Blu-ray Jaquette de : Iphigénie en Aulide/Iphigénie en Tauride (De Nederlandse Opera, Minkowski)

Distribution

Interprètes
  • Véronique Gens
    Iphigénie (en Aulide)
  • Mireille Delunsch
    Iphigénie (en Tauride)
  • Anne Sofie von Otter
    Clytemnestre
  • Yann Beuron
    Pylade
  • Nicolas Testé
    Agamemnon
  • Jean-François Lapointe
    Oreste
  • Salomé Haller
    Diane
  • Frédéric Antoun
    Achille
  • Martijn Cornet
    Patrocle
  • Christian Helmer
    Calchas
  • Laurent Alvaro
    Arcas/Thoas
  • Simone Riksman
    First Priestess
  • Rosanne van Sandwijk
    Second Priestess
  • Peter Arink
    A Scythian
  • Harry Teeuwen
    A Minister
  • Chorus of De Nederlandse Opera
Mise en scène
Pierre Audi
Orchestre
Les Musiciens du Louvre-Grenoble
Chef d'orchestre
Marc Minkowski
Origine
Nederlandse Opera
Année
2011

Informations techniques

Durée
226'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
06/02/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Coréens
•  Français
•  Néerlandais

Iphigénie en Aulide/Iphigénie en Tauride (De Nederlandse Opera, Minkowski) Blu-ray

Note générale : 8/10

Christoph Willibald Gluck

Opéra


L'éditeur Opus Arte nous propose un programme marathon aussi généreux qu’intelligent, mettant face à face les deux Iphigénie de Gluck, sous l’égide du chef Marc Minkowski et du metteur en scène Pierre Audi, directeur artistique de l’Opéra d’Amsterdam : Iphigénie en Aulide et Iphigénie en Tauride. Presque un cycle. En tout cas, une lumineuse perspective disponible en Blu-ray et DVD.

Menu d'accueil du Blu-ray <i>Iphigénie en Aulide – Iphigénie en Tauride</i> édité par Opus Arte.

 

Frédéric Antoun (Achille) et Véronique Gens (Iphigénie).  © Ruth Walz L’expérience avait déjà été tentée avec Christophe Rousset en 2008 à La Monnaie de Bruxelles, de rassembler les deux opéras de Gluck, Iphigénie en Aulide et Iphigénie en Tauride. Pierre Audi reprend ici l’idée dans une mise en scène de son cru et avec un orchestre d’instruments anciens.

Si certains pensaient encore Gluck poussif et lénifiant, cette version va définitivement remettre les pendules à l’heure. Sous la baguette de Marc Minkowski, le compositeur autrichien se révèle maître des couleurs et du drame. Le choc est déjà évident sur le premier opéra - Iphigénie en Aulide -, datant de 1773, avec ses nombreux effets de couleurs, sa théâtralité et ses articulations tranchées. Mais il est encore plus criant dans le second - Iphigénie en Tauride -, créé en 1779, d’une puissance dramatique insoupçonnée révélée ici avec maestria. D’autant que la part instrumentale, tenant parfois carrément de la symphonie dans ce dernier, offre une latitude inédite pour l’époque aux musiciens, et ce dès l’Ouverture. De fait, l’orchestre répond comme un seul homme avec un équilibre idoine entre les instruments et les timbres, permettant à chaque soliste, même le plus discret, de faire son chemin dans la masse, d’apporter une matière bienvenue et de délimiter les contours de la partition avec une rare éloquence.

 

Dispositif scénique imaginé par le décorateur Michael Simon pour <i>Iphigénie en Aulide…</i> pour le Nederlandse Opera.  © Ruth Walz

 

Anne Sofie von Otter (Clytemnestre).  © Ruth Walz Le metteur en scène Pierre Audi a d’ailleurs fort bien compris l’importance de l’orchestre en l’intégrant dans sa scénographie. Entre le théâtre et le cirque romains, son dispositif le met davantage à l’honneur, derrière la scène proprement dite, entre les chanteurs et le chœur, même s’il est coupé en deux, dans une disposition pas toujours pratique pour le chef. De cette manière, les chanteurs peuvent accéder au proscenium tant par l’arrière que par cour et jardin surélevés, offrant un relief bienvenu à une mise en scène somme toute bien sommaire, voire aride par moments. Et c’est là où le bat blesse quelque peu : si l’orchestre est sorti de la fosse, il n’en demeure pas moins un fossé entre sa fougue débordante et l’indigence de la direction d’acteurs, qui frôle parfois le contresens. Une froideur qui n’est que confirmée par la lumière conçue par Jean Kalman, rasante et glaciale, notamment sur les toges minimalistes des prêtresses de Diane d’Iphigénie en Tauride, rendues alors blafardes.

Côté chanteurs, si la Diane de Salomé Haller est distribuée dans les deux productions, le plateau change d’Aulide en Tauride. Mais cela fonctionne, l’orchestre agissant comme un fil rouge entre les deux, le changement soulignant, si besoin, l’évolution de l’histoire et du compositeur au gré des cinq années qui séparent les deux opéras.

Vocalement, Iphigénie en Aulide convainc le plus, avec une Véronique Gens impériale, bénéficiant de la répartie idéale, même si un peu sur la retenue, d’Anne Sofie von Otter. La technique vocale de cette Iphigénie est impeccable, et l’émotion d’une justesse impressionnante tandis que sa mère à la scène fait montre d’une pudeur mêlée de distinction qui participe de l’ambiguïté du personnage.

 

Mireille Delunsch chante le rôle d'Iphignéie dans <i>Iphigénie en Tauride</i> sur la scène du Nederlandse Opera.

 

Jean-François Lapointe (Oreste) et Yann Beuron (Pylade).Dans le même rôle-titre, Mireille Delunsch offre une performance plus discutable. Le soutien s’avère souvent inégal au cours d’une même phrase, faisant étrangement varier timbre et justesse, ajoutant finalement au malaise inhérent au personnage, et au nôtre. Les rôles masculins sont aussi inégalement tenus. Le binôme Oreste/Pylade (Jean-François Lapointe/Yann Beuron) fonctionne à merveille tant sur le plan vocal que dramatique, tandis que Nicolas Testé campe un Agamemnon solide et honnête. En revanche, le Thoas de Laurent Alvaro peine à convaincre, son personnage frôlant parfois le ridicule, et la voix manquant d’assise.

Laurent Alvaro (Thoas) et Nicolas Testé (Agamemnon)Au final, ce programme sera tenu pour aussi passionnant pour les amateurs de Gluck que pour ceux qui ne le sont pas… Lesquels seront très probablement réconciliés. Au-delà de partis pris artistiques que l’on peut discuter et de quelques faiblesses vocales, cette double production est aussi solide qu’enthousiasmante et participe de la réhabilitation nécessaire de Gluck, encore trop souvent relégué au rang de compositeur secondaire.
Merci Opus Arte pour ce beau doublé éditorial !



À noter : le menu d'accueil de ce Blu-ray est partagé en deux parties, une pour chacun des deux opéras. En sélectionnant une œuvre, on accède au lancement du programme, aux bonus et à divers réglages. Iphigénie en Aulide dure 112'19 ; Iphigénie en Tauride, 113'19.



Lire le test du DVD Iphigénie en Aulide et Iphigénie en Tauride



Retrouvez la biographie de Christoph Willibald Gluck sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Jean-Claude Lanot

Suppléments du Blu-ray

Le metteur en scène Pierre Audi.En HD et stéréo PCM multilingue, avec sous-titres anglais :


- Présentation plutôt bien faite de chaque opéra où le formalisme fait place à un vrai désir de découverte et de faire découvrir pour le présentateur faussement néophyte. Les intervenants - chanteurs, chef et créateurs - s'expriment avec une grande spontanéité, cueillis le plus souvent dans leur travail ou leur préparation dans leur loge. (20'06 et 14'19)
- Deux galeries de photos, une pour chaque œuvre.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Si la palette de couleurs choisie pour cette production n’est pas forcément à la fête - les bruns et verts kaki alternent avec les blancs blafards, en particulier dans le second opéra -, le rendu est excellent et un bon contraste est au rendez-vous lorsque l'éclairage est suffisant. Les détails de l’arrière-scène (orchestre, chœurs et même public), bien que dans la pénombre, demeurent perceptibles et participent de la narration. La Haute Définition apporte un détail constant, y compris dans les compositions lumineuses particulièrement faibles. La captation était loin d'être simple à réaliser. Misjel Vermeiren s'en sort avec les honneurs !

Son

Le mixage stéréo, bien séparé, propose un bon équilibre entre voix et orchestre. L'aération est assez agréable et les chœurs s'inscrivent avec une bonne lisibilité dans l'ensemble. La dynamique est confortable. La restitution bénéficie en outre d'un bon relief. Les forte sont en revanche parfois assez agressifs.
La piste multicanale magnifie l’orchestration (superbe traverso) et respecte bien mieux les attaques typiques du travail de Minkowski. Les voix s’intègrent très naturellement dans ce dispositif, et gagnent en projection par rapport à la stéréo. Le caisson de graves enrichit l'écoute en soulignant avec finesse le bas du spectre. Enfin, les enceintes surround, assez discrètes, participent à une immersion sonore de qualité et toujours réaliste sur le plan musical.

Note technique : 9/10

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Mots-clés

Anne Sofie von Otter
Christoph Willibald Gluck
De Nederlandse Opera
Iphigénie en Aulide
Iphigénie en Tauride
Les Musiciens du Louvre Grenoble
Marc Minkowski
Mireille Delunsch
Pierre Audi
Véronique Gens

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