Blu-ray Jaquette de : La Bohème (Salzbourg 2012)

Distribution

Interprètes
  • Anna Netrebko
    Mimi
  • Nino Machaidze
    Musetta
  • Piotr Beczala
    Rodolfo
  • Massimo Cavalletti
    Marcello
  • Alessio Arduini
    Schaunard
  • Carlo Colombara
    Colline
  • Davide Fersini
    Benoît
  • Peter Kálmán
    Alcindoro
  • Paul Schweinester
    Parpignol
  • Steven Forster
    Parpignol (Artiste)
  • Liviu Gheorghe Burz
    Customs-house sergeant
  • Michael Wilder
    A customs official
  • Martin Müller
    A fruit seller
Mise en scène
Damiano Michieletto
Orchestre
Wiener Philharmoniker
Chef d'orchestre
Daniele Gatti
Réalisation
Brian Large
Origine
Grosses Festspielhaus de Salzbourg
Année
2012

Informations techniques

Durée
124'
Nombre de disques
1
Zone/Région
Région ALL
Éditeur
Deutsche Grammophon
Distributeur
Universal Music Classics
Date de sortie
12/11/2012

Vidéo

Couleurs/N&B
Couleurs
Format images
1.78
Codec/Standard vidéo
AVC
Résolution vidéo
1080i

Audio

Version(s) sonore(s)
5.0 DTS HD Master Audio
Stéréo PCM
Sous-titres
•  Allemand
•  Anglais
•  Chinois
•  Coréens
•  Espagnol
•  Français
•  Italien

La Bohème (Salzbourg 2012) Blu-ray

Note générale : 10/10

Giacomo Puccini

Opéra


La Bohème, le célèbre opéra de Giacomo Puccini créé en février 1896 au Teatro Regio de Turin sous la direction d'Arturo Toscanini, trouve à Salzbourg avec Daniele Gatti et le Philharmonique de Vienne une seconde jeunesse. La lecture moderne de Damiano Michieletto dynamise un casting de premier choix dont Anna Netrebko, Piotr Beczala, Nino Machaidze et Carlo Colombara. Cette captation de 2012 est disponible en Blu-ray et DVD chez Deutsche Grammophon.

Piotr Beczala (Rodolfo), Massimo Cavalletti (Marcello) et Carlo Colombara (Colline) dans <i>La Bohème</i> à Salzbourg en 2012.

 

Giacomo Puccini a composé La Bohème sur un livret en italien de Giacosa et Illica, livret lui-même écrit d’après le roman d’Henry Murger intitulé Scènes de la vie de bohème. Or cette précision est de toute première importance car le metteur en scène Damiano Michieletto, aidé notamment par la conseillère en dramaturgie Kathrin Brunner et par le décorateur Paolo Fantin, met tout en œuvre pour que sa Bohème donnée au Grosses Festspielhaus de Salzburg à l'été 2012 réponde au projet de Puccini, tel qu'il se lit clairement dans le livret. À savoir représenter – et de la façon la plus frappante possible – des artistes parisiens qui cherchent à vivre de leur art, n'ayant pour toute richesse que l'espérance et la fortune. Comme le résume Murger en ouverture de son roman : "Aujourd'hui comme autrefois, tout homme qui entre dans les arts, sans autre moyen d'existence que l'art lui-même, sera forcé de passer par les sentiers de la Bohème. La plupart des contemporains qui étalent les plus beaux blasons de l'art ont été des bohémiens ; et, dans leur gloire calme et prospère, ils se rappellent souvent, en le regrettant peut-être, le temps où, gravissant la verte colline de la jeunesse, ils n'avaient d'autre fortune, au soleil de leurs vingt ans, que le courage, qui est la vertu des jeunes, et que l'espérance, qui est le million des pauvres". Et Murger ajoute peu après que "la Bohème n'existe et n'est possible qu'à Paris".

Alessio Arduini (Schaunard).À chaque moment de cette représentation, le spectateur ne peut que sentir palpiter le sens de ces lignes de la préface de Scènes de la vie de bohème.
Néanmoins, si c'est bien Paris que Damiano Michieletto tient absolument et continûment à représenter au Festival de Salzbourg - en témoignent les indications de métro projetées -, les histoires originales de Murger situent l'action au début des années 1840. Or, Michieletto a tenu à transposer l'histoire dans un Paris contemporain, et de multiples indices montrent que l'action se veut enracinée dans notre époque. Pour ne citer qu'un exemple, une caméra est posée sur un pied, à côté de vieux objets et de meubles presque hors d'usage. Y a-t-il là contradiction avec le livret de l'opéra ? En vérité, non, car Michieletto fait profondément écho à l'intemporalité affichée du propos de Murger. Intemporalité qui se lit clairement en ouverture du passage de la préface citée : "Aujourd'hui comme autrefois […]".

 

À partir du fond, et de gauche à droite : Peter Kálmán (Alcindoro), Massimo Cavalletti (Marcello), Carlo Colombara (Colline), Alessio Arduini (Schaunard) et Piotr Beczala (Rodolfo) dans <i>La Bohème</i> de Puccini à Salzbourg.

 

Pour autant, ce Paris d'aujourd'hui se montre éminemment pittoresque. Rodolfo, Marcello, Schaunard et Colline, quatre artistes de la bohème, sont des sans domicile fixe et dorment sur des matelas posés à terre, dehors, sous un passage, près d'une poubelle. S'improvisant tagueurs, habillés avec des vêtements de fortune aux couleurs criardes.
Quelle est la visée de ce caractère pittoresque, qui fait ressortir les couleurs de chacun des "tableaux" ? Il n'est pas anodin que Puccini ait choisi ce terme plutôt que celui d'"actes"… La mise en scène, en multipliant les indices qui font sens, en choisissant d'accumuler des traits représentatifs de notre époque, cherche par tous les moyens à mettre devant nos yeux "notre" monde tel qu'il est intrinsèquement, c'est-à-dire un monde où les inégalités sociales sont criantes. Un monde où la souffrance est palpable lorsque l'on est tenaillé par le manque et par la pauvreté. Ainsi les protagonistes sont-ils transis de froid : "[…] ici on gèle" ; "Il nous faut du feu, attends, sacrifions la chaise".

Daniele Gatti.
Or si la souffrance des personnages nous émeut, ce n'est pas uniquement grâce aux qualités d'acteurs des différents chanteurs, ici brillamment exploitées. C'est également grâce à la direction d'orchestre de Daniele Gatti. La partie orchestrale met toujours en lumière les inflexions de la sémantique contenue dans le texte du livret. Et ce de bouleversante manière. Ainsi en est-il, pour ne citer qu'un exemple, de l'accord si saisissant en si mineur qui épouse la survenue de la mort de Mimì. Daniele Gatti et les musiciens du Philharmonique de Vienne suivent en tout point cette visée de Puccini qui est de faire de la musique l'expression de l'intériorité des personnages, et non de leur identité comme chez Wagner, intériorité révélée par les paroles échangées, par leur intensité…



 

Piotr Beczala chante le rôle de Rodolfo dans <i>La Bohème</i> mis en scène par Damiano Michieletto à Salzbourg.

 

Nino Machaidze (Musetta).Mais, naturellement, si l'émotion contenue en chaque personnage nous parvient avec autant d'intensité, si leur destinée nous touche avec autant de force, on le doit en tout premier lieu au talent des chanteurs réunis ici.
Massimo Cavalletti est un Marcello constamment convainquant, la Musetta de Nino Machaidze brille par son naturel, Alessio Arduini compose un Schaunard au caractère affirmé, et Carlo Colombara nous offre une interprétation saisissante de Colline, qui tient à l'immense connaissance qu'il a de ce personnage, ayant commencé de l'incarner en 1990.
La version de Toscanini de 1946 donnait à entendre le ténor américain Jan Peerce dans le rôle de Rodolfo. Plus tard, dans la version mémorable d'Herbert von Karajan de 1973, c'est Luciano Pavarotti qui incarnera ce rôle, chanteur faisant "se lever le soleil sur le monde", selon l'adage kleiberien. Et dans cette présente captation, Piotr Beczala est loin de faire pâle figure par rapport à ces grandes figures du passé. Si le brillant ténor polonais donne à Rodolfo des traits d'une grande humanité, composant une figure qui nous touche au plus profond, ce n'est pas seulement grâce à sa technicité sans faille alliée à une grande justesse, c'est également grâce à sa connaissance empirique si fouillée du rôle. Covent Garden, le Met, La Scala et le Staatsoper de Vienne se souviennent ainsi de sa présence.

 

Anna Netrebko chante le rôle de Mimi dans <i>La Bohème</i> mis en scène par Damiano Michieletto à Salzbourg en 2012.

 

Mais une présence parmi toutes ces fortes incarnations se distingue particulièrement, au point qu'il faudrait lui décerner un prix pour ce rôle si cela était possible, celle d'Anna Netrebko, qui retrouve avec Mimì l'un de ses grands rôles. Avec un sens inné de la dramaturgie, elle parvient à nourrir chaque instant la fragilité de ce personnage, sa vulnérabilité même, qui la rend tellement humaine et la rend si propre à faire naître notre émotion. La presse ne s'y est pas trompée, saluant uniformément l'engagement scénique et les qualités vocales d'Anna Netrebko, parvenues à leur plein épanouissement. On ne pourra qu'approuver l'Abendzeitung de Munich qui souligne "sa présence scénique grandiose et son expression musicale d'une touchante gravité", avant d'ajouter : "La voix est devenue plus mûre, elle s'est assombrie et a acquis plus de poids".

 

Dernier Acte de <i>La Bohème</i> mis en scène par Damiano Michieletto à Salzbourg.

 

Gageons que, si Anna Netrebko dans Mimì ne peut faire oublier la soprano italienne Mirella Freni dans la version de Karajan, elle fera néanmoins incontestablement date. Les représentations salzbourgeoises en témoignent…



Lire le test du DVD La Bohème avec Anna Netrebko au festival de Salzbourg



Retrouvez la biographie de Giacomo Puccini sur le site de notre partenaire Symphozik.info

 

Matthieu Gosztola

Suppléments du Blu-ray

Aucun.

Bande-annonce du Blu-ray

Critique Images et Son du Blu-ray

Images

Le DVD de ce programme péchait par une insuffisance de précision dans les zones sombres assez nombreuses du plateau. Le Blu-ray s'impose nettement sur ce point en raison d'une définition optimale qui perdure sur les plans les plus difficiles. Les couleurs franches et naturelles se marient à des contrastes assez forts et le piqué global invite à un visionnage plaisant de bout en bout.

Son

Si l'on excepte une limite évidente de l'ampleur globale, la piste stéréo est un modèle d'équilibre entre fosse et plateau. L'excellente séparation gauche-droite donne vie à la scène avant et les timbres solistes bénéficient d'une projection très correcte. La dynamique se montre en outre satisfaisante.
Quant au mixage multicanal, il convainc immédiatement par une finesse de reproduction des timbres et la richesse des harmoniques tant vocales qu'instrumentales. L'ampleur du message est décuplée, comme la dynamique. Le caisson de basses n'a pas été retenu ici, mais il serait injuste de considérer que les graves manquent à l'écoute. Ils paraissent néanmoins moins ronds et moins colorés. Cependant, si la scène avant est parfaitement traitée et si les enceintes arrière parviennent à mettre en place une notion d'espace sensible, une réverbération trop accentuée sur les voix finit par être désagréable sans pour autant nuire à la clarté de l'écoute.

Note technique : 9/10

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Mots-clés

Anna Netrebko
Damiano Michieletto
Daniele Gatti
Festival de Salzbourg
Giacomo Puccini
La Bohème
Nino Machaidze
Piotr Beczala

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