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Léonore Baulac - Danser Juliette - Épisode I

Lorsque nous avions rencontré Léonore Baulac peu après sa promotion au grade de Première danseuse du Ballet de l'Opéra national de Paris en novembre dernier [Lire l'interview], elle nous avait confié l'un de ses souhaits les plus chers : danser le rôle de Juliette… Le moment est venu puisque la jeune interprète dansera dans le Roméo et Juliette de Noureev au côté de Germain Louvet les 29 mars et 1er avril 2016 sur la scène de l'Opéra Bastille.


Léonore Baulac a accepté avec beaucoup de gentillesse que nous suivions sa progression vers ce rendez-vous important.
Trois rencontres sont prévues pour constituer une sorte de journal de cette prise de rôle, dont voici la première, au terme d'un peu plus d'une semaine de répétitions. Deux suivront : une à l'approche de la première représentation en public, et la dernière, à l'issue des deux représentations dansées par la jeune interprète cette saison…


Germain Louvet et Léonore Baulac : répétition de <i>Roméo et Juliette</i> de Rudolf Noureev.  © Julien Benhamou

Tutti-magazine : Quand et comment avez-vous appris que vous alliez danser le rôle de Juliette ?

Léonore Baulac : Benjamin Millepied m'en avait parlé comme d'une possibilité, et certains collègues avaient également vu mon nom à la régie où j'étais mentionnée comme remplaçante… Tant que les distributions ne sont pas affichées, on ne peut être sûr de rien. Cependant, ces bruits étaient déjà synonymes d'une immense joie.
Puis, le fait que je sois remplaçante a été confirmé. Ce statut ne veut pas dire que danser le rôle sur scène soit acquis, même il peut toujours y avoir une occasion. De plus, apprendre le rôle dans son intégralité, le travailler et pouvoir plonger dans le personnage est déjà une chance en soi. Enfin, avec Germain Louvet qui sera mon Roméo, nous avons eu l'immense plaisir d'avoir la confirmation que nous étions distribués sur deux dates.
Souvent les jeunes distributions ne dansent qu'un seul soir, ce qui est déjà formidable mais difficile pour profiter pleinement d'un rôle. Avec deux représentations, l'expérience promet d'être vraiment belle.

 

Léonore Baulac et Germain Louvet répètent <i>Roméo et Juliette</i> en février 2016.  © Julien Benhamou

À l'annonce d'une telle nouvelle, la joie n'est-elle pas pondérée par une certaine inquiétude ?

Je pense que, justement, il ne faut pas se laisser gagner par l'inquiétude ou le stress. Mais Juliette est le rôle de mes rêves et je ne peux m'empêcher de penser que je ne dois ni décevoir les gens qui peuvent m'attendre dans ce type de rôle ni la petite fille en moi qui rêvait un jour de le danser. Être déçue par soi n'est jamais agréable mais être déçue par ma prestation dans un rôle auquel j'attache autant d'importance serait vraiment triste. Pour autant, aborder Juliette avec la crainte de la déception n'est certainement pas la meilleure façon de tirer le meilleur de soi, et j'essaye de mettre ces sentiments de côté, sans nier qu'ils existent.
Une telle perspective m'apporte aussi beaucoup d'énergie. Aborder un tel rôle est synonyme d'un investissement total. Cette nuit, j'ai rêvé de Roméo et Juliette !

Vous documentez-vous pour préparer vos débuts dans ce ballet ?

Bien sûr, je visionne à nouveau tous les DVD que j'ai déjà vus afin de bien m'immerger dans cet univers avec lequel je m'étais déjà familiarisé en étudiant la pièce de Shakespeare dans le cadre du bac littéraire. Sur Internet, j'essaye de regarder toutes les distributions disponibles afin de voir ce qu'apporte chaque interprète même si, au final, je dois proposer ma propre Juliette. J'écoute aussi beaucoup la musique qui m'aide à revoir différentes parties.
Mon profond attachement au personnage de Juliette a toujours été lié à la musique de Prokofiev. J'ai commencé très jeune à aimer cette musique en écoutant la Danse des chevaliers. Ce passage si puissant a constitué en quelque sorte ma porte d'entrée dans la partition et a initié mon goût pour cette œuvre. Dans le Roméo et Juliette de Prokofiev, tout est dit et j'y trouve une très grande inspiration. Lorsque nous aurons suffisamment avancé dans notre travail, je suis persuadée que se laisser porter par l'orchestre avec cette musique sublime sera une expérience magnifique.

Vous avez commencé à répéter la semaine dernière, sur quoi portaient les premières séances de travail ?

Au tout début, tous les Juliette et tous les Roméo des cinq distributions étaient rassemblés autour de Patricia Ruanne. Ma répétitrice attitrée est Clotilde Vayer, mais c'est à Patricia Ruanne que revient la responsabilité de remonter le ballet en restituant la chorégraphie de Noureev qu'elle a créée avec lui. Pendant les quatre premières répétitions nous étions donc tous ensemble et nous avons principalement appris les trois pas de deux : celui du Madrigal, celui du Balcon et de la Chambre, ainsi que la variation de Juliette.

 

Léonore Baulac et Germain Louvet répètent <i>Roméo et Juliette</i> avec Patricia Ruanne à l'Opéra de Paris.  © Julien Benhamou

Tout cela en quatre jours, c'est dense…

Dense, sans aucun doute mais, avec Germain, nous avions pris un peu d'avance en nous penchant en amont sur ces pas de deux car, des cinq couples qui danseront ces rôles, nous sommes les seuls à n'avoir jamais dansé Roméo et Juliette. Pour chacun des quatre autres couples, au moins un des partenaires l'a déjà dansé. J'avais interprété le Pas de deux du Balcon en gala il y a 4 ans, mais de telles prises de rôle s'accompagnent de nombreuses choses nouvelles pour nous. C'est pourquoi nous avions voulu nous préparer au mieux. Avec l'aide de la vidéo, nous avions ainsi appris les trois pas de deux. De fait, ce que nous avons appris avec les autres couples, Germain et moi le connaissions déjà même si, nécessairement, il y a des imprécisions inhérentes à l'apprentissage d'après vidéo. Par exemple, dans le ballet de Noureev, les pas de deux sont très techniques au niveau des manipulations et on ne peut pas voir clairement à l'écran où le danseur place ses mains. Or ce sont des indications capitales.

Vous avez donc déjà approché les plus grands axes du ballet…

Ce ballet est extrêmement riche et il reste encore beaucoup d'aspects à aborder. Par exemple, la Scène de la mort réunit aussi Roméo et Juliette dans un pas de deux où Juliette est censée être endormie par la drogue qu'elle a absorbée. Je dois donner l'illusion de ne fournir aucun effort physique et même paraître désarticulée… Il y a aussi énormément d'interactions avec les nombreux personnages du ballet. En vous quittant, je vais me diriger vers ma première répétition avec les danseurs qui interprètent Tybalt, Lord et Lady Capulet… Je ne sais pas encore quand je travaillerai avec les autres protagonistes, mais je pense que je ne devrais pas tarder à répéter avec les amies de Juliette car il y a tout un jeu à composer avec elles au début du ballet, ainsi que de nombreux croisements sur scène à mémoriser. La Scène de la vision fait aussi intervenir plusieurs danseuses du corps de ballet. Ce ne sont pas des aspects que l'on peut apprendre à la dernière minute car il est nécessaire de bien les intégrer.

Pensez-vous répéter avec la totalité du corps de ballet sur scène ? En Studio ?

Faisant partie de la 3e distribution, il est possible que Germain et moi puissions faire un filage en studio avec tout le monde. Mais je peux difficilement m'avancer sur ce point car tout dépend de l'organisation et du nombre de répétitions en studio nécessaires à la première distribution. Généralement, elle est plus ou moins prioritaire sur les répétitions, ce qui est normal. La deuxième distribution est dans le même cas car elle danse dès la deuxième représentation. De notre côté, Germain et moi débuterons plus tard, ce qui nous laisse un peu plus de temps, même si l'échéance va vite arriver.

 

Germain Louvet et Léonore Baulac répètent un pas de deux de <i>Roméo et Juliette</i> de Noureev.  © Julien Benhamou

Vous travaillez de façon comparable aux acteurs de cinéma qui tournent dans le désordre. N'est-ce pas gênant pour inscrire un personnage dans une chronologie ?

Au moment où je vous parle, nous commençons à travailler nos personnages mais nous sommes encore au stade de l'apprentissage du ballet. Plus tard, travailler les scènes dans le désordre pourrait être problématique. Actuellement, nous nous concentrons davantage sur les aspects plus techniques. Mais il est vrai que, pas plus tard que ce matin, nous avons travaillé la Scène du balcon et juste après, la Scène de la chambre. Je l'ai commencée avec un large sourire aux lèvres qui correspondait à l'énergie de la scène précédente, avant de comprendre que ce n'était pas le propos. C'est une question de gymnastique d'esprit.

 

Léonore Baulac et Germain Louvet.  © IkAubert

Vous aurez un peu plus d'un mois pour préparer ce rôle. Cela vous semble-t-il confortable au vu du travail à accomplir ?

Je pense qu'il n'y aura pas un jour de trop ! Pour Casse-Noisette, que j'avais aussi dansé avec Germain, nous avions eu plus de temps. C'était notre premier rôle principal. Aujourd'hui nous avons gagné un peu en expérience… Pour Paquita, j'avais eu moins de temps de répétition car je n'étais pas prévue dès le départ. J'avais été rajoutée remplaçante en cours de route, et on m'avait attribué des spectacles par la suite aussi. Je crois me souvenir que j'avais eu trois semaines pour le ballet de Pierre Lacotte, ce qui était court. Mais il est difficile de comparer Paquita à Roméo et Juliette qui est vraiment très riche dans les rapports à construire entre de nombreux personnages. De plus, les pas de deux sont très compliqués à exécuter, en particulier pour le souffle - un point commun avec Paquita, à vrai dire - et, surtout, il y a un personnage à trouver, à travailler, qui me paraît vraiment profond et riche de multiples facettes. Accomplir tout cela en un peu plus d'un mois ne me semble pas infaisable, mais heureusement que nous avons tout ce temps pour y parvenir.

Avez-vous la possibilité de vous concentrer uniquement sur Roméo et Juliette ?

J'ai effectivement cette chance, mais pas mon partenaire qui est Sujet. À ce titre, il est tenu d'être un tant soit peu présent dans quelques ballets.

Quel type de Juliette souhaitez-vous incarner ?

J'aimerais, à l'inverse d'une petite fille romantique, me rapprocher de l'image que me suggère le texte de Shakespeare. Cette Juliette mène l'histoire et son Roméo montre un aspect plus passif. Elle a un côté garçon manqué tout en se montrant joueuse, comme peut l'être une fille avant d'entrer dans une période "fleur bleue". Après tout, elle n'a que 13 ans et, avant de rencontrer Roméo, son intérêt pour les garçons n'est pas encore éveillé. Elle les voit davantage comme de possibles camarades de jeu, comme avec son cousin Tybalt. Juliette se laisse entraîner dans une passion qui à la fois la dépasse et dont elle a envie de prendre les rênes. Elle est très active, voire combative, lorsqu'il s'agit de défendre sa relation avec Roméo contre la volonté familiale et la pression autant sociale que religieuse. Ce n'est pas rien de se rebeller contre l'autorité paternelle au sein d'une famille très traditionnelle de la Renaissance, et d'aller au bout de son aspiration pour vivre son amour.

Avez-vous carte blanche sur les options psychologiques du personnage ?

Les indications de Noureev sont assez précises pour décrire ses personnages, et notamment Juliette. Par chance, j'y retrouve cet aspect volontaire avec lequel je souhaite dessiner ma propre Juliette. Noureev s'est beaucoup inspiré du film de Franco Zeffirelli, et c'est avec cette version que j'ai découvert l'histoire de Roméo et Juliette. C'est précisément ce film qui m'a donné envie d'interpréter ce rôle. Quoi qu’il en soit, l'axe dans lequel j'avance doit respecter la vision de Noureev. La liberté vient ensuite dans la façon d'exprimer les choses.

 

Germain Louvet et Léonore Baulac : Répétition publique de <i>Roméo et Juliette</i> à l'Amphithéâtre Bastille.  © IkAubert

Avez-vous à l'esprit un ou plusieurs modèles pour construire votre propre Juliette ?

L'actrice Olivia Hussey, dans le film de Zeffirelli, fait partie des modèles qui m'inspirent, bien qu'appartenant au cinéma. Du côté des danseuses, je regarde de nombreuses interprétations et les interprétations que je préfère correspondent davantage à des moments précis du ballet. Je n'ai pas, pour le moment, un modèle ultime de Juliette dansée, mais chaque danseuse m'apporte généralement des aspects différents. Par exemple, je regarde beaucoup Élisabeth Maurin, qui a été une très belle Juliette à mon goût. Mais je trouve aussi de très belles choses chez Monique Loudières, Carla Fracci, et d'autres ballerines. Actuellement, je suis en pleine construction de mon personnage.

Trouvez-vous dans votre partenaire Germain Louvet un écho à votre propre motivation ?

Contrairement à moi qui rêvais de danser Juliette, Roméo n'est sans doute pas le rôle dont il rêvait quand il était très jeune, mais Germain est également très motivé par cette prise de rôle. Je dois dire que le rôle de Roméo est extrêmement dur, ce qui doit être assez effrayant pour lui, et à raison. Tous les danseurs qui ont interprété Roméo dans la version de Noureev ont dit que c'était le ballet le plus difficile qu'ils ont eu à danser de toute leur carrière. Les pas de deux sont à la fois durs et fatigants et ils sont tous précédés par une variation, elle aussi très dure et fatigante. Roméo est constamment sur scène. Quand il n'est pas au côté de Juliette, il danse avec Mercutio, Benvolio ou Rosaline, il participe à des trios… Il n'arrête pas. Hervé Moreau me disait qu'au moment de la Scène du balcon, l'épuisement lui faisait perdre la conscience de ce qui se passait. Pendant l'entracte qui suivait, il restait assis sur scène, incapable de se lever, et attendait l'Acte III sans aller se détendre…
Ceci dit, Germain et moi travaillons très bien ensemble, et dans la même direction, pour aboutir à une belle alchimie. Je ne doute pas que Germain fera un très beau Roméo. Il possède la jeunesse et la beauté qui correspondent si bien au rôle. Mais, pour le moment, lui et moi cherchons nos marques et avons besoin de travailler pour parvenir à dépasser l'aspect technique de la chorégraphie, en particulier celle des pas de deux. Germain apprend et corrige très vite ses manipulations. Je trouve que nous avançons assez vite pour le moment.

Votre coach est Clotilde Vayer. Comment vous fait-elle travailler ?

Nous n'avons pas encore beaucoup travaillé ensemble et nous sommes encore en train de dégrossir. Mais je crois que son travail s'inscrit précisément dans l'axe de Patricia Ruanne. Elle utilise, par exemple, les mêmes images. Pour la Scène du balcon, elles sont issues du texte de Shakespeare. Dans le passage où Roméo et Juliette font des grands jetés : "ils pointent vers une étoile qui sera la leur, le symbole de leur amour, et vers laquelle ils pourront se tourner lorsqu'ils seront loin l'un de l'autre…". Dans le Madrigal, les gestes des mains sont chargés de symboles… Je ne suis pas une fan absolue des ballets de Noureev mais je trouve son Roméo et Juliette très riche et très bien structuré. Il parvient à se référer au texte dans chaque aspect de la construction du ballet et, de Mercutio à Lady Capulet, tous les personnages sont caractérisés avec profondeur. Tybalt, par exemple, est un personnage que j'adore au point que, si j'avais été un garçon, j'aurais adoré le danser !

 

Répétition publique de <i>Roméo et Juliette</i> à l'Amphithéâtre Bastille le 20 février 2016. Léonore Baulac et Germain Louvet sont coachés par Clotilde Vayer.  © IkAubert

Le 20 février, dès la fin de votre première semaine de travail sur le rôle, vous avez participé à une répétition publique avec votre partenaire. Comment avez-vous vécu ce premier contact avec le public dans le rôle de Juliette ?

Avec Germain, nous appréhendions un petit peu cette répétition publique qui arrivait très tôt dans notre préparation, alors que nous étions encore loin du niveau que nous voulons présenter à un public. Nous avons répété à l'Amphithéâtre Bastille le Pas de deux du balcon, que nous n'avions vu que deux ou trois fois en amont, et un peu le Madrigal… Au final si, pour notre ego, cette situation n'est pas forcément des plus agréables, je pense que le concept de ces répétitions devant des spectateurs est justement de montrer la réalité du travail des danseurs, y compris dans ce qui se passe mal ou ce qui est difficile. Le fait est, nous étions vraiment dans cette situation et nous avons raté pas mal de choses, ce qui a donné à Clotilde Vayer l'occasion de donner aussi bien des indications techniques que théâtrales à l'aide d'images que nous découvrions en même temps que le public. Il s'agissait d'une vraie séance de travail avec tout ce que cela peut comporter de non-glamour quand on tombe ou quand nous nous cognons… Au début, je reconnais que nous étions un peu tendus mais nous nous sommes vite pris au jeu. Et même, la présence du public, les éclairages et le petit costume que je portais nous a permis de nous projeter davantage dans une dimension de spectacle, et sans doute d'acquérir un peu de cet instinct scénique qui n'est pas présent quand on commence à répéter.

 

Répétition publique de <i>Roméo et Juliette</i> avec Germain Louvet et Léonore Baulac.  © IkAubert

À ce stade de votre apprentissage, quelles sont vos assurances et vos craintes face à cette prise de rôle ?

Je pense être assez sûre de la direction que je souhaite donner à ma Juliette même si, pour le moment, les gestes ne sont pas forcément encore aboutis. L'idée est claire et je dois à présent la transmettre au corps. De même, je suis confiante dans le fait que Germain et moi parviendrons à une belle alchimie pour incarner Roméo et Juliette. Je fais confiance à Clotilde qui sait et saura nous coacher afin de nous permettre d'avancer. Les quelques répétitions que j'ai faites avec elle m'ont beaucoup plu et je pense qu'elle est idéale pour nous aider à parvenir au but vers lequel nous tendons.
La crainte que je peux avoir est celle de ne pas réussir à mener à bien mon personnage dans tous les moments du ballet si je sens que certains passages sont un peu stressants. Que ce soit parce que nous ne les avons pas suffisamment répétés, ou parce qu'un autre personnage du ballet change de distribution. Ceci dit, lorsque j'ai dansé Casse-Noisette, j'ai rapidement compris que, quoiqu'on fasse ou prépare, les imprévus sont toujours légion. Alors j'espère de tout cœur réussir à ne pas perdre le fil en dépit des imprévus. Je souhaite aussi que mon jeu soit suffisamment lisible pour que le public puisse facilement comprendre ce que je ressens de cette Juliette… Mais tout cela ne m'effraye pas car le travail que nous allons mener est justement fait pour effacer ce genre de questionnement. Reste que cette prise de rôle représente tout de même un beau challenge.

 

Germain Louvet et Léonore Baulac.  © IkAubert

Pensez-vous accompagner cette prise de rôle d'une hygiène de vie particulière ?

Je pense devoir faire preuve d'une rigueur encore plus pointue que d'habitude. Avec les représentations des Variations Goldberg, le spectacle se terminait tard et je me couchais donc très tard. Je manquais de quelques heures de sommeil, ce que j'essaye de régler en ce moment. Jusqu'aux représentations de Roméo et Juliette, je dois veiller à ne pas manquer de repos. L'effort supplémentaire que je dois fournir demande à ne pas faire d'entorse à l'hygiène de vie qui est déjà de mise lorsqu'on est danseuse. Une alimentation saine est aussi importante. J'aurai recours à des séances de Pilates car cette méthode aide à retrouver un dos bien placé après les pas de deux un peu tordus qui le mettent parfois à l'épreuve. Je vais essayer de fréquenter ces séances très régulièrement. Nous avons maintenant des cours de yoga et de Pilates à l'Opéra. C'est vraiment une excellente chose !

Sentez-vous un soutien de la part de vos collègues ?

Lorsque nous avons travaillé avec les autres Roméo et Juliette, tous les danseurs se sont montrés disponibles et ils répondaient volontiers à nos questions… Pour le reste, il est difficile de répondre à cette question car nous avons surtout travaillé en petit comité. Je vais expérimenter tout à l'heure mes premières interactions avec d'autres personnages…

 



Propos recueillis par Philippe Banel
Le 23 février 2016

 

Remerciements à Isabelle Aubert et Julien Benhamou
qui nous ont confié les photos qui illustrent cet article.


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Ballet de l'Opéra national de Paris
Clotilde Vayer
Germain Louvet
Léonore Baulac
Patricia Ruanne
Roméo et Juliette
Rudolf Noureev
Sergei Prokofiev

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