DVD Jaquette de : La Ville morte (Finnish Opera)

Distribution

Interprètes
  • Klaus Florian Vogt
    Paul
  • Camilla Nylund
    Marietta/Voice of Marie
  • Markus Eiche
    Franck/Fritz
  • Sari Nordqvist
    Brigitta
  • Kaisa Ranta
    Juliette
  • Melis Jaatinen
    Lucienne
  • Per-Hakan Precht
    Victorin
  • Juha Riihimäki
    Count Albert
  • Antti Nieminen
    Gaston
  • Kirsti Valve
    (Silent role)
  • Chorus of the Finnish National Opera
  • Children's Chorus of the Finnish National Opera
Mise en scène
Kasper Holten
Orchestre
Orchestra of the Finnish National Opera
Chef d'orchestre
Mikko Franck
Réalisation
Hannu Kamppila
Origine
Finnish National Opera
Année
2010

Informations techniques

Durée
152'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
04/11/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Coréens
•  Français
•  Japonais

La Ville morte (Finnish Opera) DVD

Die Tote Stadt

Note générale : 10/10

Erich Wolfgang Korngold

Opéra


Après la version mise en scène par Pier Luigi Pizzi enregistrée à La Fenice et parue en DVD sous label Dynamic, voici une autre version du second et plus célèbre opéra de Korngold, La Ville morte (Die Tote Stadt). Captée en 2010 au Finnish National Opera, cette production de Kasper Holten ne ressemble en rien à son aînée vénitienne. Mikko Franck dirige l'orchestre maison, tandis que Klaus Florian Vogt et Camilla Nylund se partagent les deux rôles principaux. Ce programme est édité en DVD par Opus Arte.

Kirsti Valve (Marie) et Camilla Nylund (Marietta) dans l'imposant décor créé par Es Devlin pour <i>La Ville morte</i>.  © Stefan Bremer

 

Camilla Nylund interprète le rôle de Marietta.  © Stefan BremerLa Ville morte (Die Tote Stadt) s'inscrit dans une écriture musicale et littéraire bien particulière, et nous nous permettrons de renvoyer nos lecteurs à la critique du DVD de La Ville morte enregistré à La Fenice et paru chez Dynamic, où ils trouveront les détails historiques déjà exposés dans nos colonnes. Mais nous nous réjouissons ici de voir croître l'intérêt porté à la musique de Korngold, et donc à l'époque si novatrice et perturbée de l'immédiat après-guerre. On a d'ailleurs du mal à comprendre le désintérêt presque total pour cet auteur génialement précoce, sorte de second Mozart judicieusement prénommé Wolfgang, qualifié à 9 ans de génie par Mahler et soutenu par Richard Strauss. Mais il faut aimer bien sûr les immenses orchestres, les lignes ondulatoires et continues de l'écriture, le postromantisme chargé de dièses, de bémols et de psychanalyse de la Vienne au tournant de son histoire. Pratiquer Korngold, c'est demander un énorme investissement intellectuel et physique. Mikko Franck, chef plutôt discret mais passionnant, donne de sa personne pour faire vivre cette partition pas comme les autres qui saura, pour peu que l'on y adhère immédiatement, maintenir une attention sans faille tout au long de son déroulement. En écoutant Korngold, c'est un peu comme si l'on se faisait une idée d'un opéra que Mahler n'a jamais composé.

Kirsti Valve interprète le rôle muet de Marie.  © Stefan BremerLa Ville morte comporte deux rôles principaux. Celui dévolu à Camilla Nylund ne laisse que peu de repos à la soprano, d'autant que sa composition comporte une double incarnation (Marietta et la voix de Marie). Si les premiers instants restent un peu en retrait, bien vite, les immenses capacités vocales de l'interprète finlandaise ne laissent aucun doute. Habituée des personnages wagnériens et straussiens, la voix chauffe, prend de l'ampleur et gagne l'ouverture aisée et charnue que nécessitent les suraigus lumineux que lui réserve la partition.

Dans le rôle de Paul, le ténor allemand Klaus Florian Vogt, se montre en comparaison un peu plus tendu. Mais il faut avouer à sa décharge que la musique de Korngold est d'une exigence telle qu'il est difficile de s'y montrer toujours parfaitement décontracté. La légèreté de sa tessiture peut surprendre mais entre bien dans l'esprit du personnage, à flux tendu, et au trouble mental qui le fragilise. L'onirisme, le culte morbide d'une disparue et les apparitions troublent autant Paul que le spectateur qui découvre l’œuvre et ne peut absolument pas prévoir sa résolution. Sa performance, de fait, en est bien une, bien que sans doute un peu uniforme.

La théâtralité de La Ville morte demeure aussi redoutable que son interprétation musicale. Le metteur en scène Kasper Holten fait ici le choix de ne pas respecter les différents lieux de l'action, notamment les extérieurs de Bruges. Tout se passe en intérieur, dans la chambre de Paul, afin d'aboutir à une espèce de huis clos étouffant qui enferme davantage les personnages dans leurs délires. Les deux immenses parois qui cernent un lit central sont couvertes d'étagères sur lesquelles sont empilés les portraits de la défunte et les coffrets reliquaires. Le sol en est également jonché. Le fond de la scène, trapézoïdal, est à la fois clos et ouvert sur une Bruges vue en plongée, superbe reconstitution en maquette d'éléments d'architecture urbaine. D'où la sensation, pour le spectateur, de se retrouver parfois dans un vaisseau spatial. Le plafond est une sorte de tube aspirant en marbre dont on ne perçoit pas les limites. Les lumières de Wolfgang Goebbel conditionnent quant à elles parfaitement le spectateur à la vision de Kasper Holten. Crues ou ténues, violentes ou inquiétantes, elles sculptent ombres et reliefs pour refléter des situations complexes du drame. Les taches de rouge cru parsemées dans le décor ou les effets vestimentaires agissent sur l’œil telles des sémaphores. Kasper Holten n'est pas un metteur en scène comme les autres, et il n'hésite pas à repenser en totalité la dramaturgie d'un opéra (voir son Ring révolutionnaire de Copenhague), et ajoute à La Ville morte un personnage supplémentaire muet omniprésent, double de Marie, que seul Paul peut voir. D'autres surprises interviendront au cours du déroulement de l’œuvre que nous tairons afin de ne pas nuire à l'effet d'étonnement qu'elles engendrent.

 

Klaus Florian Vogt (Paul) et Camilla Nylund (Marietta) dans <i>La Ville morte</i> au Finnish National Opera.  © Stefan Bremer

Voici en vérité une très belle version de La Ville morte. Moins évidente et plus éloignée du livret original, elle offre cependant un complément idéal, plus intellectuel, à la captation réalisée à la Fenice en 2009, tout aussi aboutie mais moins morbide. L'univers musical de Korngold semblant gagner les faveurs des éditeurs, on ne peut que souhaiter voir paraître bientôt un autre chef-d’œuvre du compositeur, l'immense Miracle d'Héliane (Das Wunder der Heliane).

À noter : Les Actes I et II sont proposés sur le DVD 1 (99’47) ; l'Acte III, sur le disque 2 (52’).
Ce programme filmé en définition standard n'est pas malheureusement pas disponible en Blu-ray.

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

Sur les DVD 1 et 2 :
- Photos de la distribution.

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Cette captation réalisée en définition standard présente une colorimétrie équilibrée mais un peu terne. Les carnations sont affichées avec naturel, mais les éléments du superbe décor d'Es Devlin et les étoffes des costumes n’ont pas l’éclat attendu. Le contraste est correct mais, là aussi, on note un manque de relief. La luminosité est bonne et le détail sert correctement les plans serrés. En revanche, les plans généraux manquent cruellement de définition. L’ensemble est en outre un peu granuleux et les aplats paraissent "pâteux".

Son

Le mixage stéréo, assez ouvert et particulièrement clair, expose un orchestre brillant et des timbres vocaux assez détaillés. La dynamique de l’ensemble convainc pleinement, et une impression de relief anime la scène avant pour une écoute assez contrastée.
La piste 5.1 accentue la richesse des voix et les timbres gagnent en présence au-devant d’un orchestre qui s’étoffe tant en largeur qu’en profondeur. Le spectacle acquiert davantage de vie et de puissance. Le caisson de graves, très bien intégré, apporte plus de solidité à la reproduction, et la scène arrière parfaitement équilibrée accentue le côté immersif de la reproduction. Ce mixage multicanal s’impose en outre pour ses contrastes plus importants et pour sa teneur musicale nettement supérieure.

Note technique : 7/10

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