DVD Jaquette de :  Didon et Énée (Opéra de Rouen - 2014)

Distribution

Interprètes
  • Vivica Genaux
    Didon
  • Henk Neven
    Énée
  • Ana Quintans
    Belinda
  • Marc Mauillon
    Magicienns, marin
  • Caroline Meng
    Première sorcière
  • Lucile Richardot
    Deuxième sorcière
  • Nicholas Tamagna
    Esprit
  • Jenny Daviet
    Dame d'honneur
  • Sarasa Matsumoto
    Danseuse
  • Sayaka Kasuya
    Danseuse
  • Ahmed Saïd
    Acrobate
  • Edwin Condette
    Acrobate
  • Tarzana Fourès
    Acrobate
  • Anne-Claire Gonnard
    Acrobate
  • Elodie Chan
    Acrobate
  • Antoine Helou
    Acrobate
  • Chœur Accentus
Mise en scène
Cécile Roussat, Julien Lubek
Chorégraphie
Cécile Roussat, Julien Lubek
Orchestre
Le Poème Harmonique
Chef d'orchestre
Vincent Dumestre
Réalisation
Stéphane Vérité
Origine
Opéra de Rouen
Année
2014

Informations techniques

Durée
100'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Alpha Classics
Distributeur
Outhere
Date de sortie
24/02/2015

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DD
Stéréo DD
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français
•  Japonais

Didon et Énée (Opéra de Rouen - 2014) DVD

Dido & Æneneas

Note générale : 8/10

Henry Purcell

Opéra


Alpha Classics publie par le biais d'un très élégant DVD la version de Didon et Énée présentée en mai 2014 à l'Opéra de Rouen. À la tête de son Poème Harmonique, Vincent Dumestre nous propose une relecture allongée du plus célèbre des courts opéras baroques. Cécile Roussat et Julien Lubeck mettent en scène, tandis qu'Anna Quintans et Marc Mauillon entourent la Didon de Vivica Genaux…

 

Vivica Genaux interprète Didon dans la mise en scène de Cécile Roussat et Julien Lubek.  © Frédéric Carnuccini

 

La genèse de Didon et Énée se conjugue au mode conditionnel : l'assertion communément admise selon laquelle Henry Purcell et son librettiste Nahum Tate auraient écrit leur merveilleux opéra pour le Pensionnat de Jeunes filles Josias Priest en 1689 se voit quelque peu ébranlée par celle qui nous apprend que la brève partition aurait été donnée au Whitehall de Charles II ou bien dans les appartements de Windsor en 1684, à moins que ce ne fût en 1683... Didon et Énée mentionne des danses dont les partitions auraient été perdues, et le livret fait miroiter le texte d'un Prologue dont la musique ne nous serait pas parvenue. Pourtant les Éditions Novello en impriment en 1974 une version qui, mis à part dans la production de 90 minutes de l'Opéra-Théâtre de Besançon en 1996, n'est jamais donnée à la scène. Ce Prologue d'une petite demi-heure pourrait pourtant constituer la référence d'un idéal complément de programme pour une œuvre dont la brièveté (50') peine toujours à remplir une soirée.

<i>Didon & Énée</i> mis en scène de Cécile Roussat et Julien Lubek à l'Opéra de Rouen en 2014.  © Frédéric CarnucciniMonter Didon et Énée mène donc le plus souvent à un questionnement autour d'un complément de programme. Il fut judicieusement couplé en concert en 2012 par Jean-Claude Malgoire avec Vénus et Adonis, de John Blow, autre opéra bref créé quelque temps auparavant et dans des conditions probablement similaires… Deborah Warner avait opté en 2008 à Paris pour un Prologue où des poèmes étaient subtilement déclamés par une comédienne, mais on était loin du compte. En revanche, le magnifique enregistrement de Christopher Hogwood paru en 1994, incluant les danses mentionnées, gonflait judicieusement le chef-d'œuvre. Ceci étant, une seule chose est sûre : la géniale miniature de Purcell, qui réussit à balayer en moins d'une heure des affects que Berlioz développa 4 heures durant dans ses Troyens, nous est parvenue dans une forme inachevée. C'est donc une voie royale qui s'ouvre devant les metteurs en scène et, plus encore, pour les chefs d'orchestre.

Ainsi la production de l'Opéra de Rouen, par ailleurs source de moult délices, met d'abord en vedette le travail extraordinaire de Vincent Dumestre qui, dès les premiers accords, offre à la partition une concentration musicale du plus haut niveau, et des lenteurs de cérémonial. Il fait cadeau aux amoureux de l'œuvre d'un allongement de la partition qui la fait avoisiner les 75 minutes. La section marquée Adagio de l'Ouverture et le chœur final sont bissés. Les danses, nombreuses, sont puisées dans la collection d'Ayres composés pour le Théâtre par Purcell, ainsi que dans Doclesian voire, plus contestable, chez Matthew Locke, accentuant l'ascendance baroque de la partition, et la font respirer comme jamais. Le prégnant ground purcellien - cette basse obstinée qui continue de faire les beaux jours de la musique populaire -, est mis en évidence dès le premier air de Didon et revient hanter toutes les parties : ainsi "Off she visits" et sa lancinante introduction qu'on aimerait ne jamais voir finir, ou encore la danse menée par la magicienne entre les Actes II et III. Luth, virginal, théorbe, guitare et harpe sont les vedettes d'un instrumentarium éblouissant, faisant très certainement de cette version la plus belle à ce jour, toutes interprétations confondues.

 

<i>Didon & Énée</i> à l'Opéra de Rouen en mai 2014.  © Frédéric Carnuccini

 

L'émerveillement nous gagne plus d'une fois face à l'univers créé par les metteurs en scène Cécile Roussat et Julien Lubek, dont c'est, après La Flûte enchantée, la seconde mise en scène. La belle idée, c'est d'avoir rendu Didon et Énée à la mer. "Didon on the beach". On est tout à la fois sur la plage de Carthage, mais aussi sous les flots, où grouille le sombre empire de la Magicienne, vue comme une monstrueuse créature tentaculaire. D'immenses toiles bleutées sont agitées avec une agilité de Zéphyr sous un superbe ciel de nuages lourds de menace. Le bleu de la mer pour les bleus de l'âme. Spectacle marin mais également aérien. Une foultitude de danseurs et d'acrobates envahit les éléments : ainsi l'Amour virevolte longuement (trop parfois) dans les airs.

Marc Mauillon interprète le rôle de la Magicienne dans <i>Didon & Énée</i> de Purcell à l'Opéra de Rouen.  © Frédéric CarnucciniPourtant, de lourds costumes faits de matière trop brute ainsi qu'un cadre rocheux carton-pâte font se contredire la poésie infinie de l'ensemble avec une certaine naïveté.
Or le filmage prosaïque de Stéphane Vérité, en ne maintenant que très rarement la bonne distance, n'arrange rien à l'affaire : cadrages de biais trop fréquents, gros plans envahissants et pas toujours flatteurs, cadre de scène charcuté. Nul doute que le spectacle vu dans la salle devait être plus magique que la fragilité véhiculée par la vidéo.
Les pires tics du filmage d'un opéra sont à l'œuvre et atteignent le summum de l'invraisemblance pour la scène finale. Les metteurs en scène, creusant leur magnifique idée marine, ont l'idée de faire disparaître Didon dans les plis d'une immense robe qui se déploient peu à peu. Le réalisateur de la captation, quant à lui, a décidé que les malheureux mélomanes qui n'ont pu se rendre à Rouen ne verraient pas cet effet sublime loué par toute la presse. Idem pour le magnifique plan final, qu'il nous faut deviner, celui d'une mer infinie ondulant sous les étoiles. Stéphane Vérité ne nous en montre que l'ultime seconde, privilégiant les visages des choristes, comme si le spectacle était fini ! On sent ressurgir l'ire nous avait saisi lorsqu'Andy Sommer nous avait pareillement puni en nous privant de l'élévation du phare émergeant de la noirceur des flots imaginée par Olivier Py à l'Acte III de son historique Tristan et Isolde.

Au rayon des autres réserves, la plus sérieuse concerne celle pour qui certains feront l'achat de ce nouveau Didon et Énée: Vivica Genaux, voix tour à tour pointue dès le médium ou poitrinant dans les graves dès l'inquiétant "Ah! Belinda, I'm Pressed with torments". Capable, pour d'autres rôles beaucoup plus exigeants, de performances sidérantes, la cantatrice américaine est loin de posséder le naturel de la ligne de chant ainsi que la simplicité de la Didon idéale. De surcroît et malgré des efforts manifestes, actrice affectée pas du tout appariée à la geste mystique de Vincent Dumestre, elle frôle l'erreur de distribution.
En revanche, le naturel scénique et la grâce chantante d'Anna Quintans en font une Belinda idéale. On peut en dire tout autant de la seconde Woman de Jenny Daviet. Caroline Meng et Lucile Richardot sont des sorcières plutôt corsées pour des rôles où l'on peut se régaler de bien des outrances. L'Énée de Henk Neven est correct mais c'est peut-être lui qui fait le plus les frais du manque de classe costumière… Celui qui imprime rétine et oreille, c'est Marc Mauillon dont l'impayable Magicienne est une création des plus originales, à même de mettre en lumière, avec ou sans tentacules, les talents de comédien de ce chanteur des plus attachants. Son baryton clair le fait s'acquitter, en toute logique avec la conception de la production, du rôle du Marin. La transition entre Acte II et III où le Purcell de Dumestre invite le fantôme de Michael Jackson, peut se regarder en boucle. Le Chœur Accentus, que les metteurs en scène ont relégué en fosse, a des accents d'officiants, au diapason du rituel ému de Vincent Dumestre.

 

Vivica Genaux dans <i>Didon & Énée</i> de Purcell sur la scène de l'Opéra de Rouen en mai 2014.  © Frédéric Carnuccini

 

Toutes réserves formulées, on peut néanmoins affirmer sans hésitation que les qualités de ce spectacle original et gracieux l'emportent sur ses défauts et conseiller ce DVD extrêmement attachant. Purcell en sort très poétiquement magnifié. Un vrai spectacle populaire que l'on peut même visionner avec les enfants.

À noter : Ce programme n'est pas disponible en Blu-ray.


Retrouvez la biographie de Henry Purcell sur le site de notre partenaire Symphozik.info

 

Jean-Luc Clairet

Suppléments du DVD

Aucun.

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

C’est à une véritable fête des images que nous convie ce master d’excellente facture. Les bleus s’affichent de façon magique et la beauté des éclairages de Marco Gingold créés pour la scène est ici fort bien véhiculée. Les contrastes varient selon les scènes mais sont globalement probants et, si la définition se dilue nécessairement sur les plans larges, les gros plans offrent de bien beaux détails. On regrettera que ce spectacle ne fasse pas l’objet d’une édition Blu-ray à la hauteur de la réussite visuelle de cette production.

Son

La piste stéréo fait preuve d’une indéniable présence. Les voix sont exposées avec puissance et l’accompagnement orchestral s’exprime dans un parfait équilibre. La restitution est riche en basses et l’ensemble s’écoute avec plaisir, même si le Dolby Digital accentue une projection aux harmoniques un peu trop écrasées.
Le mixage accentue la dimension spectaculaire de l’œuvre en ouvrant la scène avant et en lui apportant une belle profondeur. Le caisson de graves soutient un ensemble à la puissante dynamique, et les enceintes arrière plongent le spectateur dans une ambiance musicale des plus convaincantes. Là encore, l’encodage Dolby Digital favorise la présence au détriment de la richesse des timbres. Mais il faut reconnaître l’efficacité de cette restitution.

Note technique : 10/10

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Mots-clés

Anna Quintans
Cécile Roussat
Henry Purcell
Julien Lubek
Le Poème Harmonique
Marc Mauillon
Vinvent Dumestre
Vivica Genaux

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