DVD Jaquette de : Celibidache dirige Bruckner - Coffret 3 DVD + 2 CD

Distribution

Interprètes
Orchestre
Münchner Philharmoniker
Chef d'orchestre
Sergiu Celibidache

Informations techniques

Durée
343'
Nombre de disques
5
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
Sony Classical
Distributeur
Sony Classical
Date de sortie
24/09/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Aucun

Celibidache dirige Bruckner - Coffret 3 DVD + 2 CD DVD

Celibidache conducts Bruckner

Note générale : 10/10

Anton Bruckner

Concert


Commenter le travail de direction de Sergiu Celibidache à la tête d'un orchestre symphonique est un exercice des plus difficiles. Mais la réédition par Sony Classical des Symphonies de Bruckner dans un coffret incluant en DVD les opus 6, 7 et 8 et la Symphonie No. 4 sur 2 CD, nous donne l'occasion d'effectuer une synthèse de cet art si personnel développé par le chef roumain, essentiellement à la fin de sa carrière. Sergiu Celibidache dirige ici le Münchner Philharmoniker dans des concerts publics enregistrés à Munich et Tokyo.

 

Sony Classical consacre un coffret de 3 DVD et 2 CD à Sergiu Celibidache…

 

Bruckner est-il le plus grand symphoniste de tous les temps, comme le proférait Sergiu Celibidache ? Quoi qu’il en soit, ce compositeur demeure le terrain musical le plus favorable pour comprendre et apprécier l'art de ce chef singulier. Ses affinités personnelles avec ce maître de la grande symphonie germanique romantique de la fin du XIXe siècle sont bien connues. Bien que Celibidache refusait pour des raisons qui concernaient la nature même de la musique et du son à entrer dans un studio pour enregistrer des disques, le voir et l'entendre dans ce répertoire permet de mieux appréhender la philosophie de sa direction.

 

Sergiu Celibidache dirige la <i>Symphonie No. 7</i> de Bruckner à Tokyo en 1990.Se déplaçant avec peine, le chef s’approche lentement du podium d'où il dirigera assis. Sans partition, l’œuvre qui, selon lui, n'existe pas avant de la jouer, prend une forme que jamais l'on aura entendue par ailleurs. Même si notre admiration reste constante, il faut préciser que la perception que l'on a de cette musique par le biais d'un DVD diffusé dans notre lieu de vie ou au casque ne correspond en rien aux événements musicaux produits dans une salle de concert. Les réflexions de Celibidache à propos du son et de ses évolutions dans l'espace perdent toute leur valeur quand il s'agit de reproduction mécanique. De là sa répugnance légendaire à graver quoique ce soit, l'acoustique de la salle et le traitement du son mis en place ne pouvant être valables ailleurs. La perception des harmoniques, des octaves supérieures et le travail sur le son en fonction de la salle où il est émis ne peuvent s'accomplir qu'en direct…

 

Le Munchner Philharmoniker dirigé par Sergiu Celibidache au Suntory Hall de Tokyo en octobre 1990.

 

Pourtant, on ne peut qu'approuver les autorisations posthumes données par son fils car elles nous permettent de connaître la manière de faire de la musique de son père. Cette "trahison" permet ainsi à la postérité de conserver un témoignage aidant à comprendre ne serait-ce qu'un minimum cette manière de faire unique en son genre.

Aimer ou pas n'intervient qu'après avoir vu et entendu. Il est juste en tout cas de reconnaître que Celibidache entretient un rapport étroit avec Bruckner, et qu'une accointance extrême entre un chef et un compositeur donne quelque chose d'exceptionnel. De même que Fritz Reiner avec Richard Strauss, Karel Ancerl avec Dvorak ou Glenn Gould avec Bach, Samson François avec Debussy ou Chopin, Bruckner appelle le nom de Celibidache à un moment donné ou à un autre.

 

Sergiu Celibidache à l'issue de la <i>Symphonie No. 6</i> de Bruckner.

 

C'est par son travail de fond, sa réflexion philosophique et le parcours d'une vie que Celibidache en est venu à cette forme d'expression artistique, laquelle ne s'exprime d'ailleurs pas uniquement chez Bruckner mais chez tous les compositeurs que nous pouvons entendre dans ses enregistrements édités en CD par Emi Classics.

 

Sergiu Celibidache dirige la <i>Symphonie No. 6</i> de Bruckner à Munich.Le geste qui emporte les musiciens du Munchner Philharmoniker se base sur une impulsion primaire sur le temps fort qui, par moments, laisse place à une battue réglementaire des temps. Jamais un quelconque carcan des temps de la mesure ne sera imposé mécaniquement aux pupitres. La main gauche donne les départs et l'expression du visage, comme en témoignent les longs plans fixes de ces films qui montrent bien l'énorme présence et l'aura spirituelle que dégage Celibidache. Au fil du déroulement des symphonies, le spectateur ne sera pas insensible à sa gestion du temps, ces fameuses lenteurs dans la vitesse d'exécution.

Si l'on évite de parler de tempo avec Celibidache, chose qui n'existe pas selon lui, on pourra toutefois parler de lenteur habitée et, si l'on adhère à cette option, la notion même de déroulement temporel s'effacera rapidement. L'expérience unique qui s'en dégage nous transporte dans un autre monde, et ce n'est pas là le seul fait de Bruckner. Seul Celibidache est capable de nous amener à cet état. Bénéfice de la lenteur, on entend tout : détails, phrasés, voix et nuances résultant d'un travail de répétition hors-norme, le tout dans un assemblage et un équilibre total. Les crescendi viennent de si loin, leur conduite est si bien portée que l'explosion finale est d'une efficacité tellurique qui ignore le placage violent et gratuit. Les transitions et les modulations constituent également de grands moments, magnifiques d'intérêts.

 

Applaudissements pour Sergiu Celibidache à l'issue de la <i>Symphonie No. 8</i> de Bruckner avec le Munchner Philharmoniker.

 


Afin de profiter au mieux de ce témoignage brucknerien sur l'art de la direction d'orchestre, nous ne saurions trop conseiller au lecteur désireux d'approfondir le processus de réflexion qui a permis à Celibidache de parvenir à ce résultat de consulter le petit ouvrage édité par Actes Sud "La Musique n'est rien", dans lequel sont compilés une série de textes et d'entretiens. Ce livre constitue une très bonne introduction qui permet de mieux comprendre, au-delà des clichés habituels, le pourquoi et le comment d'une pratique musicale sans commune mesure et sans concurrence.



Pour info : Le coffret Celibidache dirige Bruckner édité par Sony Classical contient 3 DVD et 2 CD. La Symphonie No. 4 version 1880 de Bruckner enregistrée à la Grosser Saal des Musikverereins de Vienne en février 1989 est proposée sur 2 CD (41'02 + 43'05) ; la Symphonie No. 6 enregistrée à la Philharmonie am Gasteig de Munich en novembre 1991 sur 1 DVD (68'27) ; les Symphonie No. 7 et No. 8 version 1890 enregistrée au Suntory Hall de Tokyo en octobre 1990 chacune sur 1 DVD (108'20 et 82'05). Chaque disque est accompagné d'un texte en français, anglais et allemand et chaque œuvre est proposée dans un boîtier Amaray. Les quatre boîtiers sont regroupés dans un coffre cartonné.

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

Aucun

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Les plans rapprochés passent plutôt mieux, mais que cet ensemble de captations est mou voire pâteux. Les contours, très mal dessinés et surtout affreusement crénelés laissent à penser à une suraccentuation artificielle de la netteté appliquée au master vidéo d'époque. Les couleurs sont un peu meilleures et les contrastes plutôt bons, en raison de noirs très denses. Il est vrai que la qualité des captations a beaucoup évolué depuis 1989–1990, et ces programmes en témoignent. Bien entendu, l'ensemble est regardable, mais s'il y a une qualité à chercher ici, c'est dans le fond, inestimable, et non dans ce qui nous est donné à visionner.

Son

Les DVD : Les Symphonies ont été enregistrées en stéréo et sont proposées en PCM sur les 3 DVD. N’ayant pas vieilli autant que les images assez datées, ces pistes portent un orchestre qui sonne bien sûr différemment selon les salles de concert, mais elles permettent de retrouver comme dénominateur commun à ces captations une parfaite séparation de la stéréo, une ampleur surprenante et une richesse de détail particulièrement satisfaisante. La dynamique est, de plus, impressionnante et permet de s'accorder à la masse orchestrale brucknerienne.

Les CD : Le mixage stéréo surprend par sa qualité d'aération, sa définition et ses contrastes de dynamique. L'écoute se déroule dans d'excellentes conditions tant cet enregistrement de 1989 semble avoir été réalisé hier. De plus la quasi absence de souffle permet de se concentrer sur les pupitres sans aucune gêne. Un must en matière de rendu sonore symphonique.

Note technique : 7/10

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Mots-clés

Anton Bruckner
Munchner Philharmoniker
Sergiu Celibidache

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