DVD Jaquette de : Lakmé (Emma Matthews - Sydney 2011)

Distribution

Interprètes
  • Emma Matthews
    Lakmé
  • Aldo Di Toro
    Gerald
  • Stephen Bennett
    Nilakantha
  • Dominica Matthews
    Malika
  • Edmond Choo
    Hadji
  • Roxane Hislop
    Mistress Bentson
  • Jane Parkin
    Ellen
  • Angela Brun
    Rose
  • Luke Gabbedy
    Frederic
  • Benjamin Rasheed
    Fortune Teller
  • Nara Lee
    Chinese Merchant
  • Adrian Tamburini
    Pickpocket
  • Australian Opera Ballet
Mise en scène
Roger Hodgman
Orchestre
Australian Opera Orchestra
Chef d'orchestre
Emmanuel Joel-Hornak
Réalisation
Cameron Kirkpatrick
Origine
Sydney Opera House
Année
2011

Informations techniques

Durée
137'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Opera Australia
Distributeur
Abeille Musique
Date de sortie
26/04/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Espagnol
•  Français pour malentendants
•  Italien

Lakmé (Emma Matthews - Sydney 2011) DVD

Tutti ovation

Note générale : 10/10

Léo Delibes

Opéra


Lakmé est un opéra rare au catalogue. L'Opéra de Sydney nous propose sa production haute en couleur de Roger Hodgman enregistrée en septembre 2011 et popularisée grâce à sa diffusion dans les salles de cinéma, comme maintenant la plupart des maisons d'opéras d'importance. L'excellente Emma Matthews tient le rôle de Lakmé sous la direction d'Emmanuel Joel-Hornak. Un spectacle superbe disponible en Blu-ray et DVD sous le label Opera Australia.

 

Emma Matthews dans <i>Lakmé</i> en septembre 2011.  © Branco GaicaDès le Prélude, la direction d'Emmanuel Joel-Hornak obtient une dimension dramatique et théâtrale de l'orchestre. Les timbres émanant de la fosse sont superbes et préparent avec efficacité l'ouverture du rideau. Les cordes expriment une belle plénitude qu'il n'est pas si fréquent de trouver dans un théâtre.

L'Acte I de Lakmé débute sur l'arrivée des fidèles au lever du jour aux abords du temple caché dans la forêt. Les décors et costumes de Mark Thompson nous plongent dans l'Inde traditionnelle avec ses saris colorés et brodés de paillettes et ses turbans. Nous sommes les spectateurs d'une production on ne peut plus traditionnelle et qui vise avant tout le respect du livret et de l'imagerie qui a inspiré le compositeur. Le metteur en scène Roger Hodgman, qui expose son point de vue dans les bonus, remonte ici la création originale d'Adam Cook. On ne songera pas le moins du monde à s'en plaindre tant l'esthétique est de prime abord plaisante et superbement véhiculée par une captation totalement maîtrisée.

Stephen Bennett interprète le rôle de Nilakantha, le prêtre de la secte interdite qui élève secrètement sa fille Lakmé comme une prêtresse. La présence de la basse épouse avec crédibilité ce rôle de meneur. La voix est bien timbrée, la prononciation du français parfaite, mais on entend très vite la limite des possibilités du chanteur dans des aigus peu musicaux.

 

Emma Matthews (Lakmé) et Stephen Bennett (Nilakantha) à l'Acte I de <i>Lakmé</i>.

 

Les incantations vocalisantes d'Emma Matthews depuis les coulisses annoncent rapidement une Lakmé qui sera dotée d'une voix parfaite au regard des exigences du rôle. Aucune acidité dans les aigus mais un son plein et une justesse parfaite. Nous avions beaucoup apprécié la soprano dans une mémorable Traviata captée sur le port de Sydney et également éditée en Blu-ray et DVD par Opera Australia. C'est un réel plaisir de la retrouver dans cette Lakmé, dotée d'un timbre que l'on croirait métamorphosé pour le rôle. Vêtue d'un sari rouge, son entrée fascine par sa simplicité autant que par de superbes vocalises d'une musicalité exquise. Quelques mesures plus loin, le médium de la soprano apparaît riche et parfaitement timbré, à même de véhiculer autant d'émotion que de souplesse et de présence vocale. Loin des sopranos légères à la voix assez acide, Emma Matthews possède un timbre splendide sur une très large étendue et elle sait habilement jouer la comédie pour nourrir un rôle. Preuve en est l'attitude soumise exprimée par rapport à son père et, plus tard, la femme amoureuse de l'officier anglais. La sincérité de l'approche de sa Lakmé est à n'en pas douter le secret de la réussite de cette incarnation. Loin d’être embarrassée par son sari, la chanteuse l’utilise comme un accessoire et parvient à jouer ce rôle avec une aisance absolue.

 

Emma Matthews (Lakmé) et Dominica Matthews (Malika) à l'Acte I de <i>Lakmé</i>.

 

La mezzo-soprano Dominica Matthews (sans lien de parenté avec la soprano) possède un timbre qui se marie parfaitement à celui de Lakmé. Et dans le célèbre duo de l'Acte I, cette Mallika fait merveille. Le timbre de la chanteuse n'est pas spécialement sombre mais il convient bien à l'opéra de Delibes, exprimant bien la jeunesse de la servante de Lakmé. Et quelle image ravissante que celle montrant les jeunes femmes dériver sur une barque dans le fond de scène. Certes, cela n'a rien de novateur mais c'est si joliment fait !

 

Scène de l'Acte I de <i>Lakmé</i> à l'Opéra de Sydney. De gauche à droite : Jane Parkin (Ellen), Roxane Hislop (Mistress Bentson), Aldo Di Toro (Gerald), Luke Gabbedy (Frederic) et Angela Brun (Rose).

 

Jane Parkin (Ellen), Aldo Di Toro (Gerald) et Roxane Hislop (Mistress Bentson).L'intrusion de la bourgeoisie anglaise dans ce décor caché est parfaitement mise en place. Les somptueux costumes à la mode du XIXe siècle s'accordent parfaitement avec les couleurs du décor et les chanteurs se prêtent à animer un tableau vivant. Ellen (Jane Parkin) et Rose (Angela Brun), les filles du gouverneur, sont chaperonnées par la délicieuse et très décalée Mistress Bentson fort bien jouée par Roxane Hislop. Le ténor Aldo Di Toro campe un Gerald cinquantenaire promis à Ellen bien en voix, au côté de Luke Gabbedy (Frederic), doué d'un français plus moyen que ses collègues, qui transforme en point de vue plutôt mou son avis sur la gent féminine étrangère "Leur vertu bizarre manque d'apparat…" en raison d'une diction approximative. Quoi qu'il en soit le quintet de chanteurs démontre un mariage de timbres vocaux tout à fait réussi.


Aldo Di Toro interprète le rôle de Gerald.L'air "Fantaisie aux divins mensonges" expose le timbre léger et séduisant d'Aldo Di Toro. Grâce à un vibrato très contrôlé et une tenue de ligne mélodique et nuancée, le ténor épouse parfaitement les exigences de l'écriture souple de Delibes. Le timbre est jeune et compense l'apparence du chanteur, plus marquée. On appréciera ici comme ailleurs le beau soutien de l'orchestre pour les chanteurs et les timbres luxueux émis par la fosse.
Avec les strophes "Les fleurs me paraissent plus belles", Emma Matthews démontre ensuite une intelligence parfaite de l'interprétation. La sincérité des mots se reflète dans son regard dense et il ne fait aucun doute que l'actrice parvient à investir totalement sa sensibilité dans chaque phrase dévolue à Lakmé. La rencontre de la prêtresse et de Gerald, pour classique qu'elle soit, permet aux voix d'aboutir à un duo parfait où les timbres se répondent et s'assemblent avec une musicalité qui semble couler avec autant de bonheur que le sens mélodique est présent dans ces pages.

 

Acte II de <i>Lakmé</i> mis en scène par Roger Hodgman à l'Opéra de Sydney.

 

Roxane Hislop (Mistress Bentson) et Benjamin Rasheed (un devin).Après un court Entracte dirigé avec une rigueur rythmique de circonstance, mais aussi une entrée des cordes au moelleux superbe, l’Acte II s’ouvre sur un marché indien multicolore reconstitué selon la vision d'un XIXe siècle épris d'exotisme mais, tout compte fait, peu éloigné de la réalité. Là encore la fête visuelle s’impose pour accompagner l’effervescence bien menée sur le plateau et une Mistress Bentson aux prises avec divers marchands et un diseur de bonne aventure. Si le français est un peu malmené ici l’aspect vivant mis en place compense largement ces quelques écarts. Un "Avant que minuit sonne" choral est galvanisé par l'énergie que lui insuffle la direction d'Emmanuel Joel-Hornak et la précision installée par les timbales. Lorsque les protagonistes se retrouvent avant l'intervention célèbre de Lakmé, la progression théâtrale est parfaitement dosée, soutenue à l'orchestre par l'utilisation du thème de l'Acte I, à la manière d'un leitmotiv.
Le personnage d'Ellen est un peu mieux dessiné à ce stade et Jane Parkin joue parfaitement le rôle de la fiancée bourgeoise sans en rajouter. La voix est un peu "dans le masque" mais la signature vocale permet une identification rapide du spectateur. Quant à Angela Brun, elle apporte au personnage de Rose une fraîcheur agréable et une voix qui ne l'est pas moins.

 

Emma Matthews dans "l'air des clochettes" de <i>Lakmé</i>, sur la scène de l'Opéra de Sydney.

 

Emma Matthews (Lakmé) et Aldo Di Toro (Gerald) dans <i>Lakmé</i>.  © Branco GaicaLa tension renaît avec l'arrivée de Nilakantha et de Lakmé, déguisée en chanteuse des rues, stratagème mis en place par le prêtre pour retrouver l'Étranger qui a bafoué sa fille. Stephen Bennett montre une vraie qualité de chant dans "Mais je veux retrouver ton sourire", lorsqu'il tente de redonner le sourire à sa fille mais, là encore, les aigus sont insuffisants. Emma Matthews transmet une intensité remarquable en réponse à l'air annonçant la mort de Gerald.
Les vocalises qui ouvrent la scène de La Légende de la fille du paria n'empêchent nullement l'expression de la douleur de Lakmé. Quelques petites imprécisions dans les colorature ne gâchent aucunement la beauté d'un son toujours rond et parfaitement dosé. "Où va la jeune Indoue" sera un véritable miracle de musicalité où chaque son est émis avec douceur et accompagné d'exquises harmoniques. Les yeux expressifs qui ne cessent d'amplifier le chant rendent la scène saisissante et on se prend à regretter qu'Emma Matthews ne connaisse pas une popularité mondiale comme elle le mériterait pourtant.
La tension qui préside à la poursuite de l'acte prend place et le jeu des chanteurs nous plonge dans le mélodrame avec un naturel aussi désarmant qu'efficace. Le personnage de Hadji joué par Edmond Choo, malgré un français quelque peu accentué représente le miroir idéal pour faire écho à la douleur de Lakmé provoquée par la colère de son père vengeur.
Les retrouvailles des amants donnent lieu à une belle complicité musicale liée à des sentiments parfaitement crédibles et accompagnés par de superbes sonorités de colorature de Lakmé. La tension reprendra sa place jusqu'à la parenthèse symbolisée par une procession de Durga très bollywoodienne, pour conclure sur la lame que Nilakantha enfonce dans le torse de Gerald.

 

Emma Matthews (Lakmé) et Aldo Di Toro (Gerald) dans <i>Lakmé</i> mis en scène par Roger Hodgman à Sydney.

 

L'Entracte qui précède l'Acte III est ingénieusement illustré par l'image de Lakmé soignant Gerald que le spectateur découvre à travers la transparence du tulle peint descendu en avant-scène. Quelques micro-cassures encombrent les premières phrases de Lakmé, sans doute en raison d'une position allongée trop longtemps conservée sans bouger. Ceci étant, on peut parfaitement croire en une petite faiblesse de la voix à ce stade de l'opéra, ce qui n'empêche pas Emma Matthews de projeter quelques instants après de magnifiques aigus. Quant à Aldo Di Toro il exprime avec "Ah ! Viens, dans la forêt profonde" une superbe ligne de chant et une fluidité permanente dans les transitions entre registres.
Le face à face qui oppose l'amour de Gerald à la voix de la raison exprimée par Frederic est mené d'une façon correcte mais le mauvais français de Luke Gabbedy handicape grandement cette scène pour nos oreilles francophones.
Le revirement de situation est superbement porté par le détachement jovial de Gerald tandis que la détermination de Lakmé continue de dévoiler le talent de tragédienne de la soprano. Lakmé s'empoisonne en absorbant une fleur datura et le chant d'Emma Matthews, malgré la fatigue qui point sans devenir gênante, est magnifique de douleur. Elle nous conduit ainsi jusqu'au dernier soupir du personnage sur lequel se ferme le rideau.

 

Emma Matthews applaudie dans le rôle de Lakmé en 2011.

 

Pour conclure, il ne faudrait pas surestimer les petits défauts de cette Lakmé car ils sont en vérité bien peu de choses comparé aux exemplaires qualités de cette production aussi chatoyante sur le plan visuel que globalement très bien servie sur le plan vocal. Au sommet de cette distribution de qualité, la soprano Emma Matthews incarne une Lakmé immense douée d'une voix idéale et d'un charisme rare. L'émotion musicale et théâtrale était au rendez-vous sur la scène de l'Opéra de Sydney en septembre 2011.



À noter : le menu d'accueil de ce DVD est joliment illustré de fleurs animées sur fond de dessin indien.

Lire le test du Blu-ray Lakmé avec Emma Matthews à l'Opéra de Sydney



Retrouvez la biographie de Léo delibes sur le site de notre partenaire Symphozik.info

Philippe Banel

Suppléments du DVD

Le metteur en scène Roger Hodgman.



En anglais stéréo DD, non sous-titré :


- Le réalisateur Roger Hodgman parle de son approche de Lakmé et des personnages du drame. Cette interview assez complète est enrichie de nombreux extraits de l'opéra. (6'40)

- Photos de la distribution.

 

 

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Ces images captées en Haute Définition délivrent de très belles qualités sur ce DVD sans parvenir toutefois au splendide rendu du Blu-ray de ce programme, en particulier sur les plans larges qui manquent de détails. Mais la richesse des couleurs des costumes et des décors, la brillance des étoffes, un bon niveau de contraste et des contours parfaitement dessinés restituent de façon magnifique les partis pris de la production. La définition est superbe sur les gros plans et les plan moyens pour un plaisir du visionnage constamment au rendez-vous !

Son

Le mixage stéréo, ouvert et particulièrement dynamique, bénéficie d'une excellent séparation. Les sonorités de l'orchestre sont riches et bien définies, et les voix s'inscrivent à l'avant avec une intelligibilité très correcte et des timbres relativement bien définis.
Avec la piste multicanale, les qualités de la stéréo sont amplifiées et un relief très convaincant prend place sur la scène avant. Les timbres de l'orchestre s'affichent avec plus de précision dans un ensemble plus profond et plus puissant, auquel le caisson de graves apporte une assise fondamentale. Les voix solistes paraissent bien mieux définies et les harmoniques semblent plus riches. Les enceintes surround apportent une aération sensible à l'ensemble et participent à une écoute précise, contrastée et parfaitement équilibrée. Un mixage qui s'impose malgré la vaillance de la stéréo.

Note technique : 9/10

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Dominica Matthews
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