DVD Jaquette de : The Enchanted Island (Metropolitan Opera)

Distribution

Interprètes
  • David Daniels
    Prospero
  • Danielle de Niese
    Ariel
  • Joyce DiDonato
    Sycorax
  • Luca Pisaroni
    Caliban
  • Lisette Oropesa
    Miranda
  • Layla Claire
    Helena
  • Elizabeth DeShong
    Hermia
  • Paul Appleby
    Demetrius
  • Elliot Madore
    Lysander
  • Plácido Domingo
    Neptune
  • Ashley Emmerson
    Quartet
  • Monica Yunus
    Quartet
  • Philippe Castagner
    Quartet
  • Tyler Simpson
    Quartet
  • Anthony Roth Costanzo
    Ferdinand
  • Bradley Brookshire
    Harpsichord, continuo
  • David Heiss
    Cello, continuo
  • The Metropolitan Opera Chorus
  • The Metropolitan Opera Ballet
Mise en scène
Phelim McDermott
Chorégraphie
Graciela Daniele
Orchestre
The Metropolitan Opera Orchestra
Chef d'orchestre
William Christie
Réalisation
Barbara Willis Sweete
Origine
Metropolitan Opera
Année
2012

Informations techniques

Durée
182'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Virgin Classics
Distributeur
EMI Classics
Date de sortie
08/10/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS Plein débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

The Enchanted Island (Metropolitan Opera) DVD

Tutti ovation

Note générale : 10/10

George Frideric Handel  - Antonio Vivaldi

Opéra


The Enchanted Island est l’idée folle du Metropolitan Opera de New York de créer une œuvre véritablement originale à partir d’extraits d’opéras baroques préexistants. C’est le principe du pastiche, très en vogue au XVIIIe siècle, qui vient non seulement revivifier le monde de l’opéra contemporain, mais également nous ravir – et le mot est faible - les yeux, les oreilles et le cœur par cette captation diffusée en janvier 2012 dans les salles de cinéma. David Daniels, Joyce DiDonato, Luca Pisaroni et Plácido Domingo, parmi d'autres merveilleux artistes, sont placés sous la baguette experte de William Christie. Un DVD édité par Virgin Classics, à défaut du Blu-ray vivement attendu…

 

Joyce DiDonato (Sycorax) dans <i>The Enchanted Island</i>.  Photo © 2012 Ken Howard/Metropolitan Opera

 

David Daniels et Danielle de Niese.  © 2012 Ken Howard/Metropolitan OperaDans un marché en perte de vitesse tant économique que créative, The Enchanted Island est définitivement le projet qu’on attendait. Il y a d’ailleurs quelque chose de très actuel dans l’idée de pastiche. "Compilations" et autres "best of" n’ont en effet rien à envier aux cantates-parodies de Bach, à certains opéras baroques comme Muzio Scevola (mélange d’actes de Haendel, Mattei et Bononcini, lequel a connu une gloire internationale en son temps) ou même certains chorals de Luther, véritable recyclage de plains-chants ou même de chansons à boire dans le cadre réformé. Qui dit pastiche ne dit donc pas défaut de créativité, et bien au contraire ! Ici, en effet, c’est bien aux riches qu’on emprunte ! C’est sans doute ce que s’est dit William Christie quand on lui a présenté le projet en lui donnant carte blanche pour choisir les airs qui allaient peupler cette adaptation à mi-chemin de La Tempête et du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare. D’autant que, dans ce véritable travail d’équipe, les choix ont été opérés de manière collégiale, certains airs ayant été suggérés par les chanteurs eux-mêmes, comme Danielle de Niese nous le confiait en interview. De quoi impliquer, souder et motiver une troupe comme jamais autour de ce projet, et donner une idée de la convivialité et du bonheur qui ont régné tout au long de cette production à tous égards hors du commun.

 

Luca Pisaroni (Caliban) dans <i>The Enchanted Island</i> mis en scène par Phelim McDermott. © 2012 Ken Howard/Metropolitan Opera

 

Plácido Domingo (Neptune). © 2012 Ken Howard/Metropolitan OperaL’autre idée de génie de cette production est d’avoir fait appel à Jeremy Sams pour écrire le livret tout shakespearien de The Enchanted Island - cela lui vient sans doute de son papa, universitaire et spécialiste reconnu de l’auteur d’Hamlet - à laquelle il a su apporter l’énergie et l’humour de son expérience des planches de Broadway. Un rapprochement tant géographique (quelques rues seulement séparent le quartier des théâtres du Met) que stylistique que d’aucun ont pu discuter, mais qui constitue pour nous une véritable réussite. Outre le fait qu’on ne pouvait évidemment pas conserver les paroles des airs originaux telles quelles, le choix de l’anglais permet au livret d’être compris et apprécié par une salle qui, sans cela, aurait peut-être boudé ce spectacle, tandis que le langage et l’humour permettent une implication, voire une connivence avec le public. Les spectateurs réagissent en direct, avec la générosité qu’on connaît au public du Met – tout comme c’était le cas dans les opéras vénitiens par exemple ! Le livret de Jeremy Sams et le choix de l’anglais actualisent à eux seuls ces airs anciens et, par ricochet, démontrent de facto toute leur modernité. Une véritable recréation qui jamais ne rogne sur le niveau artistique. Bien au contraire, on entre d’autant plus facilement dans cet univers que la mise en scène, le jeu des acteurs et les émotions exprimées dans leurs airs deviennent lisibles, loin de tout élitisme, et nous permettent de mieux appréhender et comprendre toutes les facettes de ce spectacle.

 

 

La mise en scène de Phelim McDermott se place d’ailleurs sur la même ligne, réemployant certains tableaux d’époque (l’arrivée de Neptune en majesté), sans pour autant plonger dans la gestique baroque. On a là un moyen terme tout à fait convaincant qui apporte tout à la fois un sens du temps et un naturel qui se combinent dans un équilibre proprement miraculeux. Certaines mises en scène récentes pourraient du reste en prendre de la graine !

 

Dessins de Julian Crouch pour les décors de <i>The Enchanted Island</i> au Metropolitan Opera.

 

Côté scénographie, le spectacle est total et l’on se prend à réaliser quel a pu être l’étonnement des spectateurs du XVIIIe siècle face à ces galeries de monstres et autres créatures fantastiques, sans compter les effets spéciaux et autres changements à vue. Ici, le design est clairement emprunté à l’imagerie baroque, tant dans ses codes visuels que dans l’illusion des matières et le trompe-l’œil. Les moyens sont somme toute très classiques, comme les câbles des sirènes en apesanteur pour le royaume de Neptune. Mais pourquoi changer ce qui fonctionne depuis des siècles ? Pour autant, d’autres effets, plus contemporains, apportent une touche moderne délicate et bienvenue comme, par exemple, lors de la tempête. Des projections sont ainsi utilisées à bon escient, avec parcimonie, sans tape-à-l’œil, et sans jamais voler la vedette aux artistes. Le spectaculaire est au service de l’œuvre et c’est précisément cet équilibre entre le décor et l’humain qui fait la magie de la production de The Enchanted Island.

 

Paul Appleby (Demetrius), Layla Claire (Helena), Elliot Madore (Lysander) et Elizabeth DeShong (Hermia).  Photo © 2012 Ken Howard/Metropolitan Opera

 

Joyce DiDonato. Costume Kevin Pollard.  © Metropolitan OperaCar la magie est bien présente à tous les niveaux de cette Île enchantée, notamment, bien sûr, au niveau musical. C’est d’ailleurs un tel feu d’artifice qu’on ne sait où donner de la tête… ou de l’oreille ! Commençons par "la" vedette du Met, Plácido Domingo. Le public new-yorkais est loin d’avoir oublié ses multiples apparitions, et c’est un véritable triomphe qui lui est fait, en dépit de la minceur de son rôle, celui de Neptune. Mais le cœur y est vraiment et le maître des océans assume pleinement sa légende, démontrant une fois de plus une reconversion parfaitement négociée et assumée dans le baroque.


Magique est également la prestation de Danielle de Niese. Espiègle, facétieuse, tout autant que pétillante et virtuose, actrice née et toujours complice avec le public. Son incarnation d’Ariel culmine à la fin de l’opéra avec une ré-interprétation de l’air "Agitata da due venti" extrait de la Grisella de Vivaldi (magnifié ailleurs par Cecilia Bartoli) a de quoi donner et le vertige et la chair de poule. Virtuosité étourdissante, technique ahurissante, énergie renversante, les superlatifs manqueraient presque !
Côté émotion, le tandem Sycorax/Caliban de Joyce DiDonato et Luca Pisaroni a de quoi rester dans les annales tant leurs voix et leurs âmes se complètent, tant le bonheur de chanter ensemble transpire de chaque note.



On retiendra également les graves superbes de l’Hermia d’Elizabeth DeShong (oubliée par l'éditeur sur la jaquette et dans le livret !) dans son air parfaitement maîtrisé du début de l’Acte II. Ne pas citer chacun des chanteurs est véritablement coupable tant le casting apparaît sans aucune fausse note, mais l’éloge serait alors interminable…

 

Anthony Roth Costanzo (Ferdinand).  Photo © 2012 Ken Howard/Metropolitan Opera

 

Écoutez et vous comprendrez ce miracle musical ! Miracle dont il faut enfin remercier William Christie, qui a su insuffler la vie à ce projet et diriger avec gourmandise la phalange baroque de l’orchestre du Met. Dès qu’il apparaît, on sent qu’il jubile, qu’il est aux anges. Et c’est tant mieux car nous aussi, même si ce spectacle formidablement beau méritait bien plus que d'autres d'être également disponible en Blu-ray !


À noter : l'Acte I est proposé dur le DVD 1 (99'15) ; l'Acte II sur le DVD 2 (83'13).

Jean-Claude Lanot

Suppléments du DVD

Luca Pisaroni et Joyce DiDonato interviewés par Deborah Voigt.En anglais non sous-titré, dans le même format sonore que celui choisi pour le programme principal.
- Sur le DVD 1 : Courte présentation de l'opéra, après le générique d'ouverture, par la soprano Deborah Voigt. (1'29)
- Sur le DVD 2 : Dynamiques et joviales interviews backstage menées par Deborah Voigt :
Danielle de Niese et David Daniels parlent de leur personnage et de leur attachement au chant Baroque ; Plácido Domingo s'exprime sur son incarnation du dieu Neptune : Joyce DiDonato et Luca Pisaroni s'expriment sur la préparation du spectacle et leur travail sur l'émouvant duo de l'Acte II ; William Christie et Jeremy Sams, auteur du découpage et du livret de l'œuvre, s'expriment sur l'aspect musical de la création et l'adaptabilité de l'orchestre du Met ; enfin, Phelim McDermott et Julian Crouch, metteur en scène associé et décorateur, abordent la production et sa dimension esthétique. (13'17 au total)

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Ce master vidéo de toute beauté affiche des images aussi enchanteresses que l'île sur laquelle se déroule l'action. La beauté des décors de Julian Crouch et des costumes de Kevin Pollard est servie par une fabuleuse palette de couleurs au rendu impeccable des ocres et teintes chaudes, mais aussi des bleus lumineux et autres teintes chatoyantes. Les projections féeriques qui animent à de nombreuses reprises le décor sont également superbement rendues. Les contrastes sont le plus souvent appuyés et le niveau de détail très satisfaisant. Néanmoins, la définition se dilue sur les ensembles, ce qui fait regretter l'absence de sortie Blu-ray de The Enchanted Island par Virgin Classics.

Son

Le mixage stéréo dote l'orchestre d'une excellente clarté et d'une certaine brillance sans basculer dans l'acidité. Les graves font preuve d'une bonne tenue et l'ensemble du spectre est fort bien restitué. Lorsque les voix entrent, elles se marient parfaitement au son de la fosse dans un équilibre réussi. En stéréo, comme en multicanal, le positionnement des chanteurs est très fortement défini par rapport à l'espace scénique.
Avec la piste 5.1, encodée dans un excellent DTS plein débit qu'autorise la répartition de l'opéra sur deux disques, la dynamique se montre bien supérieure et, tandis que l'orchestre affiche une parfaite définition des pupitres et une grande clarté du continuo, les voix se détachent bien mieux de la scène avant et leurs harmoniques enrichissent l'audition. Le caisson de graves nourrit une plus importante présence des basses, et les enceintes surround plongent le spectateur dans acoustique parfaitement aérée.
À noter : quelques métallisations désagréables dans les aigus forte à la fin de l'œuvre.

Note technique : 10/10

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Mots-clés

Antonio Vivaldi
Danielle de Niese
David Daniels
George Frideric Handel
Jean-Philippe Rameau
Joyce DiDonato
Lisette Oropesa
Luca Pisaroni
Plácido Domingo
The Enchanted Island
William Christie

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