Interviews

Interview de Jodie Devos, soprano & Yu Shao, ténor

Tous deux ont été lauréats d'un prix au Concours Reine Élisabeth 2014 et se retrouveront pour un récital le 2 juillet 2015 lors des Estivales de musique en Médoc où ils interpréteront de grands airs et duos du répertoire lyrique.
Nous avons voulu en savoir plus sur leur parcours respectif.
La jeune soprano colorature belge Jodie Devos a été très remarquée cette saison dans La Chauve-souris à l'Opéra Comique, dont elle a intégré l'Académie. Distribuée dans le rôle d'Ida, elle a remplacé Sabine Devieilhe souffrante dans celui d'Adèle à l'occasion d'une soirée mémorable à plus d'un titre. Nous la retrouverons sur la même scène dans Les Mousquetaires au couvent à la fin de la saison.
Le jeune ténor Yu Shao est natif de Shanghai. Il arrive en France en 2008 pour poursuivre ses études de chant et a rejoint cette saison le prestigieux Atelier Lyrique de l'Opéra de Paris où son magnifique timbre et son excellente diction ont déjà eu l'occasion de s'exprimer sur la scène de l'Opéra Garnier.
Rencontre avec deux chanteurs talentueux et prometteurs…

Yu Shao, ténor et Jodie Devos, soprano colorature.  © Mirco Magliocca/OnP/Philippe Talbot/Opéra Comique

Tutti-magazine : Jodie, comment la musique classique est-elle entrée dans votre vie ?

Jodie Devos.  © Dominique GaulJodie Devos : Je pratiquais la danse classique et c'était indirectement mon seul contact avec la musique classique. À cette époque, je ne connaissais rien de l'opéra et la musique instrumentale que j'entendais ne provoquait pas encore en moi le désir d'aller plus loin. Je souhaitais même devenir chanteuse de pop, et c'est précisément ce désir qui m'a poussée à vouloir bien chanter et apprendre la technique vocale. À l'occasion de mes premiers cours de chant j'ai rencontré l'opéra qui est devenu une évidence lorsque j'ai découvert ma voix classique. Dès le départ, la connexion entre le corps et le chant classique m'était assez naturelle. Cette grande découverte a balayé l'envie de devenir chanteuse de variété pour laisser place au désir de rentrer au conservatoire en chant. Ceci dit, la danse est un de mes hobbys et j'adorerais reprendre la danse classique que j'ai dû arrêter faute de temps car elle apporte beaucoup à ma façon de chanter. La grâce inhérente à la danse se conjugue parfaitement à la façon dont j'ai envie de m'exprimer aujourd'hui. Du reste, dès que j'apprends qu'il y aura des chorégraphies dans une production, cela me remplit de joie !

Yu, vous êtes né en Chine. Comment s'est passée votre rencontre avec une expression classique qui n'appartient pas à la tradition chinoise ?

Yu Shao.  D.R.Yu Shao : Mon père était un fervent amateur de chant. Lorsque j'étais très jeune, à l'école maternelle, j'avais un professeur de chant qui le connaissait et elle me poussait à chanter sur scène. C'est ainsi que j'ai commencé très jeune à chanter. Ensuite, mon père connaissant d'autres professeurs de chant qui enseignaient dans notre district, je me suis très souvent retrouvé à l'avant de la scène au point que j'en ai rapidement acquis l'habitude.
Mes études musicales au Conservatoire de Shanghai tiennent davantage du hasard. En Chine les conservatoires de musique attirent beaucoup de jeunes. Mais les artistes, encore aujourd'hui, sont toujours considérés comme un peu marginaux dans la mesure où ils ne gagnent pas suffisamment bien leur vie. Docteur, avocat ou ingénieur sont considérés comme de vrais métiers. Peu de gens comprennent que le chant est aussi un vrai métier. C'est ma tante, de façon totalement fortuite, qui a conseillé à ma famille que je tente l'entrée au conservatoire. C'est ainsi que je suis entré au Conservatoire de Shanghai, un des plus côtés de Chine. Là j'ai commencé à me familiariser avec le chant classique par le Bel Canto.

Quel est le public de la musique classique à Shanghai ?

Y.S. : J'avoue que je n'ai pas beaucoup entendu de musique classique vivante à Shanghai car les places de concert sont hors de prix. Pour le 250e anniversaire de la naissance du Bel Canto, un concert était organisé au Grand Théâtre de Shanghai et je m'étais payé une place. Je me suis retrouvé en haut, au 6e étage, et la visibilité était nulle. Mais ce siège m'avait coûté l'équivalent de 60 € ! La musique classique est réservée à une élite qui a les moyens, à des patrons ou des entrepreneurs qui peuvent acheter ces places de concert si chères…

Jodie, comment se sont déroulées vos premières années d'étude de chant à Namur ?

J.D. : C'est à l'Institut supérieur de Musique et de Pédagogie de Namur - IMEP, à 18 ans, que s'est faite ma première approche profonde de la musique. Mes études se sont déroulées de façon vraiment idéale et je crois avoir eu beaucoup de chance que tout se passe très bien avec mes professeurs. Ce cursus m'a permis de découvrir un répertoire qui m'était alors inconnu, d'acquérir de bonnes bases et un socle assez complet sur la musique en général, et pas uniquement le chant. Je n'étais pas une grande fan des cours de solfèges mais le programme m'a tout de suite plu. Je n'ai jamais remis en cause ma volonté de devenir chanteuse… J'adore le dessin et l'histoire de l'Art m'a toujours intéressée. Plus jeune, je faisais beaucoup de peinture à l'huile. Ensuite, à l'IMEP, j'ai été ravie de suivre des cours d'histoire de la Musique. J'ai aussi suivi des cours d'écriture musicale et d'analyse de l'harmonie.
Il y a quelques années, les chanteurs étaient parfois placés dans des cases et suivaient des cours de solfège adaptés. Ils apprenaient seulement à chanter. L'IMEP, par la formation qu'il propose, tente d'ouvrir le chanteur à une dimension autrefois réservée aux instrumentistes. Cela m'aide aujourd'hui à me sentir à l'aise devant une partition et à être assez autonome. Je crois aussi que l'analyse permet d'être plus à même de comprendre le répertoire contemporain, ce qui est nécessaire aujourd'hui.

 

Jodie Devos dans <i>La Mélodie du bonheur</i> à Charleroi.  D.R.

 

Yu Shao dans <i>Maudits les innocents</i> sur la scène de l'Amphithéâtre Bastille en 2014.  © Mirco Magliocca/OnP

Yu, vous avez passé 4 ans au Conservatoire de Shanghai dans la classe du professeur Wu Bo. Cette formation est-elle comparable à celle de Jodie à Namur ?

Y.S. : Au Conservatoire de Shanghai, j'ai suivi le cursus du département de pédagogie de musique. De fait, comme Jodie, la formation était très complète. J'avais des cours de solfège qui ne m'enthousiasmaient pas non plus beaucoup, mais j'ai aussi appris à jouer du piano, à improviser et à accompagner un cours de danse. Aujourd'hui, je ne peux pas m'accompagner au piano lorsque je chante mais je sais déchiffrer. Mon expérience dans le Chœur de Radio France m'a ensuite beaucoup apporté dans ce sens. Cela me permet maintenant d'apprendre rapidement une nouvelle partition. À Shanghai, j'ai appris les bases du chant. Mon professeur, le ténor Wu Po, affectionnait particulièrement le chant italien, et en particulier le Bel Canto. Je pense que, grâce à lui, j'ai acquis un peu de l'esprit de cet art du chant, des choses sans doute très basiques mais fondamentales…

Jodie Devos.  © Dominique Gaul

Jodie, vous décidez ensuite de poursuivre votre formation à la Royal Academy of Music de Londres. Qu'avez-vous trouvé dans cette institution ?

J.D. : J'ai découvert le monde ! À Namur je devais être la meilleure de ma classe. À Londres, je me suis retrouvée avec de jeunes chanteurs qui étaient tous les meilleurs de leur promotion. Cela prépare d'une certaine façon à la situation réelle dans lequel un chanteur évolue aujourd'hui. C'est une leçon de vie : pour sortir du lot, il faut se dépasser et travailler encore davantage. À la Royal Academy of Music, les cours étaient beaucoup plus axés sur le chant : oratorio, lied, ainsi que mélodies françaises et anglaises. Cette formation m'apprend à devenir très curieuse et à acquérir un vaste répertoire. Chaque semaine, je devais apporter une œuvre nouvelle que je travaillais ensuite avec un professeur. Parallèlement, je suivais des cours techniques avec mon professeur de chant et j'étais coachée par des chefs de chant qui, tous, étaient absolument extraordinaires. Chaque année, nous préparions deux spectacles basés sur des scènes d'opéras. Nous étions costumés mais les décors étaient très minimalistes. De toute façon, nous n'avions pas besoin de grand-chose. Durant mes deux ans à Londres, j'ai pu ainsi chanter Despina dans Cosi fan tutte, Blondchen dans L'Enlèvement au sérail qui convient très bien à ma voix, Nanetta dans Falstaff et du Britten. Durant cette période, je me suis sentie mûrir en tant qu'artiste, ma curiosité a été poussée plus loin et j'ai appris à découvrir des tas de choses. Finalement, cela m'a aidé à confirmer mon goût pour l'opéra tandis que, techniquement, je commençais à trouver une assise vocale. J'ai senti en tout cas une progression continue du début à la fin de mon séjour. De plus, la musique classique est bien plus ancrée dans la vie ses Anglais, et ils l'aiment. Les rencontres que j'ai pu faire là-bas ont donc aussi été très riches.

 

Yu Shao et Gemma Ni Bhriain dans <i>Maudits les innocents</i> à l'Amphithéâtre Bastille en décembre 2014.  © Mirco Magliocca/OnP

 

Yu Shao dans <i>Iphigénie en Tauride</i> mis en scène par Jacques Osinski.  © Mirco Magliocca/OnP

Yu, en 2008 vous choisissez la France pour parfaire votre apprentissage. Pourquoi la France et qu'y avez-vous trouvé ?

Y.S. : Mon père me disait : "Ne rêve jamais d'aller à l'étranger !". Financièrement, c'était en effet impossible. Mais il se trouve que le Conservatoire à Rayonnement Régional d'Aubervilliers-La Courneuve a recruté à Shanghai. À tout hasard, j'ai passé l'audition pour voir si je pourrais me rendre à l'étranger par ce biais. Il y avait des droits d'inscription à payer et j'ai pu utiliser une bourse dont je bénéficiais… J'ai été retenu ! Ma mère, à l'annonce de cette nouvelle, ne parvenait pas y croire…
Je suis ainsi parti pour la France sans savoir un mot de français, et j'ai étudié pendant trois ans au Conservatoire de la Courneuve avec Dominique Moaty. Avec elle, chanteuse spécialisée dans le Baroque, j'ai beaucoup travaillé sur des répertoires quelque peu délicats. J'ai eu aussi l'occasion de chanter Les Noces de Figaro et l'Orfeo de Monteverdi puis, avec une autre classe de chant, Orphée aux Enfers d'Offenbach. J'ai beaucoup appris de cette formation au conservatoire.

Ayant grandi dans une culture différente, vous intégrer en France vous a été facile ?

Y.S. : Pas vraiment et je suis toujours en train de me confronter à votre culture. Je trouve très difficile de savoir comment réagir aux paroles d'autrui. Au niveau de l'humour, par exemple, Chinois et Français sont totalement différents. Je suis quelqu'un de très sérieux et je prends tout au pied de la lettre de telle sorte que je trouve très difficile de capter le vrai sens derrière les mots… Par ailleurs, cela fait 6 ans que je suis en Europe - quatre ans en France et deux ans en Belgique - et la solitude me pèse un peu. Une vie de chanteur, c'est vraiment se retrouver face à face avec soi-même.

N'est-ce pas cette dimension de solitude qui vous attend tous les deux ?

J.D. : Il est vrai qu'on se retrouve la plupart du temps tout seul à l'hôtel après un concert. Quand on voyage, la solitude nous accompagne. Heureusement, grâce à Internet, nous pouvons garder un lien avec nos familles et nos amis. Mais, de fait, nous sommes souvent seuls sans être préparés à cela pendant nos études.
Y.S. : Personnellement, et comme sans doute nombre de jeunes chanteurs, je me demande si je vais continuer sur ce chemin. J'ai discuté avec de nombreux collègues et cette question revient toujours.
J.D. : Cette question est amplifiée par la difficulté d'exercer le métier de chanteur dans la mesure où l'opéra a perdu de sa popularité. Nous sommes touchés de plein fouet par la crise actuelle qui oublie totalement la culture et l'importance que peut avoir la musique. Alors, effectivement, il y a des jours où l'on se demande si ça vaut vraiment la peine… Puis un concert se présente, le public en sort ravi et cela nous conforte dans notre choix.

 

Jodie Devos en répétition avec orchestre.  D.R.

De plus, une carrière de chanteur se fait maintenant le plus souvent à l'international…

J.D. : Pas nécessairement. En Allemagne le système des troupes est encore très répandu. Je connais aussi des chanteurs belges auxquels on confie des petits rôles dans les maisons d'opéra belges, qui ne quittent pas leur pays et qui sont très satisfaits de leur carrière. Un chanteur qui demeure dans un théâtre fait aussi une belle carrière dans la mesure où il est en permanence sur scène. Mais il est vrai que le chant s'est internationalisé et que de nombreux chanteurs pensent qu'il n'est pas possible de faire carrière dans un seul théâtre. Personnellement, je me vois bien faire ma vie à l'Opéra Comique. J'adorerais !

Jodie Devos accompagnée au piano par Daniel Thonnard.  D.R.

Y.S. : Pour ma part, je pense me situer actuellement dans une période importante qui me permet de découvrir les répertoires d'opéra. Par exemple, cette année, à l'Atelier Lyrique de l'Opéra de Paris, je chante quatre opéras. Il y a eu Iphigénie en Tauride de Gluck et Maudits les innocents, une œuvre composée par des étudiants des classes de composition du Conservatoire National, et je serai bientôt la doublure du rôle de Lancelot dans Le Roi Arthus de Chausson programmé à l'Opéra Bastille du 16 mai au 14 juin. Ensuite, L'Atelier Lyrique présentera son Cosi fan tutte à la Maison des Arts de Créteil du 19 au 24 juin. Tout cela me plonge vraiment en pleine découverte. Je pense ensuite poursuivre en ce sens de façon internationale et passer les auditions qui se présenteront.

Jodie, quelles sont les rencontres qui ont compté dans votre évolution après vos études à Londres ?

J.D. : D'emblée je vous réponds : le Concours Reine Élisabeth, en 2014. C'est lui qui m'a ouvert toutes les portes. Il se trouve qu'après avoir terminé mes études à Londres, je commençais à me sentir assez solide dans ma technique. Je n'avais pas beaucoup de projets cette année-là, si ce n'est de passer mon diplôme d'enseignante à l'IMEP de Namur. Le timing était donc idéal pour préparer ce concours qui demande une énorme préparation. Il faut compter 7 mois de travail intensif pour préparer quelque 19 pièces, soit presque 2 heures de musique ! De fait ce concours m'a apporté une visibilité auprès de certains directeurs d'opéras et de professionnels.
Parlant de rencontres importantes, j'ai réalisé il y a peu de temps combien mon parcours était jalonné de bonnes rencontres. Au départ, mon professeur de piano m'a présenté à un autre professeur, qui m'a ensuite présenté à une autre personne… Tout s'est déroulé ainsi, et chaque rencontre m'a conduite à l'étape suivante. Je dois dire aussi que mes deux professeurs en Belgique, Élise Gäbele et Benoît Giaux, ont tout de suite cru en moi et m'ont vraiment beaucoup soutenue. Cela m'a amenée à Londres où j'ai eu la chance d'avoir deux professeurs incroyables, Lillian Watson et Audrey Hyland. Ces rencontres ont été réellement déterminantes et ces professeurs ont compté de façon très importante dans ma vie de jeune chanteuse. Ils sont d'ailleurs toujours auprès de moi. Je reconnais ma chance d'avoir rencontré les bonnes personnes, ce qui n'est pas le cas de tous les jeunes chanteurs. Or l'on sait que le métier de chanteur, c'est du talent, du travail et de la chance.

José Van Dam.  D.R.

Yu, en 2012 vous rencontrez José Van Dam en Belgique dans le cadre de la Chapelle Musicale Reine Élisabeth. Que vous a-t-il apporté ?

Y.S. : José Van Dam est avant tout très humain et plein d'humour. Une chose est révélatrice du respect qu'il porte aux chanteurs : il ne les coupe pas en plein élan pour leur donner un conseil. C'est très difficile d'être coupé à tout bout de champ et de s'exprimer. En outre, cela réduit la confiance en nous. José Van Dam, lui, fait tout pour que le chanteur se sente bien. C'est un grand musicien et un grand artiste. Bien souvent, lorsqu'il conseille d'ajouter une respiration en plein milieu d'une mesure, cela change tout. C'est magique ! Je crois lui devoir une certaine aisance dans ma façon d'interpréter. En outre, le travail global que j'ai mené à la Chapelle m'a apporté énormément. J'en prends vraiment conscience aujourd'hui que je suis à l'Atelier Lyrique. Je me réjouis d'ailleurs de retrouver José Van Dam en juillet prochain. Ce sera dans le cadre d'une master class avec Sophie Koch et Michel Plasson à l'Académie Internationale de musique française.

En 2014, vous vous retrouvez tous les deux au concours Reine Élisabeth dont vous ressortez chacun avec un prix. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

J.D. : Pour moi, ce concours avait une résonance particulière car, en tant que Belge, c'est LE concours, avec la pression qui va avec. Je crois néanmoins qu'il m'a permis de me dépasser. Réussir ce challenge qui consiste à présenter ces 19 pièces est éprouvant mais apporte aussi un bonheur incroyable par le fait qu'il nous apprend à aller au-delà de nous-même. J'ai par ailleurs été très surprise de trouver une ambiance extrêmement chaleureuse et absolument pas tournée vers la compétition alors que les enjeux sont assez importants. Michel-Étienne Van Neste, le Secrétaire général du concours, est un homme merveilleux. Il nous a très bien encadrés, ce qui nous a permis de nous retrouver dans un cadre très familial. Chaque épreuve s'inscrivait dans le concours, bien sûr, mais grâce à cela, j'avais davantage l'impression que l'épreuve se déroulait avec moi-même et non face aux autres candidats. Il s'agissait de se dépasser soi-même et non de faire mieux qu'Untel. Ce concours comptera comme un grand moment dans ma vie, et je n'en garde que de bons souvenirs. Je ne pouvais pas rêver mieux… Cet été, je participerai à Operalia à Londres. Ce sera une seconde grande expérience mais sans doute aussi, le dernier concours que je présenterai. Operalia a une envergure plus internationale et c'est un concours focalisé entièrement sur l'opéra.
Y.S. : J'étais étudiant à la Chapelle Reine Élisabeth et il était quasiment logique que je me présente ensuite au concours du même nom. Mais, je crois bien avoir ressenti une pression aussi forte qu'un Belge ! Un mois avant le concours je me souviens avoir même dit à ma coach principale Jocelyne Dienst-Bladin que je ne pouvais pas me présenter au concours car je ne parvenais pas à chanter les 15 morceaux à présenter de manière satisfaisante. Puis j'ai réfléchi et j'ai compris que je n'avais rien à perdre. Je devais essayer. En fin de compte, ce concours restera en moi comme un challenge difficile à préparer mais un excellent souvenir. J'ai été sensible, comme Jodie, à l'ambiance chaleureuse qui régnait. Je suis aussi conscient que la portée de ce concours est importante en Europe, en particulier en France. France Télévisions, Arte et Radio France s'en font l'écho et de nombreuses personnes, y compris des chanteurs, s'intéressent au Concours Reine Élisabeth… Quant à Operalia, en ce qui me concerne, je vais attendre 2016 pour me présenter.

 

Yu Shao (1er à gauche), Jodie Devos (3e) et la Reine Matilde de Belgique lors du Concours Reine Élisabeth 2014.  D.R.

Lorsque vous vous présentez à un concours. Est-ce l'ouverture qui vous importe ? Le prix ?

J.D. : C'est l'ouverture qui me motive. Je considère davantage le prix comme un bonus. Le fait d'être entendue par des directeurs d'opéras et des gens du métier est un élément également très important. Il arrive qu'un chanteur ne décroche aucun prix mais qu'il soit ensuite contacté par quelqu'un qui l'aura remarqué dans le cadre du concours.
Y.S. : Je ne peux nier que lorsqu'on est un jeune chanteur, gagner une somme d'argent apporte une respiration bienvenue. Mais, effectivement, ce n'est pas non plus ma motivation première. J'ai considéré ce concours comme toute chose liée à ma vie, c'est-à-dire un apport à mon expérience. De plus en plus, j'apprends à me détacher des résultats pour simplement essayer, tenter. La pression est en outre un élément qu'un chanteur doit apprendre à intégrer.

 

Jodie Devos interprète le rôle d'Ida dans <i>La Chauve-Souris</i> sur la scène de l'Opéra Comique.  © Philippe Talbot

Jodie, en 2014 vous rejoignez la 3e promotion de l'Académie de l'Opéra Comique ? En quoi consiste la formation que vous recevez, laquelle doit être assez peu connue ?

J.D. : Il est vrai que, moi-même, je ne connaissais pas l'opéra comique avant d'auditionner pour entrer à l'Académie. Justement, l'Académie de l'Opéra Comique se donne pour mission de faire découvrir ce répertoire qui est un peu oublié et finalement, joué pour ainsi dire essentiellement à la Salle Favart, hormis quelques œuvres. La formation débute par un grand nombre de conférences sur la naissance de l'Opéra Comique et l'Histoire qui s'y rattache. Des chefs de chant nous font découvrir le répertoire. En ce moment, je suis en pleine master class avec Christiane Eda-Pierre. C'est une immense chance car c'est une dame formidable qui connaît ce répertoire sur le bout des doigts. Nous avons également suivi une master class de Jean-Paul Fouchécourt pour découvrir la romance française, qui est un peu oubliée aussi. C'est un lieu de découverte.
La formation se déroule au rythme de deux productions. Le premier spectacle auquel j'ai participé était La Chauve-Souris mise en scène par Ivan Alexandre et dirigée par Marc Minkowski. Début avril, j'ai commencé à travailler sur la seconde production qui sera Les Mousquetaires au couvent, présenté du 12 au 23 juin. Pendant ces périodes, nous travaillons sur la production en tant que doublures ou petits rôles. Nous assistons aux répétitions, ce qui nous immerge dans le métier comme des artistes professionnels et, parallèlement, nous suivons des cours de chant, nous travaillons avec des coaches et participons à tous ces ateliers de découverte du répertoire. Ce cursus est davantage une spécialisation dans un répertoire. Par exemple, l'expression parlée intervient dans l'opéra comique, mais je ne l'ai jamais étudiée au conservatoire. Or je peux vous assurer que c'est très difficile car le jeu de comédien intervient de façon bien plus importante que dans un opéra où le chanteur interprète ses airs et se sent soutenu par la musique. Dans l'opéra comique, un chanteur doit pouvoir parler aussi bien qu'un comédien. Serge Bagdassarian, de la Comédie Française, nous fait travailler cet aspect et cela est on ne peut plus enrichissant pour ce répertoire très français. Du reste, seuls des chanteurs francophones sont recrutés pour cette Académie qui nous apprend aussi à être intelligibles lorsque nous chantons !

 

Yu Shao (3e, rangée du fond) et la promotion 2014-2015 de l'Atelier Lyrique de l'Opéra national de Paris.  © Mirco Magliocca/OnP

 

 

 

 

Yu, la même année vous entrez à l'Atelier Lyrique. Au bout de plus de 6 mois, quel bilan dressez-vous de l'apport de cette formation ?

Y.S. : Je parlerai tout d'abord de la possibilité de travailler avec de grands metteurs en scène. Par exemple Cosi fan tutte va être mis en scène par Dominique Pitoiset. On apprend énormément au contact de tels professionnels. Le second aspect qui me semble très important est que l'Atelier Lyrique nous permet de participer à des productions de l'Opéra de Paris. Cela donne la possibilité d'avoir une vision encore plus professionnelle sur le métier de chanteur. C'est aussi un tremplin qui permet à l'étudiant de devenir professionnel. Je pense ne jamais m'arrêter d'étudier et d'apprendre, mais ce cursus m'apporte cette dimension du métier que je n'aurais pas pu acquérir au travers de cours. Je vois cette étape comme la dernière avant de me lancer vraiment, et je pense rester 2 ans à l'Atelier Lyrique.

Jodie, en décembre dernier vous teniez le rôle d'Ida dans La Chauve-souris à l'Opéra Comique, où vous étiez aussi la doublure d'Adèle que chantait Sabine Deviehle. Racontez-nous cette expérience ?

J.D. : Avec le rôle d'Ida, je me sentais chez moi car ce personnage est une danseuse. J'ai adoré me retrouver dans un tutu ! Ida est sûre d'elle, dans la posture d'une danseuse du passé. Ivan Alexandre voulait aussi utiliser le fait que chaque homme du monde avait alors sa danseuse. Mais je me sentais vraiment bien dans ce personnage et je n'ai pas eu à creuser beaucoup pour le trouver. Ida est un rôle secondaire et elle parle plus qu'elle ne chante. Il y a donc quelque chose à créer à partir du texte. Ma grande phrase solo chantée faisait cinq mots, ce qui nous a fait beaucoup rire pendant les répétitions ! Ida se retrouve en revanche dans de nombreux ensembles…
Jodie Devos remplace Sabine Devieilhe dans le rôle d'Adèle de <i>La Chauve-Souris</i> à l'Opéra Comique.  © Philippe TalbotSur cette Chauve-Souris, j'ai eu la chance d'avoir pour collègue Sabine Deviehle, qui est une artiste que j'admire énormément. Elle m'a beaucoup appris et beaucoup inspiré sur cette production. Nous sommes de la même taille. Nous étions les deux petits formats sur scène et nous nous sommes vraiment bien entendues. J'ai adoré participer à cette production qui m'a aussi permis de voir comment travaillaient des chanteurs comme Sabine, mais aussi Stéphane Degout et ma compatriote Chiara Skerath.

Vous avez eu l'occasion de remplacer Sabine Deviehle dans le rôle d'Adèle…

J.D. : J'ai appris que je devais remplacer Sabine dans le rôle d'Adèle l'avant-veille de la représentation. Le soir, elle m'appelle pour me dire qu'elle n'a plus de voix et Caroline Giovos, administratrice de la production, me dit de me tenir prête… Le moment où l'on se demande si on va y arriver est le plus stressant, et je n'ai pas dormi de la nuit. Je n'avais alors répété que l'Acte I durant deux jours et la fin de l'Acte III, mais jamais l'Acte II en entier, qui est le plus important. Mais j'avais la chance de jouer Ida qui est constamment aux côtés d'Adèle. Je connaissais donc ses moindres et faits et gestes. De plus, en tant que doublure, j'avais assisté à toutes les répétitions, y compris quand je n'avais pas à intervenir…
L'après-midi suivant, 5 heures de répétition m'attendaient dans le décor des Fêtes vénitiennes. Le plateau n'était pas libre. Le lendemain, jour du spectacle, j'ai eu une heure de raccord sur le plateau avec quelques accessoires. Il y avait énormément de petits détails à régler pour l'Acte I… Je ressentais du stress, bien sûr, mais rien avoir avec l'angoisse qui m'a saisie lorsque l'on m'a annoncé que j'allais remplacer Sabine Devieilhe. Je suis rentrée dans mon costume et j'ai plongé sans me poser de questions. L'assistant du metteur en scène, Florent Siaud, m'a suivie avec beaucoup de gentillesse pendant tout le spectacle. Les chefs de chant ont aussi été adorables avec moi et, finalement, toute la maison m'a beaucoup soutenue, les chanteurs sur scène et même le Directeur Jérôme Deschamps. Avec le Concours Reine Élisabeth, je crois que cette représentation est un des plus beaux souvenirs de ma vie.

Yu, racontez-nous votre contact avec la scène de l'Opéra de Paris ?

Y.S. : Mon premier concert sur la scène de l'Opéra Garnier était lors de la soirée de remise des prix de l'AROP, le 18 novembre 2014. Deux heures avant ce concert, je me souviens être sorti pour me promener un peu sur l'avenue de l'Opéra. J'avançais vers le Palais Royal, puis je me suis retourné vers l'Opéra Garnier et je me suis dit : "Ce soir je vais chanter là-bas !". C'était à peine croyable. J'étais tellement excité que j'ai failli craquer et acheter un nouveau costume ! Mais lorsque nous avons répété pour la première fois sur cette belle scène, les choses n'étaient pas évidentes car l'acoustique est assez spéciale. Le velours omniprésent ne permet pas d'obtenir une résonance confortable. Mais je devais bien chanter ! Le soir même, de plus, je n'étais pas très en forme. Mais j'ai réussi à tout donner dans l'émotion pour "Une furtiva lagrima", et le public m'a soutenu très chaleureusement…
Je suis revenu sur la scène de l'Opéra Garnier pour le concert de gala de l'Atelier Lyrique le 23 mars 2015, où j'ai chanté l'air de Lelio de Berlioz "Ô mon bonheur, ma vie !". L'acoustique m'a paru toujours aussi mate, mais tout s'est très bien passé. Je me sentais davantage préparé. Ce concert était organisé avec Le Cercle de l'Harmonie dirigé par Jérémie Rhorer et j'ai pu profiter du très bel accompagnement de la harpiste Frédérique Garnier. La saison prochaine, je ferai mes premiers pas sur le plateau de l'Opéra Bastille dans la production d'Aida.

 

Yu Shao sur la scène de l'Opéra Garnier.  © Mirco Magliocca/OnP

 

Jodie Devos en concert avec l'orchestre de La Monnaie le 28 mai 2014.  D.R.

Jodie vous avez récemment chanté avec un orchestre emblématique de Belgique, le Brussels Philharmonic. Comment s'est déroulé ce concert ?

J.D. : J'étais invitée à chanter le 31 janvier dernier deux magnifiques pièces, Bachianas Brasilieras de Villa-Lobos et "Morgen!" de Richard Strauss, que j'ai adoré travailler. Malheureusement tout ne va pas toujours comme on le souhaite. Est-ce par le manque d'assurance lié à ma jeunesse ou à cause de ma volonté de perfection, il est en tout cas très important pour moi de répéter beaucoup. Le Brussels Philharmonic était dirigé par Manuel Lopez-Gomez, un jeune chef si perfectionniste qu'il a tellement travaillé avec l'orchestre L'Apprenti sorcier de Paul Dukas que le planning a été dépassé. J'étais présente pour les répétitions mais, de fait, je n'ai que très peu répété : le lied de Strauss deux ou trois fois, c'est tout. Or la seconde des Bachianas Barsilieras est très compliquée à mettre en place. Le rythme de travail de l'orchestre suit des sessions précises que les musiciens ne dépassent pas. Ils n'avaient donc pas à prolonger la répétition pour moi. Mais heureusement, je connaissais Luc Tooten, le premier violoncelle de l'orchestre. Conscient que la plus célèbre des Bachianas Barsilieras est un duo entre la voix et le violoncelle, il est resté pour répéter un petit peu avec moi…
Je revenais d'une semaine en Inde, j'avais chanté en récital la veille avec le pianiste Patrick Leterme un tout nouveau répertoire, et la période était très intense. Je dois avouer que j'étais assez stressée par ce concert qui était diffusé en direct à la radio, et ensuite à la télé sur la VRT. Malheureusement je n'ai pas vécu ce moment aussi bien que je l'aurais voulu malgré l'excellente ambiance dans laquelle nous avons travaillé. Je regrette un peu que le temps ait joué contre moi car l'orchestre était magnifique. Tout le monde était content, mais je n'étais pas très satisfaite de moi. C'est en tout cas une leçon que j'ai apprise ce jour-là : il est important que je me prépare encore plus moi-même sans attendre à bénéficier du temps de répétition que je souhaiterais. J'ai abordé ce sujet avec d'autres chanteurs qui m'ont confirmé que le temps de répétition avec les orchestres n'existe plus. Il est impératif de se préparer en amont.

Cliquer pour commander le CD <i>The Tempest</i> paru chez Alpha et enregistré avec la participation de Yu Shao…

 

 

 

Yu, vous avez participé l'été dernier à l'enregistrement d'un album inspiré par Shakespeare qui vient de sortir sous le label Alpha : The Tempest. Que pouvez-vous nous dire de ce disque ?

Y.S. : Nous avons enregistré ce programme fin juillet à l'église du Saint-Esprit de Choisy-Le-Roi sous la direction de Simon-Pierre Bestion. Simon-Pierre était dans la même classe que moi au conservatoire de La Courneuve-Aubervilliers. Il a ensuite poursuivi ses études en direction d’orchestre au CNSMD de Lyon. Nous avons fait connaissance il y a 6 ans, j'ai tout d'abord chanté pour lui dans le Chœur Luce del Canto* avant d'intervenir en tant que soliste. C'est ainsi qu'il m'a convié à participer à l'enregistrement de ce disque où je chante quelques fragments de The Tempest de Purcell et participe à de courtes interventions avec le chœur. Celui-ci a la particularité de distribuer deux chanteurs pour une même voix.
The Tempest est mon premier disque mais je me contente d'intervenir en tant que participant. Malheureusement, en raison de mes répétitions à l'Opéra, je ne peux pas chanter pour les concerts de la compagnie qui sont mis en scène avec des danseurs et qui succèdent à la parution du disque.
* Simon-Pierre Bestion a réuni son chœur Luce del Canto et l'ensemble Europa Barocca pour donner naissance à la compagnie La Tempête. [ndlr]


Yu Shao (au centre) enregistre <i>The Tempest</i> pour le label Alpha sous la direction de Simon-Pierre Bestion en juillet 2014.

On vous retrouvera tous les deux le 2 juillet prochain au château de Lynch Moussas pour un récital de mélodies et de duos proposé dans le cadre du festival Estivales de musique en Médoc. Qu'allez-vous chanter ?

J.D. : Yu a fait une première proposition de programme en fonction de ce qu'il souhaitait chanter, et j'ai à mon tour proposé des titres qui pourraient s'intégrer de façon cohérente à cette trame assez variée. Nous chanterons Mozart, Lalo, Massenet, Delibes, Donizetti, Gounod… Le programme est composé de solos et de quelques duos : "Tamino mein !", "Caro Elisir", "Ange adorable !" et sans doute un extrait de La Fille du régiment en bis.
Y.S. : Ce sont des airs et duos que nous aimons et qui permettent à nos voix et à notre musicalité de s'exprimer au travers de personnages très différents du répertoire.

Comment envisagez-vous vos duos ?

J.D. : L'écoute de l'autre et une bonne complicité sont à la base d'un duo.
Y.S. : Il est important de prendre du plaisir à chanter ensemble car c'est le meilleur moyen d'en donner au public. Il apprécie généralement le côté théâtral qui peut prendre place à deux plus facilement que lorsqu'on chante seul.

 

Applaudissements pour l'Atelier Lyrique sur la scène de l'Opéra Garnier le 23 mars 2015.  © Mirco Magliocca/OnP

 

Jodie Devos (Adèle) dans <i>La Chauve-Souris</i> sur la scène de l'Opéra Comique.  © Philippe Talbot

Quel proche futur s'annonce pour tous les deux ?

J.D. : Pas mal de travail m'attend pour la saison prochaine. En octobre prochain, à l'Opéra Royal de Wallonie, je chanterai ma première Rosina dans Le Barbier de Séville sous la direction de Guy van Waas, un chef que j'apprécie beaucoup. J'ai déjà travaillé avec lui et je suis certaine qu'il se montrera très bienveillant pour ces véritables débuts en soliste à Liège. Je chanterai aussi en France les rôles du Feu, du Rossignol et de la Princesse dans L'Enfant et les sortilèges, ainsi qu'un opéra de Simon Laks, L'Hirondelle inattendue. J'interpréterai aussi le rôle de Geneviève dans l'opéra-bouffe d'Offenbach Geneviève de Brabant. De nombreux récitals sont également prévus en Belgique. Grâce au concours Reine Élisabeth, un très bon agent* m'a pris dans son agence et je suis vraiment contente de la façon dont nous travaillons ensemble. Je suis colorature, et c'est maintenant que je dois chanter ! Ma prochaine saison sera faite de nombreux voyages et de tonnes de musique à apprendre car je dois préparer de nombreuses prises de rôles.
* L'agence de Jodie Devos est Le Bureau (François Rousseau).
Y.S. : Je resterai à l'Atelier Lyrique la saison prochaine. Comme je vous l'ai dit, je chanterai dans Aida à l'Opéra Bastille dans la mise en scène d'Olivier Py, ainsi que dans Orfeo avec l'Atelier Lyrique. J'ai déjà un engagement pour 2017, dans une maison d'opéra française, pour chanter le rôle du Pilote de Daland dans Le Vaisseau fantôme. Quelques concerts sont aussi prévus en Belgique.
Je pense par ailleurs me rendre prochainement en Allemagne pour passer des auditions. Intégrer une troupe pour un an ou deux me conviendrait bien. J'ai déjà recueilli plusieurs conseils à ce sujet car le choix est délicat en fonction de la taille de la troupe. L'Italie me tente bien aussi. De cette façon, je serai capable de parler les quatre langues principales de l'opéra ! Avec mon agence, Thérèse Cédelle, de nombreuses auditions sont prévues. Petit à petit, je construis. Ensuite, je verrai…

 

 

 

 

Propos recueillis par Philippe Banel
Le 2 mai 2015



Pour en avoir plus sur Jodie Devos :

jodiedevos.com

Pour en savoir plus sur Yu Shao :
www.yushao-tenor.com

Pour en savoir plus sur les Estivales de musique en Médoc :

www.estivales-musique-medoc.com

 

Mots-clés

Académie de l'Opéra Comique
Atelier Lyrique de l'Opéra national de Paris
Concours Reine Élisabeth
Jodie Devos
José Van Dam
La Chauve-souris
Opéra Comique
Sabine Devieilhe
Stéphane Degout
Yu Shao

Index des mots-clés

Imprimer cette page

Imprimer

Envoyer cette page à un(e) ami(e)

Envoyer

Tutti Ovation
Wozzeck mis en scène par Andreas Homoki - Tutti Ovation
Saul mis en scène par Barrie Kosky à Glyndebourne, Tutti Ovation
Adam's Passion d'Arvo Pärt mis en scène par Robert Wilson - Tutti Ovation
L'Elixir d'amour - Baden-Baden 2012 - Tutti Ovation
Les Maîtres chanteurs de Nuremberg - Salzbourg 2013 - Tutti Ovation

Se connecter

S'identifier

 

Mot de passe oublié ?

 

Vous n'êtes pas encore inscrit ?

Inscrivez-vous

Fermer

logoCe texte est la propriété de Tutti Magazine. Toute reproduction en tout ou partie est interdite quel que soit le support sans autorisation écrite de Tutti Magazine. Article L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle.