Blu-ray Jaquette de : Elektra

Distribution

Interprètes
  • Linda Watson
    Elektra
  • Jane Henschel
    Klytämnestra
  • Manuela Uhl
    Chrysothemis
  • René Kollo
    Aegisth
  • Albert Dohmen
    Orest
  • Andreas Hörl
    Orest's Tutor
  • Jörg Schneider
    A Young servant
  • Carsten Sabrowski
    An Old servant
  • Irmgard Vilsmaier
    An Overseer
  • Constance Heller
    A Maidservant
  • Nina Amon
    A Maidservant
  • Hermine Haselböck
    A Maidservant
  • Katrin Adel
    A Maidservant
  • Bernarda Bobro
    A Maidservant
  • Iwona Sakowicz
    Trainbearer
  • Catherine Veillerobe
    Confidante
  • Philharmonia Chor Wien
Mise en scène
Herbert Wernicke
Orchestre
Münchner Philharmoniker
Chef d'orchestre
Christian Thielemann
Réalisation
Andreas Morell
Origine
Festspielhaus, Baden-Baden
Année
2010

Informations techniques

Durée
111'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Opus Arte
Distributeur
DistrArt Musique
Date de sortie
24/11/2010

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français

Elektra Blu-ray

Note générale : 8/10

Richard Strauss

Opéra


Début 2010, la Festpielhaus de Baden-Baden programmait des représentations d'un des opéras "noirs" les plus célèbres de Richard Strauss : Elektra, créé en 1909 à Dresde, soit quelques années seulement après le triomphe de Salome. Nous retrouvons cette production signée Herbert Wernicke en DVD et en Blu-ray. Christian Thielemann dirige l'orchestre…

 

Linda Watson chante le rôle d'Electre dans <i>Elektra</i> de Richard Strauss à la Festspielhaus de Baden-Baden.  Photo © Andrea Kremper

 

Aussi bien en raison de la tragédie grecque antique de Sophocle, que de son adaptation pour l'opéra par le fameux librettiste Hugo von Hofmannsthal, cette œuvre lyrique en un acte accorde une grande importance au personnage d'Electre.
C'est la soprano dramatique américaine Linda Watson, très familière des emplois wagnériens, qui tient ce rôle principal. En tant que fille de Clytemnestre et sœur aînée de Chrysothémis, on trouvera son incarnation à peu près convenable malgré une enveloppe corporelle assez envahissante, pour tout dire, ce qui ne l'empêche pas d'apparaître comme une bonne tragédienne. De plus, vocalement, le "coffre" peut être considéré comme élément clé du cadre de la malédiction des Atrides.
En début de représentation, dans "Allein… ! Weh, ganz allein…", le vibrato de sa voix apparaît un peu instable, mais par la suite la maîtrise prend le dessus. À froid, Linda Watson peine dans les aigus "forte" du haut de la tessiture utilisée et son chant est parfois proche du cri. Par la suite, elle assurera plutôt bien les longueurs du livret qui la placent en scène. La chanteuse se révèle d'ailleurs d'un bon niveau d'expression vocale, notamment lors des duos, voire des affrontements : d'abord dans la "Scène des cauchemars", face à sa mère Clytemnestre, puis avec Chrysothémis, sa sœur cadette, et son jeune frère Oreste. Ainsi, lors du fameux "Duo des Retrouvailles" avec ce dernier, musicalement et dramatiquement superbe, le chant straussien classique se révèle et Linda Watson parvient à adoucir son timbre comme rarement entendu, et formule des phrases à la musicalité d'une beauté inouïe. Quant à sa "Danse de mort", vers la fin de l'œuvre, symbolique et démente, hache brandie, elle a été pensée comme le grand moment de la représentation. Ceci étant, nous qualifierons la performance de "moyenne".

Mais trois chanteurs solistes constituent la bonne surprise de cette distribution.

 

Jane Henschel interprète le rôle de Clytemnestre.

 

Avant tout celle de Jane Henschel, mezzo-soprano dramatique américaine, dans le rôle de Clytemnestre. La chanteuse montre des qualités de tragédienne en parfait accord avec la maîtrise vocale dont elle fait preuve. Dès son apparition, vêtue d'un manteau pourpre, son personnage inquiétant impressionne et la peur et la culpabilité qui le rongent nous percutent. On remarquera que le public, à la fin de la représentation, offrira un beau succès à cette remarquable artiste.

Puis, on notera la très bonne prestation de la jeune soprano allemande Manuela Uhl, dans le rôle de Chrysothémis. Son chant, qui exige des moyens dramatiques moins lourds que ceux liés au rôle d'Electre, est tout à fait en harmonie avec la relative jeunesse et la pureté demandées par le personnage. Ses duos formés avec Linda Watson impressionnent, tout particulièrement au moment du retour d'Oreste et lors de l'exécution de Clytemnestre et d'Egiste. Comme Jane Henschel, Manuela Uhl sort de la représentation accompagnée par les applaudissements nourris du public !

Albert Dohmen (Oreste).Enfin, le très expérimenté Albert Dohmen délivre un sans-faute dans le relativement petit rôle d'Oreste. Vocalement, le personnage correspond exactement à sa tessiture de baryton-basse. Dramatiquement, son expression hiératique, figée dans la solennité, impose sans mal le personnage.
Ses "retrouvailles" avec Electre, puis le duo qui s'engage avec sa sœur aînée - sorte de Tristan et Isolde (Acte II) où le frère et la sœur affirmeraient leur amour fraternel pour que le drame final s'accomplisse - apparaissent comme les grands moments de cette captation. Et comment ne pas s'incliner devant la noblesse extrême du jeu d'Albert Dohmen lors de la grande scène finale ?

La seule faiblesse de la distribution se situe en fait dans la performance moyenne du vétéran (bientôt 75 ans) René Kollo, dans le rôle d'Egiste.

 

Christian Thielemann en février 2010 à la fin d'une représentation d'<i>Elektra</i> mis en scène par Herbert Wernicke.

 

Mais le grand intérêt, peut-être même le principal, véhiculé par cet Elektra est la performance de Christian Thielemann à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Munich. De fait, Thielemann débuta sa grande carrière dans les ouvrages lyriques en 1991, précisément dans l'œuvre de Richard Strauss, à l'Opéra de San Francisco. Puis, il reprit cet opéra au Deutsche Oper de Berlin entre 1997 et 2004. L'orchestre, mené par Thielemann, se manifeste comme un flot quasi continu soutenant les chanteurs solistes. Comme la lave et le feu, mais avec une intensité sonore parfaitement contrôlée par une retenue des musiciens à certaines occasions. Richard Strauss, au moment de la création, situait son œuvre aux "limites" de ce que "les oreilles d'aujourd'hui" pouvaient "supporter". Chritian Thelemann fait progressivement monter en puissance l'expression dramatique, là encore, avec un contrôle absolu des pupitres. Très à l'aise dans les drames wagnériens, il sait parfaitement, ici aussi, mettre en valeur les quelques motifs conducteurs caractéristiques du "mage de Bayreuth", ponctuellement repris par Richard Strauss. Le plus impressionnant étant celui d'Agamemnon, sur lequel s'ouvre et se referme le drame, thème à la fois superbe, bouleversant, et même assez terrifiant… ! En outre, Thielemann sait parfaitement pratiquer le fondu enchaîné qui intervient très souvent entre les différentes scènes. Sa direction de la scène finale est sidérante.

 

Jane Henschel (Clytemnestre) dans <i>Elektra</i> sur la scène du Festspielhaus de Baden-Baden.  Photo © Andrea Kremper

 

Le metteur en scène Herbert Wernicke reprend ici une création faite pour l'Opéra de Dresde en 1997. Et son travail se montre assez fascinant, même si les décors se limitent en fait à des praticables et à la présence de la hache entre les mains d'Electre. Cette mise en espace se montre totalement adaptée au drame de Sophocle retravaillé par Hofmannsthal.
La direction d'acteurs est excellente. Économe en gestes inconsidérés, elle sert une vision spatiale abstraite, très géométrique, qui peut faire penser au travail de Wieland Wagner à l'époque du "Neues Bayreuth". On remarquera que, sauf pour le "Duo des Retrouvailles" entre Electre et Oreste, les principaux protagonistes ne se regardent pas mais semblent s'adresser au public. Et celui-ci ressent très vite qu'il s'agit pour le metteur en scène de montrer qu'ils se trouvent à un point de rupture dramatique : celui de la mort, à donner et à recevoir…

Linda Watson (Electre)Économie de moyens totalement voulue, certes, mais quel travail au niveau des lumières et des couleurs !
Quatre teintes dominent et alternent, souvent mises en valeur par des cercles de lumière blanche qui entourent les principaux personnages. Seuls les costumes, "classiques" pour Electre, Chrysothémis et Clytemnestre, et transposés à l'époque actuelle pour Oreste et Egiste hissent le spectacle hors de l'épure dramatique.
Ce choix quasi minimaliste, en tout cas sobre et efficace, nous permet en fait de retrouver la pureté originelle de la tragédie antique de Sophocle, comme le voulaient le compositeur et son librettiste.

Linda Watson, à la limite du cri, et l'insuffisance de René Kollo sont, il faut le reconnaître, les deux points faibles de cet Elektra. Mais nous défendrons cette production pour ses qualités dramatiques et vocales, son fabuleux traitement orchestral et sa mise en espace intelligente et convaincante.



Lire le test de Elektra en DVD

Jean-Luc Lamouché

Suppléments du Blu-ray

En HD et en allemand stéréo PCM, avec des sous-titres français, anglais et espagnols.
- Making-of très bien construit, présentant des extraits de répétitions et de courtes mais intéressantes interviews des principaux chanteurs solistes. (15')
- Photos de la distribution.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

La définition de ce master s'exprime de façon superbe. Constamment de riches détails de textures et la précision des visages marqués par le drame nous interpellent avec puissance. Les difficiles éclairages parfois chargés de fumigènes sont reproduits sans mal et les contrastes, variables selon les scènes, apportent le plus souvent une profondeur magistrale. Un sans-faute.

Son

La piste stéréo, indépendamment d'un bon équilibre ménagé entre les chanteurs et l'orchestre, donne une impression globale de lointain qui dessert la musique de Strauss en limitant son impact théâtral. L'ensemble paraît trop lisse dans la perspective des contrastes de la partition.
Mais, activer la piste multicanale 5.1 superbement mixée, c'est s'immerger dans un univers sonore tout autre. La pâte sonore devient somptueuse, détaillée et enivrante mais sans excès. Les voix ressortent idéalement et l'orchestre se voit doté de l'ampleur et de la puissance nécessaires à l'expression straussienne. L'encodage en DTS HD Master Audio est un vrai bonheur pour les oreilles exigeantes.

Note technique : 9/10

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Mots-clés

Christian Thielemann
Elektra
Festspielhaus Baden-Baden
Jane Henschel
Linda Watson
Munchner Philharmoniker
Richard Strauss

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