Interviews

Ludmila Berlinskaia & Arthur Ancelle présentent "La Clé des Portes", le 1er festival de musique classique de Talcy

 

Arthur Ancelle et Ludmila Berlinskaia par Aline Kundig.  D.R.

En mars 2012, nous rencontrions Ludmila Berlinskaia et Arthur Ancelle pour la sortie de leur premier enregistrement à deux pianos. Depuis, les deux interprètes ont donné de nombreux concerts, en particulier en Russie, la superbe transcription de Francesca da Rimini par Arthur Ancelle a été éditée, et les projets se bousculent. Mais le plus important, à venir très prochainement, pour les deux artistes est sans aucun doute la première édition du festival de musique classique dont ils sont tous deux Directeurs artistiques : La Clé des Portes, organisé au Château de Talcy dans le Loir et Cher, du 30 août au 1er septembre prochains. Bref retour sur une carrière en duo qui prend son envol et programme des réjouissances musicales préparées avec l'amour de la musique dans un but de rencontre et de partage avec un large public…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 1er festival de musique classique La Clé des Portes se tiendra au Château de Talcy, près de Chambord, du 30 août au 1er septembre 2013. Ce petit bijou de l'architecture du XVIe siècle aux dimensions humaines qui en font le charme accueillera pas moins de quatre concerts à la programmation variée. De nombreux musiciens ont répondu présent aux côtés de Ludmila Berlinskaia et Arthur Ancelle pour la naissance de ce festival prometteur : Gérard Caussé (alto), Tatiana Samouil (violon), Isabelle Lequien (alto), Justus Grimm (violoncelle), Hildegarde Fesneau (violon), Thibault Lebrun (piano), Dmitri Berlinski (violoncelle), Tatjana Uhde (violoncelle), Émilie Belaud (violon) et Vladimir Dubois (cor).
Programme et inscriptions ICI

Tutti-magazine : Depuis notre précédente rencontre, le duo de pianos que vous formez a eu l'occasion de jouer de nombreuses fois en Russie. Comment êtes-vous accueilli par le public russe ?

Arthur Ancelle : Nous sommes toujours très bien accueillis en Russie mais il est impossible de parler d'un seul public russe car nous avons joué devant des publics très différents à Moscou, Saint-Pétersbourg ou Klin. Nous avons ressenti plus de variété à Moscou, et peut-être un certain snobisme, car le public moscovite est aussi bien composé de musiciens, de très grands connaisseurs que d'étudiants ou de touristes. Cette énergie est donc très disparate et il est parfois difficile de l'analyser et de la filtrer. En revanche, à Klin, nous avons joué deux fois dans la salle du musée Tchaikovsky et l'enthousiasme des spectateurs nous renvoyait une énergie très positive. Nous sentions une parfaite adhésion à nos propres sensibilités et à notre interprétation. Cela venait sans doute de la parfaite disponibilité de ce public qui nous écoutait sans a priori et sans être préoccupé par d'autres sujets personnels.

Le public russe perçoit-il différemment un récital à deux pianos que le public français ?

Ludmila Berlinskaia : Je crois que la différence vient du fait que, pour le public russe, un duo de pianos n'est ni anecdotique ni fantaisiste. Il considère une telle formation comme normale et totalement ancrée dans une expression musicale totale comme peut l'être n'importe quelle configuration chambriste.
A.A. : De plus, là où en France, les programmateurs de concerts ont tendance à se montrer très frileux par rapport aux programmes que nous proposons et préfèrent se raccrocher à des œuvres rabâchées, on trouve en Russie une véritable attente par rapport à ces mêmes œuvres. Cette attente est exprimée à la fois par les programmateurs et sur les forums qui s'enthousiasment à l'idée de découvrir notre répertoire et les nouvelles transcriptions pour deux pianos que nous jouons.

 

Ludmila Berlinskaia et Arthur Ancelle en concert à Klin.  D.R.

Après la parution de votre premier disque pour lequel vous avez enregistré votre propre transcription de Francesca da Rimini, vous avez transcrit des extraits du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev. Comment avez-vous abordé ce nouveau travail ?

Cliquer pour commander le CD Tchaikovsky de Ludmila Berlinskaia et Arthur Ancelle…A.A. : Avec beaucoup de prudence car, si je me lançais dans cette nouvelle transcription pour répondre à une forme de nécessité fortement ressentie, je devais avant tout me familiariser avec une écriture différente de celle de Tchaikovsky de laquelle je me sentais proche après avoir transcrit Francesca da Rimini. Avec Prokofiev, j'entrais dans un tout autre univers. Qui plus est, pour ce projet, je devais également mettre en forme une suite de concert en veillant à conserver une cohérence narrative dans la mesure où il m'était impossible de transcrire la totalité du ballet Roméo & Juliette. Ce nouveau travail était bien plus ambitieux, mais aussi bien plus risqué. Francesca da Rimini est une œuvre peu connue et il n'existait pas de transcription pour deux pianos, alors que Prokofiev a tiré trois suites pour orchestre de son ballet et sa propre transcription pour piano solo. C'est, de plus, une œuvre extrêmement jouée… Mais cette expérience était très intéressante car elle m'a permis d'approcher l'orchestration de Prokofiev et sa complexité. Prokofiev a une façon très spécifique d'utiliser un grand nombre d'instruments pour composer un fond sonore, des couleurs ou des rappels thématiques. On peut difficilement les négliger car ils signent l'orchestration du compositeur, mais ils sont aussi très difficiles à rendre au piano. Je pourrais comparer ce travail de transcription aux échecs où il faut devancer le jeu 7 ou 8 coups à l'avance !

La transcription est-elle une démarche solitaire ou s'instaure-t-il un dialogue entre vous deux durant la phase d'écriture ?

A.A. : C'est à la fois une démarche solitaire et de dialogue. La conception et les décisions musicales générales me sont propres et interviennent au sein de mon univers de travail. Mais, pour autant, je consulte très souvent Ludmila sur des points musicaux très précis ou sur des questions pianistiques pures d'équilibre. Bien sûr, je lui parle de ce que je fais sans vouloir non plus l'envahir avec un travail qui est le mien avant tout…
L.B : Nous faisons des essais et je sais qu'Arthur prend en compte mes qualités pianistiques intrinsèques, la taille de mes mains comme ma sonorité. Je lui suis aussi reconnaissante de répartir au mieux les difficultés techniques en fonction de notre aisance à chacun.

Votre transcription de Francesca da Rimini est maintenant éditée par Jurgenson. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

A.A. : Je ressens à la fois une grande fierté et une sincère satisfaction car partager cette transcription était un réel désir. Le fait que Jurgenson ait décidé d'éditer mon travail n'est pas non plus anodin car il détient à son catalogue la partition originale pour orchestre de Francesca da Rimini éditée du vivant de Tchaikovsky. Je ne saurais espérer plus belle reconnaissance.
L.B : J'ajoute que lorsque nous avons joué Francesca da Rimini à Klin, Polina Efimovna Vajdman, la conservatrice en chef du musée Tchaikovsky et sans doute la plus grande spécialiste mondiale du compositeur, était dans la salle. Difficile de trouver quiconque connaissant aussi bien Tchaikovsky, sa vie, son entourage mais aussi toute l'édition musicale de son œuvre. Or, après le concert, elle était extrêmement heureuse de ce qu'elle avait entendu et s'est réjouie de l'édition de la transcription d'Arthur au point de lui en demander un exemplaire dédicacé pour le musée. Pour nous, savoir maintenant cette partition accueillie dans cet endroit on ne peut plus idéal constitue un symbole très fort.

 

Ludmila Berlinskaia et Arthur Ancelle applaudis à l'issue d'un concert à Klin.  D.R.

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous étions rencontrés en mars 2012. Pensez-vous que, depuis, votre duo a évolué ?

L.B : Sans aucun doute, de la même manière qu'évoluent des musiciens de musique de chambre qui jouent ensemble et finissent par se connaître suffisamment pour qu'on puisse parler de famille sur le plan de la formation musicale. Cette connaissance de l'autre qui se précise en jouant peut se conjuguer à une intelligence qui permet d'avancer sur le chemin de l'unité. Dans notre duo, le but que nous poursuivons est de tendre à ne représenter qu'un seul instrument. Nous avons appris à connaître nos points forts et nos faiblesses et, bien sûr, nous avons acquis la certitude que nous pouvions jouer ensemble. Cette certitude de pouvoir s'entendre demande du temps pour être acquise par des interprètes de musique de chambre. Aujourd'hui, nous nous sentons plus forts dans notre duo de pianistes et c'est un vrai bonheur de savoir que nous sommes juste au début de la progression artistique qui nous attend et de pouvoir envisager des perspectives d'évolution.
A.A. : Il s'est instauré une sorte de confiance à la fois dans notre jeu réciproque, mais aussi sur scène. Dès le début de notre collaboration nous savions que nous pouvions jouer ensemble car, malgré très peu d'expérience de notre duo, nous avions déjà cette compréhension commune qui nous permettait de produire quelque chose de cohérent sur le plan artistique. Aujourd'hui, cette confiance nous permet de nous sentir libres lorsque nous jouons en public.
L.B : Pour évoluer il faut non seulement beaucoup travailler mais aussi beaucoup jouer sur scène car l'expérience s'enrichit de cette façon. En ce qui me concerne, je suis assez myope et, si je vois parfaitement ma partition, j'ai du mal à voir Arthur qui est très loin de moi, derrière le second piano. Mais j'ai atteint un stade où je n'ai plus forcément besoin de le chercher du regard car nous avons la même respiration.
A.A. : Dans Prokofiev, il y a beaucoup de rubato, noté ou pas, et de nombreux passage difficiles à harmoniser entre les deux pianos. Eh bien, nous avons très souvent remarqué que, sur des respirations qui ne sont pourtant jamais identiques, nous respirions à l'unisson sans avoir besoin de nous regarder. La sensation musicale et la notion du temps étaient ressenties de la même manière par nous deux…

 

Le château de Talcy.  D.R.

Du 30 août au 1er septembre va se tenir à Talcy le premier festival de musique classique : La Clé des Portes. Vous en êtes tous deux Directeurs artistiques. Comment cette aventure a-t-elle débuté ?

A.A. : Il y a 2 ans, le concert que j'ai donné dans la région dans le cadre des Journées du Patrimoine a sans doute un peu marqué les esprits. J'ai commencé mon concert par La Tempête de Beethoven, installé sous une tente dans la cour d'un très joli musée. Dès les premières notes, un violent orage a éclaté au-dessus du public et la moitié des spectateurs a trouvé refuge sous la tente, à côté de moi. Le concert s'est poursuivi ainsi avec une dame assise à côté de moi sur le tabouret et le maire avec son écharpe accoudé au piano. À l'issue de ce moment assez inoubliable, désireux de renouveler l'expérience, Pascal Germond, qui organisait ce concert, a eu la gentillesse de nous inviter en duo l'année suivante. Nous avons ainsi joué pour la première fois au Château de Talcy avec Casse-Noisette, Francesca da Rimini et deux Suites d'Arensky* pour 2 pianos. 

L.B : Nous étions un peu anxieux par rapport à ce programme, mais le public s'est montré extrêmement réceptif, sensible et ouvert à ce qu'il ne connaissait pas. Au final, il a adoré ce concert ! Nous avons ensuite visité ce magnifique château et c'est à ce moment qu'est née l'idée d'un festival. Cette perspective a beaucoup plu à Pascal Germond et, de là est né le festival de Talcy.
* Voir à la fin cette interview : Valse tirée de la Suite No. 1 d'Arensky par Ludmila Berlinskaia et Arthur Ancelle enregistrée à la Philharmonie de Saint-Pétersbourg en mars 2013.

Pour ce festival, vous êtes soutenus par Le Club d'Entreprises des Portes de Chambord. Comment se déroule cette collaboration ?

A.A. : Pascal Germond est un mélomane averti qui fait partie d'un club d'entreprises : Le Club d'Entreprises des Portes de Chambord. Comme d’autres membres du club, il développe pour cette structure des initiatives culturelles et économiques. Notre concert de 2012 faisait partie de ces actions créées pour mettre en valeur le patrimoine et resserrer les liens entre les gens de la région. Le festival s'inscrit donc à la suite de ce concert et il est soutenu par le club d'entreprises qui compte éveiller les acteurs régionaux autour de ce projet culturel. Le club d'entreprises apporte ainsi la mise de fonds du festival, se charge de la communication et de l'hébergement des artistes, gère le bénévolat nécessaire à ce genre d'événement… Il faut d'ailleurs souligner l'élan de mobilisation de nombreuses personnes autour de ce premier festival. Les moyens financiers sont très réduits et tous ces bénévoles vont permettre d'accueillir au mieux artistes et spectateurs pour cette première année de festival que nous savons très difficile.

Avez-vous des partenaires qui vous aident dans cette entreprise ?

L.B : Il faut associer au soutien du Club d'Entreprises, celui de la Direction des Monuments Nationaux, et en particulier Anne Rousset, qui nous permet de créer ce festival dans un lieu historique. De même, au Château de Talcy, Jean-Yves Pouchoux, qui est guide-conférencier, nous aide à installer une très bonne ambiance pour ce festival… Je dois dire aussi que, tant en Russie qu'en France, nous avons des amis qui nous soutiennent d'une merveilleuse façon alors que notre festival est embryonnaire et que bien d'autres manifestations d'une tout autre envergure existent en France… Certains partenaires nous apportent de même une nouvelle preuve de leur grande fidélité à Talcy comme ailleurs. C'est le cas de la compagnie Aigle Azur, qui nous soutient depuis 2 ans en nous permettant de voyager sur la nouvelle ligne aérienne qui relie Paris-Orly à Moscou-Vnukovo. Notre duo emprunte ce vol si pratique assez souvent pour ses concerts en Russie. Dans le cadre de La Clé des Portes, Aigle Azur permettra, par exemple, à la radio classique russe Orpheus Radio de se rendre à Talcy. Orpheus Radio fera ainsi un direct pour chacun des concerts du festival. Cette confiance en notre duo qui s'exprime au travers de ces aides irremplaçables est à la fois émouvante et nous donne beaucoup de force.

Pourquoi avoir baptisé ce festival "La Clé des portes" ?

A.A. : Le nom "Festival de Talcy" existait déjà et le Club d'Entreprises des Portes de Chambord voulait que la résonance du nom du festival de musique soit reliée de façon instantanée au nom du club. La "clé" évoque également une clé de musique inscrite sur une portée. En outre, l'idée est de valoriser de façon plus globale l'ensemble du territoire, ce qui pourra nous permettre dans le futur d'organiser les concerts du festival sur plusieurs lieux.

Sur les 3 jours de festival, 4 concerts seront proposés. Comment avez-vous conçu ce programme ?

L.B : Après le succès de notre concert en duo l'année dernière, nous savions que le public nous attendait. C'est la raison pour laquelle nous ouvrirons le festival le 30 août à deux pianos avec la suite d'Arthur de Roméo & Juliette et les Danses Symphoniques de West Side Story de Bernstein. Ensuite, nous avons dû composer le programme en fonction de nos moyens limités et nous cantonner à de la musique de chambre. Mais cela correspond parfaitement à l'église du Château de Talcy qui n'est pas très grande. Nous avons voulu présenter au public à la fois des pièces qu'il connaît et d'autres que nous avons envie de lui faire découvrir. Par exemple, je suis certaine que peu de gens connaissent le merveilleux sextuor à cordes de Tchaikovsky "Souvenir de Florence" que nous jouerons en clôture de festival le 1er septembre. Nous avons aussi tenu à choisir des pièces faciles à écouter.Le château de Talcy.  © X. Anquetin

À quel public souhaitez-vous vous adresser ?

L.B : Nous allons certainement retrouver une partie du public qui nous a entendus l'année dernière mais il me semble important de ne pas nous limiter à un public particulier. Je suis persuadée qu'une musique de qualité jouée par d'excellents interprètes est susceptible d'être reçue par n'importe quel public. J'ai remarqué qu'un public qui ne connaît pas ce qu'il va entendre est très souvent attentif et disponible aux découvertes que nous proposons.
A.A. : Pour abonder dans ce sens, je dirais que c'était sans doute un risque de programmer Les Enfants du Capitaine Grant de Dunayevsky lorsque nous avons joué à Paris en décembre dernier. La majorité des spectateurs ne connaissait pas cette œuvre populaire en Russie et, pourtant, la plus grande partie des auditeurs est venue vers nous pour nous dire qu'ils avaient aimé cette musique. Certains n'ont d'ailleurs presque retenu que cela ! De même, lorsque nous avons joué Francesca da Rimini dans le Loir-et-Cher l'année dernière, le public aurait pu être très distant car c'est une pièce difficile sur le plan harmonique et émotionnel. Pourtant, il a applaudi à tout rompre cette musique qu'il n'avait jamais entendue ! Bien sûr, il faut que la musique soit superbe et que les qualités de cœur des interprètes la nourrissent.

 

Pouvez-vous nous parler des musiciens invités à La Clé des portes ?

La violoniste Tatiana Samouil.  D.R.A.A. : S'il faut remercier tous les bénévoles qui s'investissent pleinement dans le festival, il faut aussi remercier les artistes qui nous font confiance et se montrent particulièrement généreux pour nous permettre de mener à bien cette première édition de La Clé des Portes. En tant que Directeurs artistiques nous avons tenu à ne pas inviter seulement "les copains" comme cela se pratique très souvent, mais à choisir les musiciens pour leurs qualités musicales. Par exemple, nous ne connaissions pas personnellement la violoniste Tatiana Samouil, mais Ludmila avait depuis longtemps l'envie de l'inviter à jouer avec elle. Le festival sera l'occasion de cette rencontre désirée pour les qualités musicales qu'elle annonce.
L.B : Nous n'avons pas choisi tout d'abord les musiciens que nous voulions inviter à Talcy mais, au contraire, nous avons commencé par sélectionner les œuvres que nous voulions proposer au public. Ensuite seulement nous avons cherché les meilleurs interprètes pour les jouer. Nous avons uniquement donné carte blanche à la jeune violoniste Hildegarde Fesneau pour son récital avec piano qui sera proposé l'après-midi du 31 août. Il était logique de la laisser choisir son programme pour ce concert. En revanche, lorsque nous avons décidé d'inscrire au programme le Trio Élégiaque No. 1 de Rachmaninov et le Quintette pour piano et cordes No. 2 de Dvořák, nous avons choisi les musiciens que nous pensons idéaux pour ce répertoire. L'altiste Gérard Caussé a répondu présent à notre invitation et a même déplacé sa participation à un autre concert pour nous rejoindre à temps pour notre premier festival à Talcy. Comment ne pas nous incliner devant une telle gentillesse et une telle confiance ?

Tous ces musiciens participeront au festival <i>La Clé des Portes</i> édition 2013. De gauche à droite et de haut en bas : Dmitri Berlinski (violoncelle), Émilie Belaud (violon), Gérard Caussé (alto), Tatjana Uhde (violoncelle), Hildegarde Fesneau (violon), Justus Grimm (violoncelle), Thibault Lebrun (piano), Vladimir Dubois (cor) et Isabelle Lequien (alto).

 

Les concerts du festival sont organisés dans une église. Pouvez-vous nous parler de ce lieu ?

Église de Talcy.  D.R.

A.A. : L'église de Talcy est attenante au château. C'est un lieu très agréable. Sa charpente en bois permet d’obtenir une acoustique moins réverbérante que dans de nombreuses églises. Sa forme régulière en longueur permet également une bonne circulation du son et sa largeur est suffisante pour que les spectateurs placés au fond ne soient pas trop éloignés des musiciens. Je pense que les 200 spectateurs que nous pouvons accueillir tomberont sous le charme de cet endroit.

Vous jouerez sur des pianos Steingraber & Söhne. Pouvez-vous nous parler de ces instruments ?

L.B : Ces pianos sont d'une qualité royale. Steingraber & Söhne est une très ancienne manufacture familiale installée à Bayreuth depuis 1852. Chaque instrument est fabriqué à la main. Cette marque n’a acquis une véritable notoriété à Paris que depuis 7 ou 8 ans. On m'a fait découvrir ce piano et j'ai ensuite enregistré avec cet instrument à Bayreuth, à la manufacture. C'est grâce à Christophe Nebout des Pianos Nebout, un des plus grands distributeurs de pianos et distributeur exclusif de Steingraber & Söhne en France, que nous pourrons profiter de ces deux merveilleux instruments pour les concerts de La Clé des Portes.

Quelles qualités souhaitez-vous apporter à cette première année de festival ?

L.B : Nous souhaitons avant tout instiller une qualité musicale optimale, quelles que soient les difficultés auxquelles nous devrons faire face. Nous savons combien une première année de festival est difficile à organiser. Mais il est important pour nous de marquer cette première année par la tenue artistique de ce que nous proposons. De nombreux festivals existent en France et nombreux sont parfaitement organisés. Mais, au niveau musical, force est de reconnaître que, malheureusement, un grand nombre n'apporte pas grand-chose. C'est sur ce terrain que nous voulons nous exprimer et nous imposer.
A.A. : La seconde chose qui me semble importante est d'installer une ambiance extrêmement chaleureuse à tous niveaux car elle nous permettra de tisser des liens. Je souhaite que toutes les personnes qui auront donné de leur temps et de leur énergie soient récompensées en trouvant à Talcy une véritable osmose durant les 3 jours du festival.

Vous projetez-vous déjà sur une édition 2014 de La Clé des portes ?

A.A. :  Bien sûr ! Nous avons même déjà beaucoup avancé sur le développement du festival. Naturellement, au moment où je vous parle, rien n'est arrêté au niveau financier et il faudra d'abord se pencher sur le bilan économique et humain de la première année avant d'envisager la suite.

Quelle évolution souhaitez-vous pour ce festival ?

L.B : Nous pensons dès l'année prochaine pouvoir utiliser un deuxième lieu de concert, ce qui ouvrira le champ des possibilités.
A.A. : Un magnifique orchestre est également prêt à venir, et nous envisageons aussi déjà une possibilité de jumelage…

 

Ludmila Berlinskaia et Arthur Ancelle en concert à la Salle Cortot.  D.R.

Quels sont vos grands rendez-vous pour la saison 2013-2014 ?

A.A. : Un peu avant Talcy, nous serons le 26 août au Touquet pour Les Pianos Folies. Mais notre premier grand rendez-vous de la rentrée sera le 8 octobre prochain dans la grande salle de la Philharmonie de Moscou. Nous jouerons La Valse de Ravel avec un montage vidéo en préambule et Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy dans les versions pour 2 pianos des compositeurs. Le Prélude sera dansé dans la chorégraphie originale. À la fin du concert, de grandes stars russes de la musique nous rejoindront pour Le Carnaval des animaux de Saint-Saëns avec Gérard Depardieu comme récitant. Nous retournerons à Moscou le 19 décembre pour un concert qui se déroulera au Musée des Beaux-Arts Pouchkine dans le cadre du célèbre festival des Nuits de Décembre créé par Sviatoslav Richter. Nous proposerons des œuvres de Britten et Lutosławski, ainsi que Le Sacre du Printemps de Stravinsky. Toujours en Russie, nous jouerons également à Nijni Novgorod le 17 décembre et le 23 avril 2014 à la Philharmonie de Saint-Pétersbourg.
L.B : Nous sommes aussi très heureux et très fiers de participer le 6 février 2014 aux Sommets Musicaux de Gstaad dont la 14e édition est dédiée aux duos de piano. Et pour continuer en Suisse, nous serons fin mars à Boswil pour un programme très spécifique puisque sera présentée la première intégrale Debussy et Ravel pour 4 mains et 2 pianos.
A.A. : Nous serons un des trois duos de pianos invités pour l'occasion. De nombreux concerts en France sont également inscrits à notre planning… Et le 31 mars 2015, nous jouerons le Concerto pour 2 pianos et orchestre de Mozart et un concerto récent composé par Victoria Borisova-Ollas avec l'Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg. De nombreuses pièces à travailler nous attendent…

 

 

Propos recueillis par Philippe Banel
Le 23 juillet 2013

Remerciements à l'Office de Tourisme Blois | Chambord



 

 

Mots-clés

Duo Ludmila Berlinskaia et Arthur Ancelle
Festival de musique La Clé des Portes
Tatiana Samouil

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Vidéo

Valse d'Arensky - L. Berlinskaya & A. Ancelle

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