DVD Jaquette de : Carmen (Uria-Monzon, Alagna - Liceu)

Distribution

Interprètes
  • Béatrice Uria-Monzon
    Carmen
  • Roberto Alagna
    Don José
  • Marina Poplavskaya
    Micaëla
  • Erwin Schrott
    Escamillo
  • Eliana Bayón
    Frasquita
  • Itxaro Mentxaka
    Mercédès
  • Marc Canturri
    Le Dancaïre
  • Francisco Vas
    Le Remendado
  • Àlex Sanmartí
    Moralès
  • Josep Ribot
    Zuniga
  • Abdel Aziz El Mountassir
  • Xavi Estrada
  • Tamara Santiago
  • Chorus of the Gran Teatre del Liceu
  • Cor Vivaldi - Petits Cantors de Catalunya
Mise en scène
Calixto Bieito
Orchestre
Symphony Orchestra of the Gran Teatre del Liceu
Chef d'orchestre
Marc Piollet
Réalisation
Pietro d'Agostino
Origine
Gran Teatro del Liceu, Barcelona
Année
2010

Informations techniques

Durée
156'
Nombre de disques
2
Zone/Région
Zone ALL
Éditeur
C Major
Distributeur
Harmonia Mundi
Date de sortie
27/10/2011

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Format vidéo
16/9 compatible 4/3
Codec/Standard vidéo
NTSC

Audio

Version(s) sonore(s)
5.1 DTS mi-débit
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Catalan
•  Chinois
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français

Carmen (Uria-Monzon, Alagna - Liceu) DVD

Note générale : 8/10

Georges Bizet

Opéra


C Major propose en Blu-ray et DVD la version décapante du plus célèbre opéra du répertoire, Carmen, dans une mise en scène signée par Calixto Bieito. Avec Béatrice Uria-Monzon, Roberto Alagna, Erwin Schrott et Marina Poplavskaya dans les rôles principaux, cette production filmée au Liceu de Barcelone en octobre 2010 compte à son actif des chanteurs particulièrement populaires.

 

Béatrice Uria-Monzon chante <i>Carmen</i> au Liceu de Barcelone en octobre 2010.

 

Béatrice Uria-Monzon et Erwin Schrott (Escamillo). Photo © Antoni Bofill

Lorsque nous avons critiqué la Carmen de Covent Garden mise en scène par Francesca Zambello, l'idée d'une production idéale du plus populaire des opéras paraissait utopique. Face à l'audace du metteur en scène espagnol Calixto Bieito, nous sommes à même d’apprécier si une adaptation moderne de l’œuvre est tout aussi utopique.

Tout d'abord, les sentiments et le contexte des années 1830 initialement attachés à Carmen sont-ils viables dans l'Espagne des années 1960/70, celle de la dictature franquiste ? Certainement, si l'on se permet d'exacerber le mode de vie d'un peuple voué au statisme et auquel on proposera des jeux pour qu'il canalise son énergie. Sans aucun doute, si l'on accentue la présence permanente de militaires abusant facilement et fréquemment de leur statut pour asseoir leur domination machiste envers les femmes. De plus, le metteur en scène Calixto Bieito met très efficacement en scène ces aspects sombres de l'Espagne de l'époque…
Le monde militaire est constitué de petits chefs qui ont l'humiliation facile et exercent des pouvoirs sans ambiguïtés sur les civils et les jeunes. Ils nourrissent une population d'adolescents affamés et leur préparent un avenir d'asservissements et de vexations. L’État est vu au travers du prisme de la contrainte physique – Carmen liée au poteau qui arbore le drapeau rouge et jaune – ou, plus étonnamment, comme symbole trivial, celui d'une serviette de bain enveloppant une pin-up !
Marina Poplavskaya (Micaëla).
Ensuite, est-il possible de transporter les protagonistes très typés de Carmen dans ce contexte dictatorial ? Calixto Bieito choisit d'en accentuer les caractères…
Don José perd de sa naïveté et Roberto Alagna crée ici un personnage qui n'a rien à voir avec le candide militaire soumis aux volontés des femmes, de Micaëla, de sa mère et bien sûr de Carmen. Ses décisions sont prises avec du recul et même s'il prie Carmen à genoux de renouer avec lui au dernier acte, il ne dégage aucune humilité excessive. À son tour, la Carmen de Béatrice Uria-Monzon est une femme qui a mûri ses rapports avec les hommes et paraît très réfléchie dans ses comportements. Ses décisions ne se font pas à l'emporte-pièce et elle maîtrise ses sentiments tout en conservant sa sensualité, sans toutefois user de moqueries envers Don José. Escamillo et les contrebandiers font partie d'un monde trouble et interlope, peuplé de Gitans et de trafiquants en tout genre. Le torero disperse l'argent qui garnit ses poches en paradant devant les femmes et adopte un comportement macho, sardonique, bravache et vantard. Frasquita et Mercédès apparaissent comme des Gitanes totalement délurées, forçant sur la bouteille sans manquer aucune occasion de se crêper le chignon. La plus fragile de tous, Micaëla, pour l'occasion métamorphosée en touriste armée d'un appareil photo, possède elle aussi cette maturité face à l'adversité et à la provocation. Autre époque, autres mœurs, semble nous dire le metteur en scène.

 

Roberto Alagna interprète le rôle de Don José dans <i>Carmen</i> au Liceu de Barcelone en octobre 2010.

 

Vocalement, il serait tentant de comparer Roberto Alagna et Béatrice Uria-Monzon à eux-mêmes, au regard de la multiplicité de leurs enregistrements discographiques et vidéo. Mais nous nous contenterons de les apprécier tels qu'ils jouent dans cette production du Liceu de Barcelone.

Roberto Alagna (Don José) et Béatrice Uria-Monzon (Carmen).Avant tout chose, nous ne cacherons pas notre plaisir de pouvoir comprendre le texte de Carmen sans nécessiter de sous-titres. Les solistes, à quelques exceptions près, ainsi que les chœurs font preuve d'une diction quasiment parfaite et d'une articulation sûre qu'il est important de souligner. Le ténor français garde ici de nombreux atouts : souffle, tenue de note, couleurs, aigus timbrés et naturels, jeu d'acteur évident. Béatrice Uria-Monzon, malgré une très grande fréquentation du rôle, conserve un très bel organe, idéal pour ce personnage de mezzo dramatique. Son timbre chaud et agréable, très présent sur tous les registres, à peine forcé par moments, se révèle juste dans ses intentions. L'actrice interprète également fort bien son personnage.
Nous nous montrerons plus réservé pour la Micaëla de Marina Poplavskaya, assez tendue et au timbre si particulier déjà remarqué dans Don Carlo de Covent Garden édité en DVD par EMI. Elle fait en outre entendre par moments un léger accent. Quant à Erwin Schrott, son toréador transformé en chef de clan mafieux est doué d'une voix portante et musicalement assurée qui ne cache pourtant pas une diction moins compréhensible que ses partenaires.

Musicalement, le choix a été fait de supprimer presque tous les dialogues, mais le peu qui est conservé sonne très juste. Marc Piollet s'avère un très bon chef dans ce Carmen, et l'on goûtera les savoureux entractes traités comme des pièces de concert à part entière et l'énergie permanente qui irrigue le plus espagnol des opéras français, joué ici… par des Espagnols.

 

Scène de <i>Carmen</i> mise en scène par Calixto Bieito au Liceu de Barcelone.

Calixto Bieito n'a finalement gardé que très peu d'éléments par rapport au livret d'origine, et le monde moderne qu'il nous présente ne présente pas plus de rappels concrets. On retiendra essentiellement la présence de plusieurs voitures, d'une cabine téléphonique et d'une imposante silhouette de taureau. Aucun des lieux d'origine - la taverne, les arènes, les cavernes - ne se retrouve ici. Actualisation oblige, la contrebande portera sur des objets technologiques, des cigarettes et de l'alcool. Cette Carmen des temps modernes refuse en outre un attachement trop fort pour la vie, tandis que les passions sont exacerbées par un pays qui verrouille toute expression. Ce contexte mis en place permet une projection des êtres dans un monde actualisé au sein duquel ils sont toujours guidés par l'amour, mais un amour perverti par l'excès de domination, l'argent facile et une sensualité exacerbée.

Roberto Alagna (Don José) dans la scène finale de <i>Carmen</i>.Si cette version du célèbre opéra ne peut être tenue pour une référence absolue en raison de sa dramaturgie modernisée, elle constitue un très bon et radical second choix à côté d’une version plus conservatrice. Dès lors que le bouleversement des habitudes trouve une justification, pourquoi ne pas adhérer à une probante relecture ?

À noter : L'opéra est réparti sur 2 disques. Le DVD 1 propose les Actes I et II (93') ; le DVD 2, les Actes III et IV (63').



Lire le test du Blu-ray Carmen enregistré au Liceu

Nicolas Mesnier-Nature

Suppléments du DVD

Sur le DVD 1 : 7 bandes-annonces. (Stéréo DD)

 

Bande-annonce du DVD

Critique Images et Son du DVD

Images

Ce master vidéo propose globalement des couleurs équilibrées, des détails assez prononcés sur les cadrages serrés et des contrastes appuyés. Mais des micro-saccades ternissent l'ensemble lors de certains mouvements de caméras ou de déplacement rapides d'artistes sur scène. Dommage car ce défaut est sans doute la conséquence d'une conversion du master d'origine pour une commercialisation à l'international.

Son

Le mixage stéréo, aéré et très clair, permet de profiter d'un bon équilibre entre les voix et l'orchestre. Les timbres ressortent correctement mais l'ensemble manque de basses et, si l'ouverture est correcte, la profondeur est quasi absente du rendu global.
Avec la piste 5.1, très bien travaillée, la scène sonore prend une dimension tout autre, à commencer par le gain d'une profondeur qui peut enfin permettre aux voix de s'exprimer avec un relief vraisemblable et à l'orchestre de diffuser à la fois de subtiles nuances et des forte éclatants de dynamique. Le caisson de basses enrichit les graves de façon très satisfaisante tandis que les haut-parleurs surround animent la scène arrière en ouvrant l'espace et permettent une immersion musicale du spectateur.

Note technique : 7/10

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Mots-clés

Carmen
Erwin Schrott
Liceu
Marina Poplavskaya
Roberto Alagna

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