Blu-ray Jaquette de : Jenufa

Distribution

Interprètes
  • Amanda Roocroft
    Jenufa
  • Deborah Polaski
    Kostelnicka
  • Miroslav Dvorsky
    Laca Klemen
  • Nikolai Schukoff
    Steva Buryja
  • Mette Ejsing
    Grandmother Buryjovka
  • Karoly Szemeredy
    Foreman of the mill
  • Sandra Ferrandez
    Barena
  • Miguel Sola
    The Mayor
  • Marta Mathéu
    His Wife
  • Marta Ubieta
    Karolka
  • Maria José Suárez
    Herdswoman
  • Elena Poesina
    Jano
  • Marina Makhmoutova
    Aunt
  • Chorus of the Teatro Real
Mise en scène
Stéphane Braunschweig
Orchestre
Orchestra of the Teatro Real
Chef d'orchestre
Ivor Bolton
Réalisation
Ángel Luis Ramírez
Origine
Teatro Real, Madrid
Année
2009

Informations techniques

Durée
136'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
24/08/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Mono 2.0 PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français

Jenufa Blu-ray

Note générale : 7/10

Leoš Janáček

Opéra


En décembre 2009, le Teatro Real de Madrid affichait Jenufa de Leoš Janáček. La mise en scène de Stéphane Braunschweig rassemblait Amanda Roocrof, Deborah Polaski, Miroslav Dvorsky et Nikolai Schukoff dans les principaux rôles. L'éditeur Opus Arte propose aujourd'hui une captation de cette production à la fois en DVD et en Blu-ray.

 

Deborah Polaski et Amanda Roocroft dans <i>Jenufa</i> mis en scène par Stéphane Braunschweig en 2009.  © Javier del Real

 

Composé dans un contexte extrêmement pénible pour son auteur, suite à la perte rapprochée de deux enfants, Jenufa est le troisième opéra de Leoš Janáček et son premier grand chef-d'œuvre lyrique. Très contrasté, son message final s'ouvrira pourtant sur l'espoir d'une vie nouvelle…

L'orchestration d'une fabuleuse densité, sans réelle redite, est construite à partir de petites cellules mélodiques et rythmiques représentatives d'un sentiment ou d'un symbole toujours lié à l'action, un peu à la manière du leitmotiv wagnérien. Une des plus évidentes est la récurrence de notes jouées au xylophone entendues dès le début et censées représenter le bruit des pales du moulin qui sert de cadre à l'action de l'Acte I.
Sur le plan vocal, Janáček créé ce qu'il a nommé une "mélodie du parler". La distribution principale s'organise autour de deux pôles. Deux rôles féminins : Jenufa, dévolu à un soprano lyrique, et Kostelnicka, confiée à un soprano dramatique - et deux rôles masculins principaux. Les hommes jouent les deux demi-frères Laca et Steva. Ténors lyriques, le premier (Miroslav Dvorsky) bénéficie d'un registre plus lourd que Nikolai Schukoff, comme son état d'esprit et son personnage le laissent entendre. Toutes les autres parties sont fonctionnelles et d'une importance limitée, tout comme les chœurs qui développent le sentiment d'un moment, tels la joie à l'Acte I ou la menace à l'Acte III.

 

Amanda Roocroft (Jenufa) et Nikolai Schukoff (Steva Buryja) dans <i>Jenufa</i> sur la scène du Teatro Real de Madrid.  © Javier del Real

 

L'écriture vocale syllabique, plus chantante toutefois que le parlé-chanté wagnérien, demande une connaissance aboutie de la langue tchèque, que les interprètes, idéalement, devraient savoir parler. Nous ne pourrons juger précisément de leur diction, mais il y a fort à parier que le rôle-titre - l'anglaise Amanda Roocroft - et les rôles secondaires tenus par des artistes espagnols, s'expriment phonétiquement. Ceci étant, la prestation ne semble apparemment pas appeler de réserve.
Le langage musical très tendu de Janáček demande également des moyens vocaux extrêmes dans les graves et les aigus. Or ni Amanda Roocroft (Jenufa), ni Deborah Polaski (Kostelnicka) ne semblent tout à fait libérées des tensions inhérentes à la partition. Pas plus que les ténors, pour lesquels l'art de transformer en beaux sons les aigus fortissimo s'évanouit à chaque tentative. Certes, les sentiments et les passions sont extrêmes, mais la base du style de chant inventé par Janáček reste lyrique, caractéristique qui fait ici souvent défaut à l'interprétation globale.

Deborah Polaski interprète Kostelnicka dans <i>Jenufa</i> de Janáček mis en scène par Stéphane Braunschweig.  © Javier del RealIl est d'ailleurs fort regrettable que le chant ne suive pas idéalement le jeu scénique qui, lui, est parfaitement réaliste et en phase avec les situations dramatiques développées au cours des trois Actes. Le puissant personnage de la Kostelnicka ressort particulièrement bien grâce à une incarnation sans faille, et le public ne s'y trompera pas en ovationnant Deborah Polaski. Son apparence figée, sa grande taille sculptée dans un habit qui la grandit encore, en imposent dans la complexité de ce rôle monstrueusement humain.
Mutation toute symbolique, Jenufa passe du clair au sombre par ses vêtements, et la scène de l'hallucination à l'Acte II ne manque pas de prestance.
Quant aux deux hommes, ils incarnent également fort bien une gente masculine frustrée et écrasée sous des désirs contradictoires.

Ivor Bolton fait montre d'un étonnant style de direction mais semble très à l'aise avec la partition. Il sait rendre l'orchestre suffisamment clair et étincelant dans les rares moments de joie - les recrues à l'Acte I, les préparatifs de la noce à l'Acte III - ou intimiste et détaillé dans le dramatique Acte II.

 

Ivor Bolton dirige l'Orchestre du Teatro Real de Madrid dans <i>Jenufa</i> le 22 décembre 2009.  © Javier del Real

 

Sans doute nous serions-nous montré plus enthousiaste si l'aspect visuel de la mise en scène avait été à la hauteur de la richesse de l'œuvre.
Avouons qu'un pot de romarin représentant le bonheur au début du livret, un lit blanc, berceau de l'enfant, et un alignement de bancs en bois pour l'église, s'ils peuvent être considérés comme des symboles, ne constituent pas pour autant un appui visuel convaincant ! Les palissades marron du décor sont quasi immuables, et la couleur sombre, voire totalement noire, entourant les personnages et coupée par des rais de lumière blanche centrés sur les objets, est primairement représentative de l'angoisse, de la frustration et de la culpabilité qui planent sur toute l'œuvre. Le rouge vif des habits des recrues ou de la croix latine de l'Acte III relèvent certes un peu l'ensemble, mais pauvrement et de façon très primaire. En outre, que penser des paillettes hivernales tombant sur le lit de l'enfant, d'un effet frôlant le ridicule dans un tel contexte ? Reconnaissons néanmoins l'usage de costumes de bonne tenue, représentatifs de l'époque et du milieu social.
Malgré cette nudité scénique, les chanteurs parviennent à s'exprimer avec suffisamment d'aisance. Mais c'est un comble pour un opéra doté d'un tel sens théâtral de ne pas aller plus loin dans une ambiance oppressante qui aurait pu être mieux servie visuellement. L'excellent livret écrit par le compositeur d'après une pièce de théâtre aurait mérité de trouver un réceptacle bien plus consistant et inventif que cette pauvreté décorative, à notre avis sans guère d'intérêt.

 

Scène de <i>Jenufa</i> mis en scène par Stéphane Braunschweig au Teatro Real de Madrid.  © Javier del Real

 

Pour conclure, nous tenons à préciser que la qualité audio constante de la captation est mise à mal par la permanence de micro-saccades évidentes à l'écran dans chaque mouvement de chanteurs et de caméra. À la suite d'un Boris Godounov à la vidéo médiocre, on ne comprend pas qu'un éditeur de la réputation d'Opus Arte ait pu valider un master vidéo de si piètre qualité.


Lire le test de Jenufa en DVD

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

En HD et en anglais stéréo PCM, avec sous-titres français, allemands et espagnols :
- Synopsis raconté très détaillé, et illustré de photos de production. (6')
- Photos de la distribution.

 

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

On remarquera d'emblée la magnificence de la colorimétrie du master vidéo. Grâce à la précision de la Haute Définition, les nombreuses scènes sombres créent une ambiance d'une belle densité sans toutefois nuire aux artistes qui parviennent à ressortir malgré la profondeur des noirs en fond de scène. Malheureusement, ces qualités indéniables se conjuguent à de continuelles saccades qui accompagnent chaque mouvement, sans doute le résultat d'une conversion vidéo très approximative.

Son

La piste stéréo séduit par sa clarté et la précision dont bénéficient les timbres de l'orchestre. La répartition gauche/droite se montre remarquable. Quant aux voix, elles prennent place dans un remarquable équilibre avec la fosse.
Le mixage 5.1 bénéficie d'un encodage DTS HD Master Audio de superbe qualité. Cette piste ouvre le cadre en permettant à l'orchestre d'exprimer avec contraste la richesse de l'orchestration, tandis que les voix des chanteurs se détachent pour trouver une projection bien meilleure. La dynamique s'impose en outre bien mieux, secondée par un adressage au caisson de basses et une ventilation arrière mesurés mais néanmoins efficaces.

Note technique : 7/10

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Mots-clés

Ivor Bolton
Jenufa
Leos Janacek
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