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Interview de Roberto Alagna pour ses débuts dans "Manon Lescaut"

Roberto Alagna dans le rôle des Grieux dans <i>Manon Lescaut</i> de Puccini sur la scène du Metropolitan Opera.  © Ken Howard/Met OperaC'est en acceptant de remplacer Jonas Kauffmann souffrant que Roberto Alagna faisait ses débuts dans Manon Lescaut sur la grande scène du Metropolitan Opera le 12 février 2016. Avec franchise, il nous raconte le pari insensé que représente l'apprentissage du rôle de Des Grieux en seulement quatre jours !


Au moment où nous publions cette interview, le ténor français se prépare à la diffusion en direct du Met de ce Manon Lescaut, au côté de la soprano Kristine Opolais et mis en scène par Richard Eyre, le 5 mars prochain dans les salles de cinéma du monde entier…

Tutti-magazine : Hier soir vous avez chanté pour la 5e fois un nouveau rôle que vous venez d'ajouter à votre répertoire, celui de Des Grieux dans "Manon Lescaut" de Puccini. Comment vous sentez-vous ?

Roberto Alagna : Je ne vous cacherai pas que cette prise de rôle est assez éprouvante. Je suis arrivé à New York en catastrophe pour chanter dans Paillasse alors que ce n'était pas prévu. Je devais en principe chanter un autre rôle ailleurs, mais suite à une annulation je me retrouvais libre mais sans toutefois beaucoup de temps de préparation pour chanter Canio. Très vite, je me suis lancé dans les répétitions, puis la générale est arrivée rapidement et j'ai assuré deux représentations dans la foulée. À ce stade je ressentais déjà une certaine fatigue. Il faut dire que chanter Paillasse au Met, c'est assez dense !
Passer ensuite à une œuvre aussi différente que Manon Lescaut, de plus une prise de rôle pour moi, vous imaginez sans mal la tension que cela engendre. Inévitablement, je me suis demandé si j'allais pouvoir surmonter tout ce qui m'attendait pour aboutir à une prestation digne de ce nom. Je n'ai eu que quatre jours pour mémoriser la partition, et cinq jours seulement pour travailler avec mes partenaires et l'orchestre avant la générale. C'est précisément lors de cette générale que j'ai chanté le rôle de Des Grieux de Puccini pour la première fois de ma vie.

Ce n'est pas la première fois que vous vous lancez à corps perdu dans un tel pari…

Il est vrai que j'ai déjà sauvé des situations de ce genre mais, dans le cas présent, la situation était tout de même risquée car Manon Lescaut est une œuvre difficile.

 

Roberto Alagna (Des Grieux) et Massimo Cavaletti (Lescaut) dans <i>Manon Lescaut</i>.  © Ken Howard/ Metropolitan Opera

Roberto Alagna répète le rôle de Des Grieux.  © Jonathan Tichler/Met Opera

Vous deviez initialement faire vos débuts dans "Manon Lescaut" à Turin en 2006 dans une production de Jean Reno…

J'avais fait une lecture avec Evelino Pido, qui était le chef de la production, et nous devions ensuite avoir cinq semaines de travail dans la mesure où il s'agissait d'une nouvelle production. J'avais travaillé en amont avec Jean Reno car nous voulions vraiment peaufiner et aboutir à une belle production. Ces semaines de répétitions me donnaient le temps d'apprendre le rôle de Des Grieux sur place.
C'est à ce moment que j'ai été victime d'un problème de santé et qu'on s'est aperçu que je souffrais d'une tumeur dans les cavités sinusiennes. Après le premier jour de répétition, je me suis écroulé et il n'était pas question pour moi de continuer dans cet état. De fait, je n'ai jamais chanté ce rôle et, quand j'ai commencé à travailler sur la partition il y a quelques jours, je commençais réellement à zéro.
J'ai enregistré récemment deux arias de Manon Lescaut pour mon album Ma Vie est un opéra mais un enregistrement se fait avec partitions et je ne les savais pas par cœur. De toute façon, j'estime ne posséder vraiment un rôle que lorsque je l'ai chanté. Pas avant. Ceci dit, je vais bientôt reprendre Madame Butterfly au Met, et il faudra que je me replonge dans le rôle de Pinkerton car ce n'est pas un opéra que je chante très souvent.

Durant votre apprentissage accéléré de Des Grieux, la mémorisation a-t-elle été la principale difficulté ?

Au-delà de la mémorisation et du peu de temps pour y parvenir, ce qui était très difficile était de pouvoir accueillir toutes les informations en même temps : la mise en scène, chanter tout de suite avec l'orchestre sans avoir eu le temps de juger de l'acoustique pour adapter ma façon de gérer ma voix, les difficultés inhérentes au rôle… Une période de répétitions normale permet d'intégrer tous ces éléments de façon progressive sur la durée et la mémorisation de tout ce dont un interprète doit tenir compte devient alors relativement naturelle. Dans le cas présent, l'accumulation de toutes les informations en bloc était difficile à gérer.

Lorsque vous avez enregistré ces deux extraits de "Manon Lescaut" pour votre disque, était-ce dans l'espoir de pouvoir chanter l'opéra un jour sur scène ?

La chose incroyable est qu'il était prévu que je chante Des Grieux avec Anna Netrebko au Liceu de Barcelone. Mais, vous savez que ma situation familiale a évolué, et j'ai préféré renoncer à ce projet pour chanter à Vienne où je resterai un trimestre. Si j'étais resté sur cette option de Manon Lescaut à Barcelone, je n'aurais vu mon épouse et ma fille que 10 jours en 3 mois. À Vienne, nous serons tous ensemble. Aujourd'hui, je tiens à adapter mon programme en fonction de ma famille. Ceci dit, j'étais aussi assez malheureux de me dire : "Encore une fois, Manon Lescaut m'échappe !".

 

Roberto Alagna et Kristine Opolais répètent <i>Manon Lescaut</i>.  © Jonathan Tichler/Met Opera

Quand le Met vous a proposé de remplacer Jonas Kaufmann dans "Manon Lescaut", vous avez donc immédiatement dit "oui"…

Pas exactement. Mon premier réflexe a même été de dire "non". Mais je dois reconnaître que Peter Gelb s'est montré assez fort sur ce coup-là. Il m'a envoyé un texto après la représentation de Paillasse, me demandant de le rappeler le lendemain matin dès que je serais réveillé. Je l'ai donc appelé à mon réveil, sachant par expérience que lorsqu'il agit ainsi, il n'est pas rare qu'il y ait un chanteur à remplacer. J'ai d'ailleurs spontanément pensé à Cavalleria Rusticana car le ténor qui chantait le rôle de Turiddu était malade lors de la générale. À la première, je l'ai même convaincu de chanter car il voulait annuler. Je pars du point de vue qu'il est toujours préférable d'essayer lorsqu'on doute, quitte à annuler la deuxième représentation si ça ne va pas. D'où mon pressentiment sur ce que Peter Gelb allait me demander et bien loin de moi l'idée qu'il pouvait s'agir de Manon Lescaut !
Lorsqu'il m'a demandé si j'étais d'accord pour chanter le rôle de Des Grieux, je lui ai tout d'abord répondu "non". Peter avait lui aussi entendu parler de cette fameuse production d'il y a 10 ans dans laquelle je n'avais pas même chanté. Il m'a alors expliqué combien le Met se trouvait dans une impasse, sans ténor pour le rôle principal, avec une captation live attendue dans le monde entier. Ce à quoi j'ai répondu : "Bon, laisse-moi réfléchir et je te donnerai une réponse demain". Mais il lui fallait une réponse quasi immédiate, ce qui m'a fait réaliser l'urgence de la situation et son importance pour le Met… Je lui ai donc proposé de venir chercher la partition dans l'après-midi tout en lui promettant une réponse une fois que j'aurais eu le temps de la parcourir… Dix minutes plus tard, la partition était livrée à mon domicile, suivie de peu par un nouvel appel de Peter Gelb : "Alors ?".
J'étais convaincu que le besoin était réel et je lui ai répondu : "Écoute, Peter, si tu prends le risque, je le prends aussi !". Sa réponse a été instantanée : "On y va !".

Une fois votre décision prise, comment les événements se sont-ils enchaînés ?

J'ai passé une journée complète, tout seul à la maison, pour travailler la partition. Puis le Met m'a fourni un coach à raison de 2 h par jour afin de m'aider à apprendre encore plus vite. Le reste du temps, je travaillais chez moi. Cela représentait environ 12 heures de travail quotidien pour apprendre le rôle en quatre jours. Les soirs de la semaine suivante, je retrouvais le metteur en scène Richard Eyre dans une petite salle pour travailler l'aspect théâtral. Les répétitions avec orchestre étaient sur le point de commencer, et je n'avais aucun autre moyen que d'utiliser la plus grande partie de mes nuits pour me préparer car, cinq jours après, c'était la générale ! Je devais y chanter le rôle de Des Grieux en entier et pour la première fois.

 

Roberto Alagna et Kristine Opolais répètent <i>Manon Lescaut</i> avec le metteur en scène Richard Eyre.  © Jonathan Tichler/Met Opera

Comment vous sentez-vous dans la mise en scène de Richard Eyre ?

Vous savez que je ne suis pas tellement fan des transpositions. Mais, tant qu'elles ne dénaturent pas l'œuvre, que la narration reste lisible et qu'il y ait une matière à défendre, je ne demande alors qu'à être convaincu. Le pire, pour moi, est lorsqu'il n'y a pas de fond, surtout quand une retransmission est prévue dans les salles de cinéma. Je me suis aperçu que l'abstraction ne passe pas bien ni sur un écran de cinéma ni à la télévision. Or je reconnais que, dans cette mise en scène, Richard Eyre apporte des éléments qui structurent le spectacle. Je trouve également sa transposition intelligente, et sa production est belle à regarder sur le plan esthétique. On a surtout critiqué son dernier décor de monde plongé dans la désolation. Pourtant, même s'il n'est pas vraiment facile à pratiquer pour les artistes, ce décor permet de très bien ressentir le message essentiel de la scène finale, l'épuisement et la souffrance des deux amants en peine. L'histoire originale situe Manon et Des Grieux dans un désert, mais le parti pris de Richard Eyre fonctionne bien. J'ajouterai même que, le décor présentant une structure et non une étendue de sable comme l'imaginait Puccini, il passera beaucoup mieux à l'écran.
J'ai déjà travaillé trois fois avec Richard Eyre et c'est un metteur en scène que j'apprécie. Il se montre ouvert à la discussion et avance toujours dans le but de bien faire, sans user de provocation systématique. Je vois en lui un véritable homme de théâtre qui n'impose pas aux chanteurs des situations dégradantes, pas plus qu'il ne les met en péril.
Pourtant, un passage de son Manon Lescaut reste difficile à négocier pour les chanteurs, à la fin du duo Manon-Des Grieux qui se déroule sur le lit. Ce lit est placé loin de l'avant-scène et, à ce moment, la masse orchestrale qui sort de la fosse est très fournie. Tout cela, et la taille de la salle du Met, fait que ce n'est pas évident vocalement. Mais cette scène d'amour est si belle à voir que je suis prêt à faire ce genre de concession pour servir le spectacle.

 

Kristine Opolais (Manon) et Roberto Alagna (Des Grieux) dans <i>Manon Lescaut</i> mis en scène par Richard Eyre.  © Ken Howard/Metropolitan Opera

Les photos de la production sont particulièrement belles…

Je le reconnais. Je crois aussi pouvoir dire que nos personnages sont crédibles. Pour tout vous dire, en tant qu'interprètes, Kristine et moi sentons bien que l'alchimie prend. C'est un signe qui tend toujours à attester que rien n'entrave l'expression juste de l'œuvre.

Votre partenaire Kristine Opolais connaissait déjà cette mise en scène. Vous accompagne-t-elle dans vos débuts ?

Sans aucun doute. Elle m'a même dit quelque chose de superbe qui m'a beaucoup ému… De mon côté, je l'accompagne du mieux que je peux dans l'expression des sentiments, et je sais qu'elle apprécie beaucoup que je la retrouve sur ce point. Elle a tenu un jour à me dire que l'expression de douleur que j'exprimais sur mon visage la touchait vraiment. Je crois que nous sommes sur la même longueur d'onde et, de ce fait, travailler ensemble devient facile. Pour autant, je sais par expérience que l'entente dans un couple de scène prend ou ne prend pas, et cela échappe à toute intellectualisation.
Je serai heureux de retrouver prochainement Kristine dans Madame Butterfly*. Je dirais même que je suis impatient de voir son approche du rôle de Cio-Cio San dans lequel je ne l'ai jamais entendue. Dans Manon Lescaut, elle incarne si pleinement cette femme libre, un peu extravagante et presque même parfois hors-norme, que j'ai hâte de la voir dans un rôle de femme frêle.
* La représentation du 2 avril 2016 de Madame Butterfly avec Kristine Opolais et Roberto Alagna sera diffusée dans les cinémas par Pathé Live. Toutes les infos ICI

 

Massimo Cavaletti (Lescaut), Kristine Opolais (Manon) et Roberto Alagna (Des Grieux) photographiés dans le couloir des loges du Met.  © Jonathan Tichler/Met Opera

Comment gérez-vous le personnage de Des Grieux sur le plan de l'énergie au fil de la représentation ?

Comme je vous le disais, j'ai découvert le rôle dans son entier pour la première fois lors de la générale. Les questions que je me posais alors étaient de savoir si je parviendrais à dépasser tous les obstacles de ma partie et arriver au bout de l'œuvre. De mon point de vue, la partition de Puccini est assez étrange et prouve l'intelligence de son auteur : toutes les difficultés du rôle de Des Grieux sont assorties d'une version alternative - ce que nous appelons en italien une "oppure" - qui permet au chanteur de choisir entre deux versions. Le compositeur reconnaissait donc les difficultés réelles qui allaient se présenter au ténor. Ceci dit, les secondes versions présentent aussi des pièges, mais pas les mêmes !
Bien que Des Grieux ne soit pas le rôle-titre, la partition de Manon Lescaut lui réserve de très sérieuses difficultés vocales. À l'Acte I, Manon a quelques phrases qui lui donnent le temps de s'installer. Des Grieux, lui, entre tout de go en scène avec "Tra voi, belle, brune e bionde", une aria qui trompe son monde tant elle paraît fluide alors qu'elle est particulièrement ardue à chanter. Cette difficulté est accentuée par le fait qu'il faut la sortir à froid. Dès le duo qui suit, le ténor doit projeter des si naturels peu évidents et même exposés de par leur placement au sein de la ligne de chant."Donna non vidi mai" est ensuite une aria très périlleuse. À l'Acte II, vient la grande scène de Manon, mais la partition vire à l'écriture dramatique avec l'arrivée de Des Grieux qui intervient bien sûr dans le duo, mais aussi dans un autre air, "Ah! Manon, mi tradisce", avant un trio et des notes particulièrement difficiles qui expriment comme des cris le désespoir du personnage. À l'Acte III, Des Grieux se voit confier une nouvelle aria et toute une scène avec le baryton qui chante le rôle de Lescaut. Manon intervient peu. Enfin, l'Acte IV confie à Manon un air superbe dont les difficultés sont surtout concentrées sur la phrase finale, tandis qu'un ultime air attend Des Grieux avec, à nouveau, des montées au contre-ut et au si bémol. Tout cela peut vous paraître assez incroyable, mais la partition est là pour en attester.

 

Roberto Alagna répète <i>Manon Lescaut</i> sous la direction du chef d'orchestre Fabio Luisi.  © Jonathan Tichler/Met Opera

La caractérisation théâtrale de Des Grieux est-elle plus simple à gérer ?

Interpréter Des Grieux demande à faire évoluer la teneur du personnage. Au début de l'œuvre, il est à la fois joyeux et enthousiaste, heureux et presque poète. Puis, peu à peu, il faut l'accompagner dans un axe beaucoup plus sombre et même très dramatique, voire même vériste. Je pense particulière à l'Acte III, où il faut prendre garde car on peut très bien terminer à bout de souffle.

Comment sortez-vous d'une représentation aussi exigeante ?

Plusieurs facteurs sont en jeu. Tout dépend aussi bien de la façon dont se déroule le spectacle, de l'état de santé dans lequel je me trouve, que de la qualité et de la quantité de sommeil avant la représentation. Par exemple, j'ai terminé la dernière représentation dans un état bizarre parce que j'étais malade. J'avais pourtant eu cinq jours de repos, mais il est bien possible que cette pause de plusieurs jours ait permis à la tension de retomber après l'accumulation d'énergie et de stress liés à la préparation de cette production dans les conditions que vous savez. Toujours est-il que, au terme de ces cinq jours, je ne suis pas arrivé au Met en pleine forme mais, au contraire et bien malgré moi, fatigué.
Or la représentation précédente s'était déroulée idéalement. J'étais parvenu à tout gérer et j'avais même terminé particulièrement frais et heureux d'avoir passé aussi bien tous les obstacles… Pour la prochaine représentation, c'est encore autre chose car il s'agit d'une matinée qui débute à 12h30. C'est vraiment très tôt. De plus avec ma petite fille, il faut parvenir à gérer !
Mais globalement, j'avoue que je suis heureux. Je pense que ce rôle va progressivement intégrer mon ADN, et j'en suis ravi. Il me reste encore suffisamment de représentations à venir pour pouvoir l'intégrer.

 

Roberto Alagna et Kristine Opolais au dernier Acte de <i>Manon Lescaut</i>.  © Ken Howard/Metropolitan Opera

Avant d'entrer en scène pour votre premier Manon Lescaut le 12 février dernier, avez-vous eu la sensation qu'après le rendez-vous raté de 2006, vous preniez une certaine revanche ?

Je n'aime pas trop parler de revanche. Je pense qu'il y a des moments où il faut faire les choses, et ce que l'on souhaite advient ou pas. J'ai été confronté de nombreuses fois au désir de chanter des rôles qu'au final, je n'ai pas chanté pour des raisons indépendantes de mes souhaits. D'autres rôles refont surface de façon inattendue. Je crois qu'il faut prendre ce qui semble bien au bon moment, tel ce Manon Lescaut qui m'a provoqué une belle montée l'adrénaline.
Si j'ai accepté cette prise de rôle dans ces conditions, c'est pour le Met, pour Peter Gelb et pour mes partenaires. Mais aussi parce que cette musique me plaît et même, parce que j'en suis amoureux. C'est un coup de chance qui est tombé sur moi au moment où je m'y attendais le moins. Non seulement je suis ravi de chanter Des Grieux, mais le public est heureux, et les partenaires aussi. Que puis-je demander de plus ?



Propos recueillis par Philippe Banel
Le 25 février 2016

 

Mots-clés

Giacomo Puccini
Kristine Opolais
Manon Lescaut
Metropolitan Opera
Peter Gelb
Richard Eyre
Roberto Alagna

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Vidéo

Roberto Alagna - "Donna non vidi mai"

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