d'origine HD.

Son

La piste stéréo, très équilibrée et bien séparée, est assez agréable malgré une légère étroitesse du spectre dans les aigus. Les voix sont intelligibles mais la projection est assez retenue.
La piste 5.1 apporte des basses robustes et très présentes grâce à l’appui du caisson de graves et installe une véritable élégance des timbres sans toutefois convaincre totalement au niveau des aigus. L'encodage Dolby Digital et sa compression peuvent expliquer cette réserve. L’ensemble sonne riche, mais souvent assez mat. Les voix gagnent cependant en présence sur le mixage stéréo. Manifestement, une remarquable précision a été délibérément privilégiée par rapport au brillant. L'activité surround, assez mesurée, apporte une certaine aération à l'ensemble.

Note technique : 9/10

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Anna Bonitatibus
Danielle de Niese
Le Couronnement de Poppée
Les Arts Florissants
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Pier Luigi Pizzi
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