DVD Jaquette de : La Walkyrie (Thielemann - Bayreuth 2010)

Distribution

Interprètes
  • Johan Botha
    Siegmund
  • Kwangchul Youn
    Hunding
  • Albert Dohmen
    Wotan
  • Edith Haller
    Sieglinde
  • Linda Watson
    Brünnhilde
  • Mihoko Fujimura
    Gerhilde
  • Anna Gabler
    Ortlinde
  • Martina Dike
    Waltraute
  • Simone Schröder
    Schwertleite
  • Miriam Gordon-Stewart
    Helmwige
  • Wilke te Brummelstroete
    Siegrunde
  • Annette Küttenbaum
    Grimgerde
  • Alexandra Petersamer
    Roßweiße
Mise en scène
Tankred Dorst
Orchestre
Bayreuth Festival Orchestra
Chef d'orchestre
Christian Thielemann
Réalisation
Michael Beyer
Origine
Bayreuth Festival
Année
2010

Informations techniques

Durée
236'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
23/03/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français

La Walkyrie (Thielemann - Bayreuth 2010) DVD

Die Walküre

Note générale : 7/10

Richard Wagner

Opéra


Dans le temple wagnérien, là où l'on ne badine pas avec le culte, Christian Thielemann dirige sa Walkyrie. Captée le 21 août 2010, l'éditeur Opus Arte restitue cette première journée de l'ensemble du Ring, dont il semble qu’elle doive rester curieusement isolée, sur DVD et Blu-ray.

 

Il est bien difficile de ne jauger qu'une partie de la plus vaste composition lyrique de l'histoire de l'opéra européen sans avoir accès aux trois autres opus du cycle qui permettraient de la contextualiser. Nous ne donnerons donc qu'un point de vue partiel ne concernant que cette première journée.

 

Edith Haller (Sieglinde) et Johan Botha (Siegmund) dans <i>La Walkyrie</i>.  © Bayreuther Festipiele GmbH/Enrico Nawrath

 

Linda Watson (Brünnhilde). © Bayreuther Festipiele GmbH/Enrico NawrathRelativement à l'aspect scénique, le metteur en scène Tankred Dorst ne satisfait qu'à moitié. Compte tenu du fait que Wagner reste un des auteurs les plus ardus à représenter et que la Tétralogie s'ouvre à de multiples et fort éloignées interprétations, la place du metteur en scène actuel et de son décorateur Philipp Schlössmann ne se situe pas dans les premiers rangs. Visiblement actualisé par certains éléments architecturaux et certains costumes, on ne peut pourtant pas rattacher l'opéra à une période clairement définie. Les costumes hésitent entre une science-fiction désuète – les Walkyries, Fricka, Wotan – un militarisme dictatorial – les uniformes – ou un médiévisme imaginaire – les armures, les lances, les épées. Mais ceci n'a que peu d'importance. L'idée directrice du metteur en scène obéit au concept selon lequel "les dieux sont parmi nous, mais nous ne les voyons pas". Sans prendre parti pour ou contre cette opinion, elle justifie apparemment la présence des ouvriers casqués, du cycliste lisant le journal et du passage des touristes. Leur apparition paraît toutefois bien conventionnelle et plaquée car ils n'interfèrent aucunement dans l'action principale et n’occupent jamais le devant de la scène. À peine les remarque-t-on. Il faut en outre faire un effort d'imagination certain pour percevoir, au milieu de la pénombre, des statues de héros accumulées, plus ou moins brisées, rappelant les cimetières idéologiques de l'Union soviétique et leurs monceaux de vestiges d'une époque révolue. Que ce soit l'énorme poteau électrique écroulé dans la pièce de l'Acte I avec la bien peu visible Nothung - épée du futur Siegfried - plantée dans son tronc, une Brünnhilde qui s'endort sur une palette de livraison, ou un Wotan debout sur son rocher pivotant qui s'avère une tête décapitée : tout cela laisse quelque peu dubitatif.

 

Les Walkyries à la Scène I de l'Acte III : Sonja Mühleck, Anna Gabler, Martina Dike, Simone Schröder, Edith Haller, Wilke te Brummelstroete, Annette Küttenbaum et Alexandra Petersamer.  © Bayreuther Festipiele GmbH/Enrico Nawrath

 

Le comportement des chanteurs ne vient pas non plus alléger une impression visuelle à moitié convaincante. Quelle lourdeur, quel statisme et quels stéréotypes dans les allées et venues, les gestes et les mimiques ! Certes, Wagner ne donne pas beaucoup de marge pour vivre l'action, mais chanter face au public, adopter des comportements si conventionnels – le combat avec Hunding, digne d'une pièce de théâtre académique – et si convenus pour exprimer les grands sentiments de nos héros ne passe plus de nos jours. Cet univers grisâtre d'où seules ressortent des Walkyries vêtues de rouge des pieds à la tête, heureusement débarrassées de leurs ailes mais casquées et protégées de bouclier en plexiglas tend à une monotonie et à un ridicule qui heureusement ne tuent pas.

Linda Watson (Brünnhilde) et Albert Dohmen (Wotan) à l'Acte II, Scène 2.  © Bayreuther Festipiele GmbH/Enrico NawrathEn revanche, et c'est là notre première impression positive, le flot musical wagnérien dirigé par Christian Thielemann assure une vie et une qualité qui restera la partie constante et la plus intéressante de cette Walkyrie. Nous avons déjà longuement développé l'art de la direction d'orchestre de ce chef, en particulier dans les Symphonies de Beethoven et nous n’insisterons pas davantage. Ici, on entend cette souplesse indispensable, ces infinies lignes mélodiques toutes en courbes, cette mise en valeur de chaque motif, de chaque rythme et de chaque modulation indispensables au rendu de la musique wagnérienne. Les parties les plus extraverties de la partition – La Chevauchée, L'Orage – jouent le souffle et la progression subtile dans le dosage de la dynamique. Une Chevauchée, signalons-le, qui évite tous les poncifs attachés à cette page. Christian Thielemann a compris que la musique de Wagner, bien loin des a priori tenaces, est davantage faite de musique raffinée et très souvent chambriste que de moments où tout l'orchestre s'emballe dans des fortissimi étourdissants. Même les longs récitatifs - le Récit de Wotan, à l'Acte II - trouvent leur raison d'être en soutenant, pourtant avec économie, l'intérêt de l'auditeur. Ce vrai grand travail d'orchestre, pour un peu, se passerait des voix…

Scène finale de <i>La Walkyrie</i> avec Linda Watson et Albert Dohmen.  © Bayreuther Festipiele GmbH/Enrico NawrathSur la distribution vocale, nous nous montrerons partagé. Seul le couple Siegmund/Sieglinde ressort réellement. Des chanteurs puissants aux timbrés assurés et agréables en juste rapport avec leur rôle. Johan Botha et Edith Haller n'ont aucun mal à convaincre en jumeaux, ne serait-ce que par leur corpulence identique. Le public de Bayreuth, qui s'y connaît, les ovationnera à chaque apparition devant le rideau, et ce sans commune mesure avec leurs partenaires. Kwangchul Youn campe un Hunding militaire solide vocalement et glacial physiquement. Le Wotan d'Albert Dohmen n'accuse pas de réelle faiblesse vocale, mais a du mal à imposer un chef d'armée ou un chef de famille. Sans doute à cause d'une voix trop légère et un manque de personnalité sur scène. Mihoko Fujimura aurait pu être idéale en épouse dominatrice et il s'en faut de peu pour que la confrontation avec son mari Wotan ne devienne le grand moment d'affrontement vocal de l'Acte II. Mais là encore, son attitude scénique reste figée, engoncée dans un costume frisant le ridicule. Quant à Brünnhilde, Linda Watson suit ses partenaires sur la voie du manque d'aisance dans les déplacements. Sa voix lutte avec assez d'aisance contre l'orchestre mais manque également de nuances et d'expressivité.

Tout se passe, dans cette Walkyrie, comme si l'absence de crédibilité scénographique portait ombrage à la caractérisation des personnages. Très souvent, on ne fait que chanter Wagner sans s'investir complètement dans les caractères pourtant forts. Les très fréquentes œillades des chanteurs vers le chef incitent à penser à un manque d'assurance générale et décrédibilisent encore plus leurs attitudes convenues sur scène.

On est finalement bien éloigné de l'imagination visuelle du Ring de Barcelone et de la géniale recréation à Copenhague de Kasper Holten qui a donné par ailleurs un Tannhäuser tout aussi repensé et passionnant.




À noter : Le DVD 1 propose les Actes I et II (155') et le diaporama ; l'Acte III est sur le DVD 2 (81'), ainsi que le making-of.



Lire le test du Blu-ray de La Walkyrie à Bayreuth en 2010

 

Retrouvez la biographie de Richard Wagner sur le site de notre partenaire Symphozik.info.

 

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

En allemand stéréo DD, avec des sous-titres anglais uniquement :
- Un dynamique making-of de la production donne la parole à de nombreux intervenants et montre leur travail, brossant tout aussi bien la partie musicale que la technique déployée, y compris pour la captation. L'occasion pour les chanteurs principaux de s'exprimer et, pour nous, d'entendre la justification de la mise en scène par son auteur, mais également de saisir quelques images de répétitions et de mise en place sur le plateau. (Sur le DVD 2, 23')
- Photos de la distribution. (Sur le DVD 1)

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

En raison de ses partis pris d'éclairages et son plateau le plus souvent sombre, cette mise en scène se montre particulièrement difficile à filmer. Conséquence directe, la définition peine à délivrer le détail attendu dans la plupart des plans moyens et larges. Les couleurs se montrent équilibrées et les contrastes honnêtes lorsque les chanteurs sont suffisamment éclairés. Il faudra se diriger vers le Blu-ray de ce programme pour parvenir à un bien meilleur rendu.

Son

La piste stéréo, assez large, possède une étoffe évidente, à même de diffuser avec détail les sonorités contrastées de l'orchestre. Depuis les basses assez présentes jusqu'aux aigus non-agressifs, le spectre est équilibré et s'associe à une dynamique respectable mais légèrement bridée. En revanche, les voix pâtissent d'une réverbération un peu trop importante et nous parviennent avec trop de distance.
Le mixage 5.1 permet une émission vocale bien plus précise et plus claire en même temps qu'il réduit la sensation de distance. De fait, la projection devient plus naturelle et la diction plus intelligible. L'orchestre gagne un peu de puissance et l'adressage multicanal, du caisson de graves aux enceintes arrière, met en place une immersion très appréciable.

Note technique : 7/10

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Mots-clés

Albert Dohmen
Bayreuth
Christian Thielemann
Edith Haller
Johan Botha
Le Ring
Linda Watson
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