Blu-ray Jaquette de : L'Elixir d'amour (Baden-Baden - 2012)

Distribution

Interprètes
  • Miah Persson
    Adina
  • Roando Villazon
    Nemorino
  • Roman Trekel
    Belcore
  • Ildebrando D'Arcangelo
    Dulcamara
  • Regula Mühlemann
    Giannetta
  • Balthasar-Neumann-Chor
Mise en scène
Rolando Villazon
Chorégraphie
Nola Rae
Orchestre
Balthasar-Neumann-Ensemble
Chef d'orchestre
Pablo Heras-Casado
Réalisation
Nele Münchmeyer
Origine
Festspielhaus Baden-Baden
Année
2012

Informations techniques

Durée
135'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Deutsche Grammophon
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
07/10/2014

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

L'Elixir d'amour (Baden-Baden - 2012) Blu-ray

L'Elisir d'amore

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Gaetano Donizetti

Opéra


Le melodramma giocoso en deux actes de Donizetti L'Élixir d'amour est une des rares œuvres de son auteur passées à la postérité au regard de la quantité impressionnante d'opéras qu'il composa. Cette popularité peut d'ailleurs expliquer la relative concurrence à laquelle se livrent les maisons d'opéras quant aux mises en scène et aux distributions pour séduire le public. En 2014, le Festspielhaus Baden-Baden convoquait le Balthasar-Neumann-Ensemble placé sous la direction de Pablo Heras-Casado et un casting de prestige mené par Miah Persson dans le rôle d'Adina et Rolando Villazon dans celui de Nemorino. Le ténor assurait également la mise en scène. Cette captation est disponible en Blu-ray et DVD chez Deutsche Grammophon.

Roman Trekel (Belcore), Miah Persson (Adina), Regula Mühlemann (Giannetta) et Ildebrando d'Arcangelo (Dulcamara).  © Andrea Kremper

 

Ildebrando d'Arcangelo et Rolando Villazon.  © Andrea KremperFait plutôt rare dans le monde de l'opéra : un des chanteurs principaux de cet Élixir d'amour est ici son propre metteur en scène. Cette double casquette suppose la capacité à assumer à la fois la prestation sur scène aussi bien que tout le travail de création et de coordination en amont. De son propre aveu, Rollando Villazon, puisque c'est de lui qu'il s'agit, reconnaît qu'une telle entreprise n'est réalisable qu'avec un rôle parfaitement assimilé, ce qui est le cas du ténor mexicain qui a chanté Nemorino des centaines de fois. Cependant, il ne choisit pas la facilité car, non content de transposer l'action au Far West, Rolando Villazon superpose au sujet principal le tournage d'un western de série B dans les années 1940. Cette optique s'apparente dès lors à une mise en abîme vertigineuse où deux réalités se juxtaposent. À certains moments, les récitatifs et le chant deviennent les dialogues échangés dans le cadre du studio hollywoodien, et l'on passe ainsi constamment du film en lui-même à la vie réelle de manière très fluide. La virtuosité indéniable du procédé ravira autant les chanteurs-acteurs que le public, enthousiasmés de se voir dépayser sans rencontrer de difficultés de compréhension. Et c'est en cela que nous ne pouvons qu'applaudir à ce trait de génie. On savait Rolando Villazon très impliqué dans ses rôles. On ne lui connaissait pas ce talent…

Et ce n'est pas tout car sa mise en scène multiplie également les références visuelles aux films et à la bande dessinée. On se plaît ainsi à identifier au fil des scènes, la cabane en bois de Chaplin, une scène comique directement empruntée à Buster Keaton, ou encore un gorille vu dans La Panthère Rose. Tous les clichés issus de l'univers de Lucky Luke, bien que celui-ci ne figure pas sur scène, sont convoqués : Ma Dalton et ses quatre fils, le croque-mort et le vautour, l'Indien taciturne, le Chinois, ainsi que le charlatan (Dulcamara) et le gradé vantard (Belcore). Tout ce petit monde, parfaitement costumé, donne à voir un spectacle d'une clarté permanente. La toute fin de la représentation réservera en outre une surprise visuelle aux spectateurs, sans doute minorée en vidéo, mais que nous préférons ne pas dévoiler…

 

Roman Trekel (Belcore), Rolando Villazon (Nemorino) et Regula Mühlemann (Giannetta).  © Andrea Kremper

 

Mais voyons comment s'expriment les interprètes dans cet improbable univers à deux faces ?
Le baryton Ildebrando D'Arcangelo joue à la fois le rôle du réalisateur du film et celui du chef indien, une dualité qui s'inscrit parfaitement dans cette mise en scène à double niveau. Parfaitement à l'aise, il se montre à la fois drôle et bien en voix.
Roman Trekel, en star gradée de l'armée américaine, ternit à peine sa prestation du fait d'une prononciation mâchouillée et d'une tenue de son un peu faible. Dommage, car cette incarnation essentielle ne peut être rattrapée par des mimiques un peu grossies.
Miah Persson, autre star du film, donne de la profondeur à un chant un peu moins léger qu'attendu. Elle se montre cependant une partenaire intéressante pour Rolando Villazon qui, il le dit lui-même, ne joue pas le Nemorino benêt habituel, mais un Pierrot bien plus touchant que ridicule. Tout repose sur ses épaules, pour le coup très larges et, de fait, la célèbre aria "Una furtiva lagrima", à la fin de l'Acte II, ne s'étale pas dans la complaisance larmoyante mais atteint une simplicité et un naturel bienvenus.
Le personnage de Gianetta est attribué à la parfaite Regula Mühlemann. Ce rôle très court dans l'opéra gagne lui aussi en importance car il se double de celui de l'assistante qui gère tous les problèmes du tournage. Un rôle muet, bien entendu dans lequel la jeune soprano s'investit pleinement.

 

Regula Mühlemann (Giannetta), Ildebrando d'Arcangelo (Dulcamara) et Miah Persson (Adina) dans <i>L'Élixir d'amour</i>.  © Andrea Kremper

 

Nola Rae, mime réputée, a été conviée par Rolando Villazon pour apprendre à ses chanteurs les gestes propres aux productions de films du passé. La beauté des décors et des costumes s'allie à celle du chant, tandis que le jeune et dynamique chef Pablo Heras-Casado use avec mesure des instruments anciens du Balthasar-Neumann-Ensemble avec même, par moments, des récitatifs au pianoforte "améliorés" en fonction du contexte.

 

Miah Persson (Adina) et Rolando Villazon (Nemorino) dans <i>L'Élixir d'amour</i> à Baden-Baden en 2012.  © Andrea Kremper

 

Au regard de la standing ovation qui suit le baisser de rideau, il paraît évident que le public d'opéra attend aujourd'hui autre chose que le dépouillement moderniste intellectuellement affligeant qu'on lui impose trop souvent dans des productions qui n'ont strictement rien à dire. Ces autoproclamées "mises en scène" avec deux chaises et une table, quand ce n'est pas un plateau totalement nu, présentant des chanteurs laissés à eux-mêmes et habillés n'importe comment, enterrent bien plus qu'elles ne rénovent notre vision de l'Art lyrique. Cet Élixir d'amour, par bonheur, prend le contre-pied de la morosité ambiante et constitue la meilleure preuve que, lorsqu'on se donne les moyens de véritablement servir l'opéra, le résultat est là et nous enchante.


Lire le test du DVD L’Élixir d’amour à Baden-Baden en 2012

Retrouvez la biographie de Gaetano Donizetti sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du Blu-ray

En anglais (majoritairement) stéréo PCM, avec sous-titrage français, allemand, chinois et coréen :
Rolando Villazon’s "L’elisir d’amore" in the Wild West propose un retour classique mais intéressant sur la production, le travail nécessaire en amont, ainsi que le témoignage essentiel de son auteur autour duquel tout est agencé. (28’35)

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Ce master HD délivre une très belle colorimétrie, fine et réaliste, à même de servir au mieux le soin apporté à la production. Les contours sont bien dessinés, les contrastes assez probants et, contrairement au DVD de ce programme, une bonne précision est de mise sur tous les plans. Les détails apportés aux costumes peuvent ainsi être autant appréciés que les plans généraux si utiles à la compréhension de la scénographie.

Son

Le mixage stéréo propose une image sonore agréable mais assez concentrée. Orchestre et voix trouvent leur place avec naturel et les timbres s’expriment dans une dynamique satisfaisante. La restitution ne manque aucunement de basses et, même, bénéficie d’une certaine assise.
La piste multicanale apporte davantage de vie à la scène avant et permet aux voix de bénéficier d’une projection plus crédible. L’orchestre, quant à lui, s’épanouit latéralement et gagne en présence. On regrettera simplement que le caisson de basses n’ait pas été retenu dans ce mixage car il le prive de basses plus riches et, en définitive, d'une présence générale plus flagrante.

Note technique : 9/10

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Mots-clés

Balthasar-Neumann-Ensemble
Festspielhaus Baden-Baden
Gaetano Donizetti
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L'Élixir d'amour
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Regula Mühlemann
Rolando Villazon
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