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Lisa Batiashvili : premier disque chez Deutsche Grammophon

Après un certain nombre de disques parus chez Sony Classical, la talentueuse violoniste Lisa Batiashvili enregistre désormais pour Deutsche Grammophon. À l'occasion de cette nouvelle signature et de la sortie du CD Échos du temps — et de chez soi , le label avait réuni la presse. L'occasion pour l'artiste d'exprimer sa sensibilité de jeu lors d'un trop court concert, accompagnée au piano avec complicité par Ketevan Badridze, et de s'exprimer à la fois sur sa carrière et ce premier enregistrement sous label DG.

 

Lisa Batiashvili.  Photo © Anja Frers/Deutsche Grammophon

 

Le disque Échos du temps (Echoes of Time) rassemble le Concerto pour violon et orchestre No. 1 et la Valse lyrique de Shostakovich, ainsi que des pièces de Rachmaninov (Vocalise), Arvo Pärt (Spiegel im Spiegel) et Guia Kantchelli (V&V). Lisa Batiashvili est accompagnée par l'Orchestre de la Radio Bavaroise placé sous la direction d'Esa-Pekka Salonen et par la pianiste Hélène Grimaud.

 

Échos du temps est sous-titré "et de chez soi". Pourquoi ce titre ?

Lisa Batiashvili : J'ai vécu en Géorgie jusqu'à l'âge de 11 ans et aujourd'hui, il était important pour moi de rassembler les œuvres des principaux compositeurs dont le sens me parle directement.

Vous avez choisi Shostakovich comme pivot de ce disque…

Mon père pianiste avait rencontré Shostakovich à l'occasion d'un concours de quatuors à cordes, et il y avait une grande photo du compositeur à la maison. Mais surtout, durant toute mon enfance, j'ai été entourée par sa musique. Je me souviens parfaitement des répétitions de ces Quatuors qui se déroulaient à la maison. Mon père et ses musiciens ont dû travailler tous les quinze ! À l'âge de 3 ans, cette musique m'était déjà familière…

Lisa Batiashvili.  Photo © Anja Frers/Deutsche GrammophonComment l'appréhendez-vous ?


La musique de Shostakovich est autant représentative d'une certaine époque en Union Soviétique que de la nature du musicien qui se bat alors contre de nombreuses difficultés tout en exprimant un foisonnement d'émotions.

Vous avez travaillé le violon avec votre père…


Il a été mon premier professeur, un professeur doux et sympathique. Le son du violon représentait pour moi la langue paternelle avec laquelle nous communiquions.

En 1995, vous avez obtenu le second prix du Concours Sibelius, vous étiez alors très jeune…


J'avais 16 ans, et la préparation de ce concours m'avait vraiment motivée. Cette réussite est sans doute la plus belle des choses qui pouvait m'arriver, car elle m’a permis de rencontrer de fabuleux musiciens. En fait, ma carrière a été initiée grâce à ce concours.

Vous avez enregistré Échos du temps à Munich, où vous viviez encore avant d'emménager récemment en France. Comment s'est déroulé cet enregistrement ?


J'admire Esa-Pekka Salonen depuis longtemps et je souhaitais travailler avec lui. Quant à l'Orchestre de la Radio bavaroise, il représente pour moi quelque chose de vraiment spécial. J'ai vécu 13 ans à Munich, depuis l'âge de 18 ans. Cette ville m'a offert la possibilité d'assister à de nombreux concerts, et j'ai joué longtemps dans cet orchestre au sein duquel j'ai rencontré mon mari*. En fait, j'ai eu l'impression d'enregistrer avec des amis. C'est un vrai plus de sentir le soutien des musiciens autour de soi et de travailler avec Esa-Pekka qui est un chef que j'admire profondément.
* Le hautboïste Francois Leleux - Lire l'interview accordée à Tutti-magazine



 

Lisa Batiashvili.  Photo © Anja Frers/Deutsche GrammophonComment s'est passé l'enregistrement ?


De nos jours on ne dispose pas de beaucoup de temps pour enregistrer. Pour ce disque, les sessions se sont déroulées à raison de 3 heures le matin sur 3 jours. Le soir, nous donnions des concerts. Autant vous dire que ces journées ont été plus que remplies ! À la fin je me suis sentie aussi bien très fatiguée qu'heureuse d'avoir travaillé avec de fabuleux musiciens et un très bon producteur.

La production est importante pour vous ?


L'ingénieur du son Rainer Maillard a fait un superbe travail. Il est toujours très difficile pour un interprète de s'entendre jouer et d'aimer le son qu'il produit. En concert, on ne s'entend pas. Alors s'écouter jouer est autre chose. L'équipe du son m'a vraiment soutenue.

Vous avez également enregistré avec Hélène Grimaud…


Nous nous connaissons depuis plusieurs années et nous voulions jouer ensemble. Je savais qu'Hélène était très familière de la musique de Rachmaninov et de Pärt. Cette collaboration a été idéale.

Retournez-vous parfois en Géorgie ?


J'essaye d'y retourner une fois par an. Je m'envole d'ailleurs dès demain avec Ketevan Badridze pour un concert destiné à soutenir l'école de musique dans laquelle j'ai été formée lorsque j'étais petite. Cet établissement a vraiment besoin d'argent. Nous avons invité pas mal de personnalités et le concert sera filmé par une production allemande pour une diffusion à la télé prévue au mois de mai.

 

Philippe Banel
Propos recueillis le 16 mars 2011







Le CD Échos du temps est en vente à
la boutique de Tutti-magazine

Vidéo

Lisa Batiashvili - Showcase du 16 mars 2011

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