DVD Jaquette de : Eugène Onéguine (Valencia, 2011)

Distribution

Interprètes
  • Helene Schneiderman
    Larina
  • Kristine Opolais
    Tatyana
  • Lena Belkina
    Olga
  • Margarita Nekrasova
    Filipyevna
  • Artur Ruciński
    Eugene Onegin
  • Dmitry Korchak
    Lensky
  • Günther Groissböck
    Prince Gremin
  • Aldo Heo
    A Captain
  • Simon Lim
    Zaretsky
  • Emilio Sánchez
    Triquet
  • Toni Navarrate
    Guillot
  • Emil Wesołowski
    O***
  • Cor de la Generalitat Valenciana
Mise en scène
Mariusz Trelinski
Chorégraphie
Emil Wesołowski
Orchestre
Orquestra de la Comunitat Valenciana
Chef d'orchestre
Omer Meir Wellber
Réalisation
Tiziano Mancini
Origine
Palau de les Arts Reina Sofia, Valencia
Année
2011

Informations techniques

Durée
150'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
01/03/2013

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS Plein débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français
•  Japonais

Eugène Onéguine (Valencia, 2011) DVD

Eugene Onegin

Tutti ovation

Note générale : 10/10

P. I. Tchaikovsky

Opéra


Eugène Onéguine, la superbe réussite opératique de Tchaikovsky, est remarquablement mis en valeur au Palau de les Arts Reina Sofia de Valencia, connu pour sa Tétralogie wagnérienne et ses Troyens mis en scène par La Fura dels Baus. Cette production imaginée par le Polonais Mariusz Trelinski devient l'écrin d'un casting de haut niveau rassemblant Kristine Opolais et Dmitry Korchak, parmi d'autres chanteurs globalement fort bien distribués, tandis que le jeune chef Omer Meir Wellber dirige l'Orquestra de la Comunitat Valenciana. Cette captation de février 2011 réalisée par Tiziano Mancini est disponible en Blu-ray et DVD chez C Major.

 

Kristīne Opolais (Tatyana) et Artur Ruciński (Eugène Onéguine) dans <i>Eugène Onéguine</i> à Valencia en 2011.

 

Le spectacle que constitue ce récent Eugène Onéguine par sa mise en scène est le premier atout de cette captation. De prime abord, la production de Mariusz Trelinski peut sembler assez classique par le contexte historique de la Russie au XIXe siècle qui a été retenu, ses costumes et décors d'inspiration plutôt traditionnelle… Pourtant, que d'innovations ! Il y a tout d'abord ce personnage habillé de blanc qui représente un Onéguine vieilli et muet, lequel hante l'histoire, transperçant de sa canne comme d'une flèche Tatiana, Lensky et son jeune double, symbole de passion et de mort naviguant entre Éros et Thanatos… La passion amoureuse et la tentation sont représentées par une dominante rouge très présente : des pommes à la couleur obsédante, le drap de la table ou une grande flèche orientée vers le bas dans un univers de cabaret, à l'Acte III. Des têtes de loup apparaissent dès l'Acte II, et apportent une force visuelle incontestable. Il convient également de saluer la qualité des nombreuses chorégraphies souvent construites autour de mouvements saccadés, comme au ralenti. Enfin, l'harmonie et la cohérence entre la mise en scène de Mariusz Trelinski et le travail chorégraphique d'Emil Wesolowski trouvent dans la captation de Tiziano Mancini, une traduction de grande qualité.

 

Omer Meir Wellber dirige l'Orquestra de la Comunitat Valenciana, tandis qu'Emil Wesołowski (O***, le double muet d'Onegin) avance sur le proscenium durant l'introduction d'<i>Eugène Onéguine</i> mis en scène par Mariusz Treliński.

 

Omer Meir Wellbe.Ce que le jeune chef israélien Omer Meir Wellber obtient de l'Orquestra de la Comunitat Valenciana ainsi que du Cor de la Generalitat Valenciana (préparé par Francesc Perales) est en tout point remarquable ! À seulement 30 ans, il parvient à allier nuances, énergie, drame et maîtrise technique. Sous sa baguette, les courts préludes orchestraux sont tout particulièrement soignés, comme en témoignent la grande transparence de l'Introduction à l'Acte I, ou ensuite, la montée dramatique qui précède la "Scène des lettres" de Tatiana. Omer Meir Wellber fait ressortir avec maestria les thèmes attachés aux principaux personnages de l'œuvre, selon l'utilisation des leitmotivs empruntée à Richard Wagner. À l'Acte II, il développe une vive énergie et montre une autorité certaine pour lancer la célèbre "Valse", très marquée et appuyée par un chœur mixte parfait. De la même façon, il sait faire ressortir avec la tension nécessaire tout le drame contenu dans le prélude orchestral qui précède le duel entre Onéguine et son ancien ami Lensky. Enfin, au début de l'Acte III, il nous livre la célébrissime "Polonaise" avec un rythme charpenté qu'il sait souligner sans exagération. Saluons enfin sa belle aptitude à soutenir les voix et sa qualité d'attention aux chanteurs.

Par bonheur, les interprètes solistes se montrent globalement à la hauteur de cette belle direction musicale, comme de la direction théâtrale.


Kristīne Opolais interprète le rôle de Tatyana.

Cependant, c'est Kristine Opolais, dans le rôle de Tatiana, qui apparaît comme la plus convaincante, à la fois vocalement et dramatiquement. D'une grande crédibilité théâtrale, la superbe soprano lettone nous donne une vision particulièrement dramatique et même tourmentée de son personnage : une Tatiana qui n'a ici rien de juvénile, mais présentée comme une "romantique", au sens du XIXe siècle allemand. C'est une passionnée (sublime "Scène des lettres") dont l'expression se fonde sur un registre vocal animé de beaux aigus, de forte "faciles" et d'un timbre toujours séduisant. Sa Tatiana est une jeune femme touchée jusqu'au tréfonds de son cœur et de son âme par une sorte de maladie d'amour. Et Kristine Opolais est remarquable quand elle interprète l'instabilité de son statut de femme rangée, fidèle à son mari, pourtant toujours passionnément amoureuse d'Onéguine. Dans le duo qui rassemble les deux personnages, la chanteuse développera un magnifique phrasé soutenu par de superbes couleurs ! L'émotion nous gagnera lorsque Tatiana parvient à la résignation et dit adieu à celui qu'elle continue d'aimer…

 

Lena Belkina (Olga) et Dmitry Korchak (Lensky) dans <i>Eugène Onéguine</i> au Palau de les Arts Reina Sofia.

 

Dmitry Korchak interprète le rôle de Lensky, l'ami d'un temps d'Eugène Onéguine. Le ténor se montre un interprète de haut niveau, tant sur le plan dramatique que vocal. On retiendra en particulier l'air de l'Acte I, "Ya lyublyu vas", qu'il destine à sa fiancée Olga, puis la célèbre aria de l'Acte II, "Kuda, kuda", délivrée avec justesse avant le duel qui l'oppose à Onéguine, ainsi que sa présence vocale, justement lors de la "Scène du duel" qui aboutira à sa mort. Le timbre clair et lumineux de Dmitry Korchak, chanteur très à l'aise avec la voix mixte, se marie à d'excellentes qualités scéniques, comme le montrent ses duos avec Olga et surtout l'incarnation dramatique totalement impliquée dans le duel.
Kristīne Opolais (Tatyana) et Artur Ruciński (Eugène Onéguine).
Artur Ruciński incarne Eugène Onéguine, et si la qualité de la prestation se situe en deçà dans notre appréciation en raison de la nette domination vocale et dramatique que manifeste face à lui la Tatiana de Kristine Opalais, le baryton apporte pourtant des qualités certaines à ce rôle. À la fin de l'Acte I, il intervient avec lyrisme et présente une bonne ligne de chant dans son duo face à Tatiana. Mais c'est surtout à l'Acte III, lorsqu'il perd de sa superbe, saisi à son tour de passion pour la jeune femme, qu'Artur Ruciński se montre le meilleur sur le plan théâtral, et le duo de la Scène 2 devient une grande réussite !

 

Lena Belkina (Olga).Helene Schneiderman (Larina).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Cet Eugène Onéguine compte en outre de bons seconds rôles en la très bonne nounou Filipyevna (la mezzo-soprano Margarita Nekrasova), une Larina bien assise dans sa fonction sociale de propriétaire terrienne (la mezzo-soprano Hélène Schneiderman), une Olga juvénile à souhait (la mezzo-soprano Lena Belkina) et un Triquet drolatique comme attendu dans ce rôle (le ténor Emilio Sanchez). Le Prince Gremin de la basse Günther Groissböck se montre en revanche convenable sans plus, car manquant un peu de profondeur pour ce rôle, court il est vrai, mais porteur de la superbe et célèbre aria de l'Acte III.

 

Scène d'<i>Eugène Onéguine</i> mis en scène par Mariusz Treliński au Palau de les Arts Reina Sofia de Valencia.

 

Au final, cette production de l'opéra de Tchaikovsky se montre globalement remarquable par la cohérence qu'elle affiche. Mise en scène et chorégraphie se conjuguent à l'énergie et au sens du drame d'un jeune chef d'orchestre de très grand talent, le pouvoir dramatique de Tatiana se révèle assez unique, et le timbre clair et lumineux de Lensky charme avec aisance. Seules de petites réserves seront posées quant à Eugène Onéguine et le moyen Prince Gremin. Mais ne boudons pas notre plaisir devant une réussite qui s'impose avec éclat.

À noter : Les Actes I et II sont proposés sur le DVD 1 (107'47) ; l'Acte III, sur le DVD 2 (42'02).

Lire le test du Blu-ray Eugène Onéguine dirigé par Omer Meir Wellber


Retrouvez la biographie de P.I. Tchaikovsky sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Jean-Luc Lamouché

Suppléments du DVD

Cinq bandes-annonces. (Stéréo DD)

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Les partis pris colorés de cette production sont fort bien rendus par ce master Haute Définition. Les rouges, importants pour leur symbolique, s'affichent avec une luminosité agréable. Les contrastes sont relevés par des noirs profonds et les contours sont assez finement dessinés. La précision est au rendez-vous des plans moyens et des gros plans mais se dilue sur les plans généraux, bien mieux rendus par le Blu-ray de ce programme. On observe également quelques saccades dans les mouvements rapides. Cependant, le spectacle est d'un niveau supérieur.

Son

Transparence et dynamique caractérisent l'excellent mixage stéréo. Les voix ressortent avec clarté au-devant d'un orchestre assez détaillé. La séparation est excellente et garantit une écoute aisée, animée par une dynamique confortable. L'ensemble paraît cependant quelque peu confiné.
Mais le mixage 5.1 encodé en DTS plein débit - excellent initiative ! - dynamise l'ensemble et apporte vie à la diffusion. Les voix sont idéalement projetées et gagnent un relief sensible, tandis que l'orchestre s'étoffe en largeur et en profondeur, délivrant une richesse instrumentale assez fascinante. La réverbération est assez importante mais le message ne devient jamais confus. Le caisson de graves apporte une assise incomparable dans le bas du spectre, et les enceintes arrière aèrent avec mesure une reproduction à la dynamique superbe. Cependant, la captation des voix est assez analytique en raison des micros portés par chaque soliste, d'où un rendu parfaitement équilibré, mais peu réaliste par rapport à l'acoustique d'un théâtre.

Note technique : 8/10

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Artur Rucinski
Dmitry Korchak
Eugène Onéguine
Günther Groissböck
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Mariusz Trelinskiń
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Palau de les Arts Reina Sofia, Valencia
P. I. Tchaikovsky

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