DVD Jaquette de : Doctor Atomic

Distribution

Interprètes
  • Gerald Finley
    J. Robert Oppenheimer
  • Sasha Cooke
    Kitty Oppenheimer
  • Richard Paul Fink
    Edward Tellier
  • Thomas Glenn
    Robert Wilson
  • Eric Owens
    Leslie Groves
  • Earle Patriarco
    Frank Hubbard
  • Roger Honeywell
    Captain James Nolan
  • Meredith Arwady
    Pasqualita
  • The Metropolitan Opera Chorus
  • The Metropolitan Opera Ballet
Mise en scène
Penny Woolcock
Chorégraphie
Andrew Dawson
Orchestre
The Metropolitan Opera Orchestra
Chef d'orchestre
Alan Gilbert
Réalisation
Gary Halvorson
Origine
The Metropolitan Opera
Année
2008

Informations techniques

Durée
167'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Sony Classical
Distributeur
Sony-BMG
Date de sortie
17/01/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS Plein débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français

Doctor Atomic DVD

Note générale : 9/10

John Adams

Opéra


L'opéra contemporain a de l'avenir. Pour s'en convaincre il suffit d'écouter et de voir ce Doctor Atomic de John Adams donné en novembre 2008 au Metropolitan Opera de New York. Certains ont découvert cette production dans les salles de cinéma lors d'une retranmission "Live in HD" mais, grâce au DVD, chacun peut aujourd'hui apprécier à sa juste valeur la production de Penny Woolcock.

 

Gerald Finley tient le difficile rôle de J. Robert Oppenheimer.  Photo © 2008 Ken Howard/Metropolitan Opera

 

De par la gravité du sujet, à la fois historique – l'élaboration finale de la bombe atomique et le premier essai au Nouveau-Mexique - et humain - les interrogations, les doutes, l'angoisse et les problèmes de conscience -, les couleurs générales de la production ne peuvent être que moroses. En effet, baignant dans une atmosphère lourde, nocturne, de plus en plus lugubre au fur et à mesure que l'échéance de la mise à feu approche, la mise en scène propose une variation de couleurs plutôt sombres, allant du brun terne des uniformes militaires au bleu foncé du costume d'Oppenheimer. Seule la robe fuchsia de Kitty, sa femme, et les blouses ou bras de chemises des scientifiques viennent tempérer cette grisaille.

Scène de Doctor Atomic.  Photo © 2008 Ken Howard/Metropolitan OperaLes éléments naturels sont au cœur de la scénographie et défient le bon déroulement du processus scientifique de mise à feu : vent, éclairs blanchâtres et surtout pluie et nuages menaçants apparaissent en projection vidéo sur deux grands panneaux formés de rectangles-cubes empilés et fermés sur trois côtés. À l'intérieur s'agite le personnel militaire ou scientifique tournant autour du projet. Ces panneaux mobiles animent un décor plutôt dépouillé qui va à l'essentiel : un bureau pour Oppenheimer ; une chambre de sa maison. Une énorme boule atomique bardée de fils est suspendue, menaçante. La terre est symbolisée par les montagnes du désert du Nouveau-Mexique à l'aide de draps blancs suspendus. La lumière arrive par le biais des éclairs du ciel mais aussi par l'explosion atomique finale.

Vous l'aurez compris, la réussite visuelle de cette production du Met est en parfaite osmose avec la gravité du sujet, mais elle est aussi en total accord avec la qualité de la distribution vocale et orchestrale.

Le livret concocté par Peter Sellars - qui avait réalisé également la précédente et contestée mise en scène de l'œuvre à l'Opéra de San Francisco en 2005 - est une compilation judicieuse d'écrits originaux, de témoignages ou de poèmes qui ne nécessitent pas nécessairement un enjolivement musical. L'orchestre de John Adams, très proche de l'action, va dans le sens d'un véritable commentaire musical de tous les instants, d'une richesse et d'une finesse qui semblent inépuisables. Musique continue très variée, en évolution permanente et aux répétitions absentes sauf lorsque totalement justifiées comme dans le formidable crescendo final, la partition joue avec les timbres et les rythmes. L'écriture les mélange avec la plus grande fantaisie et une véritable efficacité dans un chatoiement harmonique très subtil. Les quatre interludes en expriment bien la richesse.
Le chef d'orchestre américain Alan Gilbert est entièrement impliqué dans ce qu'il dirige, d'une grande précision et d'un soutien sans faille pour cette musique difficile à mettre en place. La piste sonore 5.1 DTS plein débit proposée sur ce DVD est du reste le meilleur choix pour apprécier ce travail.

Sasha Cooke et Gerald Finley (Kitty et J. Robert Oppenheimer).  Photo © 2008 Ken Howard/Metropolitan OperaLa distribution des rôles favorise nettement les voix graves masculines et féminines qui s'accordent parfaitement à la noirceur du sujet. L'écriture mélodique mi-parlée mi-chantée est à mettre en regard de la richesse du débit vocal. Le mariage des timbres fonctionne à merveille et culmine dans le duo d'amour entre un Oppenheimer baryton et sa femme mezzo-soprano, un des sommets de la partition, d'une sensualité musicale très maîtrisée. Gerald Finley est littéralement habité par le rôle du physicien, et son monologue au final de l'Acte I (No. 21 Batter my heart, three-person'd God) est tout aussi convaincant que celui de son épouse qui lui succède au début de l'Acte II (Nos. 2 et 3 Wary of time… Shining, shining…). Sasha Cooke gère avec facilité notes hautes et basses sans vibrato.
Cependant, tous les chanteurs mériteraient d'être cités, car tous possèdent ces mêmes qualités qui les rassemblent : la maîtrise absolue de leurs possibilités et une parfaite diction. Les rôles sont distribués avec justesse : l'autorité est incarnée par Eric Owen (le général), la bonne conscience par Thomas Glenn (le jeune scientifique à lunettes), les doutes à la fois par Sasha Cooke et Richard Paul Fink (Edward Teller, le collègue d'Oppenheimer), et la conscience tutélaire par Meredith Arwady (Pasqualita, la jeune domestique indienne). Dotée d'un registre de contralto, cette dernière montre du reste une présence physique et vocale tout à fait exceptionnelles, atteignant des graves rarement entendues chez une chanteuse.

La chorégraphie d'Andrew Dawson est l'autre réussite de ce spectacle. Tout y est vivant, au service de l'agitation, de l'angoisse et de la fièvre qui préludent aux essais. Les nombreux gros plans sur les visages expressifs ou neutres des protagonistes explicitent bien l'attente éprouvante du compte à rebours.
Les mouvements de caméras, sans doute un peu répétitifs, multiplient travellings et contre-plongées, mais on sent dans les cadrages le parti pris de la cinéaste et productrice Penny Woolcock. Le jeu des chanteurs se met au service de toute cette dynamique, tandis que les chœurs se meuvent de façon très naturelle.

 

Scène de Doctor Atomic, décor de Julian Crouch.  Photo © 2008 Ken Howard/Metropolitan Opera

 

Sur un sujet grave et original, le compositeur a bâti une œuvre forte à la portée universelle. La production du Metropolitan Opera, ultra-réaliste, ancre le propos dans un quotidien tendu en évitant tout temps mort. Chaleureusement applaudie, cette œuvre appelle toutefois plusieurs visionnages pour en savourer toutes les richesses.

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

En anglais, sans aucun sous-titre, sur le DVD 2 :


- La featurette J. Robert Oppenheimer : In the Shadow of the Bomb revient rapidement sur le contexte historique et scientifique de la création de la bombe atomique. (5')
- La mezzo-soprano Susan Graham, après avoir présenté les 2 Actes de l'opéra, se livre au jeu des interviews. Gerald Finley explique son approche d'un rôle conflictuel et sa façon de le défendre, tandis que le compositeur John Adams s'exprime sur ses choix controversés de livrets d'opéras et les diverses influences culturelles à l'origine de Doctor Atomic. (8')

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Le master vidéo d'origine HD délivre une précision de très bon niveau et une colorimétrie fort riche à même de rendre justice aux fascinants éclairages de Brian MacDevitt. Des ocres chauds au bleu glacial en passant par le rose vif du costume porté par Sasha Cooke, la palette est remarquable. Les contrastes sont par ailleurs assez prononcés. On regrettera seulement l'absence d’un Blu-ray de ce programme car le support aurait préservé la qualité "Live in HD" que les spectateurs ont pu apprécier dans les salles de cinéma. Mais, en l'état, on applaudira la qualité lumineuse de ces belles images.

Son

La stéréo précise fait preuve de profondeur mais a tendance à diffuser des aigus un peu trop agressifs. Les chœurs sont assez bien rendus et les voix solistes s'expriment avec une belle intelligibilité. Toutefois, l'articulation des chanteurs peut parfois prendre le pas sur l'orchestre.
Le mixage 5.1 se montre bien supérieur quant à l'équilibre plateau/fosse. Mais, plus que tout, il apporte une dimension spectaculaire et pesante de premier ordre qui sied parfaitement aux contrastes de la partition. Le relief est de plus bien supérieur. Le caisson de graves trouve en outre pleinement sa place au sein d'un ensemble à l'origine d'une tension musicale surprenante.

Note technique : 9/10

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