DVD Jaquette de : Le Grand Macabre (Liceu 2011)

Distribution

Interprètes
  • Chris Merritt
    Piet the Pot
  • Inès Moraleda
    Amando
  • Ana Puche
    Amanda
  • Werner Van Mechelen
    Nekrotzar
  • Frode Olsen
    Astradamors
  • Ning Liang
    Mescalina
  • Barbara Hannigan
    Venus/Gepopo
  • Brian Asawa
    Prince Go-Go
  • Francisco Vas
    White Minister
  • Simon Butteriss
    Black Minister
  • Gabriel Diap
    Ruffiak
  • Miquel Rosales
    Schabiack
  • Ramon Grau
    Schabernack
  • Chorus of the Gran Teatre del Liceu
Mise en scène
Alex Ollé (La Fura dels Baus)
Orchestre
Symphony Orchestra of the Gran Teatre del Liceu
Chef d'orchestre
Michael Boder
Réalisation
Xavi Bové
Origine
Gran Teatre del Liceu, Barcelona
Année
2011

Informations techniques

Durée
122'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Arthaus Musik
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
12/11/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DD
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Catalan
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français
•  Italien
•  Japonais

Le Grand Macabre (Liceu 2011) DVD

Note générale : 10/10

Gyorgy Ligeti

Opéra


Le Grand Macabre, unique opéra du compositeur hongrois Gyorgy Ligeti, est enfin disponible en DVD et Blu-Ray grâce au label Arthaus Musik. Il s'agit de la version révisée en 1996 et chantée en anglais. Cette production mise en scène par La Fura dels Baus a été enregistrée en novembre 2011 au Liceu. Werner Van Mechelen tient le rôle-titre de l'opéra au côté d'une brillante distribution parmi laquelle le ténor Chris Merritt…

L'impressionnant décor créé par Alfons Flores pour <i>Le Grand Macabre</i> de Ligeti au Gran Teatre del Liceu.

 

Cette sortie du Grand Macabre de Ligeti se doit de figurer tout en haut du répertoire lyrique contemporain. En effet, non seulement l’œuvre constitue à la fois un chef-d’œuvre en elle-même et au sein de l'œuvre du compositeur, mais trouve également dans cette production mise en scène par Alex Ollé de La Fura dels Baus un réceptacle fort original et presque idéal.

 

Différentes utilisations du décor d'Alfons Flores pour <i>Le Grand Macabre</i> de Ligeti.

 

Les caractéristiques d'écriture visuelle propres à la Fura dels Baus, pour lesquelles les projections vidéos de Franc Aleu représentent l'élément le plus frappant, permettent d'en garder un souvenir immarcescible. Dans cette production du Grand Macabre, la vision de cet énorme corps de femme, sorte de géant échappé de contes pour enfants, couchée nue sur le sol dans une position propre à développer l'imaginaire érotique, va servir de terrain d'expression, pour ne pas dire de jeux, au metteur en scène. Propices aux élucubrations des protagonistes, les généreuses formes féminines deviennent le réceptacle de compositions lumineuses toutes d'un effet percussif transparent : un ciel étoilé, un squelette proliférant, des vers nécrophages. L'anatomie elle-même vit de l'intérieure et se mue en intestins, en refuge, en observatoire ou en boîte de nuit !
Le jeu visuel sur les ouvertures/fermetures se perçoit miraculeusement sans vulgarité puisqu'il joue en permanence avec l'esprit de ce grand opéra burlesque. La gratuité et la provocation faciles brillent en effet ici essentiellement par leur absence. L'humour satirique trouve par moments des échos dans un public espagnol averti lors du rappel visuel du film de Pedro Almodovar Parle avec elle dont la séquence muette propice aux analyses psychanalytiques marqua les esprits. D'autres références picturales et littéraires – Bruegel, Rabelais – se juxtaposent aux caractéristiques musicales de l'opéra.

 

Chris Merritt interprète Piet the Pot.

 

Le Grand Macabre a connu plusieurs versions. Commandé par l'Opéra Royal de Stockholm, il y fut créé et chanté en suédois après quatre ans de gestation entre 1974 et 1977. Le compositeur révisera en profondeur son opéra en 1996 par des rajouts musicaux et, au niveau littéraire, par des suppressions. Cette révision de 1996 est devenue la plus courante et c'est celle retenue par le Liceu. Chantée en langue anglaise, on se permettra de remarquer que, vis-à-vis de la version allemande, la rondeur ainsi acquise tend à faire perdre en violence et en âpreté. En outre, les noms de certains personnages changent, entraînant une diminution de la force symbolique : Amando au lieu de Spermando, Amanda au lieu de Clitoridia… Sans doute trouvera-t-on dans leurs costumes d'écorchés une compensation visuelle forte à cet appauvrissement sémantique.

 

Barbara Hannigan interprète le double rôle de Venus et Gepopo.

 

Le chef d'orchestre Michael Boder.Étonnamment, la musique de Ligeti s'avère peu novatrice au niveau des structures en raison d'un déroulement logique somme toute classique qui s'apparente à celui d'un opéra-bouffe italien du XVIIIe siècle. Le caractère des personnages s'inscrit tout autant dans cette tradition, avec ses rôles comiques (Piet, l'astronome et sa femme, le chef de la police secrète, les deux ministres) et dramatiques (Amando-Amanda, Vénus, Nekrotzar) bien caractérisés. Très curieusement, de nombreuses citations musicales viennent agrémenter le déroulement de l'action. Une oreille attentive percevra, au travers du travail de personnalisation de l'auteur, des bribes musicales empruntées à divers compositeurs très connus dont Monteverdi, Beethoven et Wagner. Le "collage" de la scène III restera comme un grand moment d'empilement polyrythmique et polyphonique tout à fait surprenant.
L'immersion totale que confère la direction de Michael Boder à l'Orchestre Symphonique du Grand Teatre del Liceu transformé en soliste permet aux chanteurs de trouver tant leur voie que leur voix avec un naturel désarmant.

 

Werner Van Mechelen (Nekrotzar) et Chris Merritt (Piet the Pot) dans <i>Le Grand Macabre</i> en 2011.

 

Ceci étant, si l'architecture de la musique du Grand Macabre se réfère à un autre siècle, son contenu ne laisse aucun doute quant aux intentions de Gyorgy Ligeti. En effet, presque jamais l'écriture vocale du compositeur ne fera appel ici à ce qui constitue la base de l'opéra traditionnel, à savoir la mélodie, le phrasé et le legato, tous éléments au service d'un seul but : l'air qui permet au soliste de se mettre en valeur. Au travers d’une déconstruction systématique de l'aria classique, Ligeti vise à l'éclatement de la ligne vocale. Jeux de mots des insultes alphabétiques des deux ministres, pulvérisation du langage de Gepopo, elle permet d'ajouter un plus non négligeable à un humour satirique non dépourvu de sens : le chef de la police secrète devient incompréhensible…

 

Frode Olsen (Astradamors) et Ning Liang (Mescalina) dans <i>Le Grand Macabre</i> mis en scène par Alex Ollé.

 

Brian Asawa interprète le rôle du Prince Go-Go.Dans le cadre d'une remarquable distribution, le Nekrotzar de Werner Van Mechelen semble à peine en retrait des possibilités offertes par la partition. Il reste en tout cas le plus sage sur scène, doté des attributs classiques de la Mort - la faux, la trompette et le sablier -, en totale opposition avec le délire verbal et physique de Barbara Hannigan en Gepopo. Sa formidable prestation ajoute aux difficultés vocales propres un engagement physique tout à fait remarquable. Ses prouesses trouveront un pendant étonnant dans son double rôle de Vénus où ses possibilités coloratures, incursion presque lyrique dans cet opéra, feront à leur tour merveille. Le ténor Chris Merritt, interprète qui s'illustra dans des rôles rossiniens, devient méconnaissable sous les traits de Piet l'ivrogne ! Comme pour la basse Frode Olsen (déjà présent dans la version CD du Grand Macabre dirigée par Esa-Pekka Salonen), ses nombreux passages en voix de tête démontrent une virtuosité et une facilité désarmantes. Le haute-contre Brian Asawa campe un prince Go-Go incompétent achevé, rondouillard dans ses habits jaune brillant, en proie aux acharnements de ses deux ministres clownesques. Inés Moraleda et Ana Puche ont des voix qui fusionnent autant que leurs désirs et Ning Liang propose une excellente nymphomane pitoyable et foncièrement abusive.

 

<i>Le Grand Macabre</i> mis en scène par Alex Ollé au Liceu.

 

Destiné à un public averti, Le Grand Macabre transmet de nombreux messages porteurs d'une valeur éternelle de l'humanité : mensonges, abus de pouvoir, fausses prophéties, tyrannies, détraquements en tout genre auront-ils raison sur le choix de la vie ? Ligeti nous donne son point de vue dans les dernières minutes de son opéra.

À noter : l'Acte I est proposé sur le DVD 1 (50'23) ; l'Acte II sur le DVD 2 (71'37).

Lire le test du Blu-ray le Grand Macabre de Gyorgy Ligeti

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

Le metteur en scène Alex Ollé et le décorateur Alfons Flores.Sur le DVD 2, en stéréo DD. L'éditeur n'a pas jugé bon de sous-titrer ces excellents suppléments en français !


Fear to Death : Ce making-of très détaillé est essentiellement axé sur l'esthétique de la production et la conception de l'impressionnant corps de femme qui constitue le décor. Plusieurs intervenants fournissent d'intéressantes explications soutenues par une illustration fournie. (Espagnol sous-titré en anglais et en allemand, 34'22)


• Interview du chef d'orchestre Michael Boder sur l'utilisation de l'orchestre par Ligeti. Le chef expose également son point de vue sur l'œuvre et donne quelques clés de compréhension de la musique. (Allemand sous-titré en anglais, 6'40)


• Trois bandes-annonces.

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Issues d'une captation Haute Définition de haut niveau, ces images affichent une colorimétrie soignée et une précision satisfaisante hormis sur les plans généraux qui montrent les limites du support DVD. Le niveau de contraste est fort honorable. Cependant, l'ensemble est un peu mou et manque de relief.

Son

Le mixage stéréo propose un bon équilibre entre l'orchestre, les voix solistes et les chœurs. La séparation est parfaite et les chanteurs sont bien localisés sur la scène avant. La diffusion, toutefois, manque de graves et, globalement, de relief.
La piste 5.1 apporte ce relief, lequel anime bien mieux l'écoute. L'orchestre gagne en ampleur et les voix des chanteurs bénéficient d'une meilleure projection. Le caisson de basses apporte une base bien plus solide à l'ensemble et la scène arrière ajoute à l'immersion sonore du spectateur. Toutefois, l'encodage Dolby Digital compresse trop les harmoniques et appauvrit la restitution, comparé au superbe encodage DTS HD Master Audio du Blu-ray de ce programme.

Note technique : 7/10

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