Interviews

Interview de Dorothée Gilbert, Étoile du Ballet de l'Opéra National de Paris

Dorothée Gilbert.  © David EloferDorothée Gilbert a été nommée danseuse Étoile le 19 novembre 2007 à l'issue d'une représentation du Casse-Noisette de Rudolf Noureev. Ce statut lui permet d'aborder les grands rôles dramatiques du répertoire qu'elle considère comme les joyaux de la carrière d'une danseuse. En cette fin d'année, son énergie, sa remarquable technique et sa joie communicative seront mises à contribution pour la reprise du rôle éprouvant de Kitri dans Don Quichotte. Le 18 décembre 2012, elle sera à l'affiche de nombreux cinémas français et étrangers pour une diffusion en direct depuis l'Opéra Bastille. Dorothée Gilbert nous reçoit dans sa loge du Palais Garnier…

Le Ballet de l'Opéra de Paris reprend Don Quichotte dans la version de Rudolf Noureev à l'Opéra Bastille pour cette fin d'année 2012. Plusieurs distributions alternent et se succèdent dans les rôles principaux jusqu'au 30 décembre.
Le 18 décembre, François Roussillon captera Don Quichotte pour une retransmission en direct dans les salles de cinéma dans le cadre de Viva l'Opéra ! Dorothée Gilbert dansera le rôle de Kitri, Karl Paquette celui de Basilio, et Marie-Agnès Gillot sera la Reine des Dryades.


Tutti-magazine : À partir du 6 décembre vous allez reprendre le rôle Kitri à l'Opéra Bastille. Que pouvez-vous nous dire de ce rôle ?

Dorothée Gilbert : Kitri représente un de mes premiers grands rôles d'Étoile et je l'ai dansé pour la première fois il y a 8 ans. C'est un personnage très vivant, qui a beaucoup de personnalité et qui est caractérisé par les nombreux accessoires qui le rattachent à l'Espagne, comme les éventails et les castagnettes. La gestuelle, bien sûr, est souvent très liée à ces accessoires et, d'une façon plus large, la chorégraphie est construite autour d'un esprit espagnol énergique et chaleureux. Dans ce cadre, Kitri représente une jeune fille amoureuse très vivante en contradiction avec son père qui veut la marier avec un homme riche alors qu'elle aime Basilio. Don Quichotte tombe sous son charme et force son père à accepter le mariage des amoureux… C'est en fait une histoire assez simple ponctuée de quelques rebondissements qui a pour principales qualités d'être vivante mais aussi très comique. Rudolf Noureev a souhaité intégrer beaucoup de pantomime dans ce ballet, un peu à la manière de la Commedia dell'arte.

 

Dorothée Gilbert dans <i>Don Quichotte</i> de Rudolf Noureev.  © Icare/Opéra National de Paris

Est-ce amusant à danser ?

Dorothée Gilbert danse le rôle de Kitri.  © Icare/Opéra National de ParisOui, justement en raison de ce côté très vivant, et je ressens la présence du corps de ballet qui me soutient dans cette dynamique. En fait Don Quichotte est un ballet qui déploie une très belle énergie en scène et le danser est assez festif.

Vous avez dansé Kitri pour la première fois en 2004, pensez-vous que la façon dont vous abordez ce rôle en 2012 est différente ?

Absolument. Tout d'abord parce que j'ai pu acquérir une plus grande expérience des ballets en trois actes. Il y a 8 ans, c'était mon premier ballet en trois actes, et ce n'était pas évident car Don Quichotte est une des œuvres les plus difficiles au niveau de l'endurance sur la longueur. Cela vient de l'énergie très impulsive qu'il faut projeter et qui demande beaucoup. Après l'acte I, on a l'impression d'avoir déjà dansé trois actes, alors qu'il en reste encore deux ! De plus, un certain nombre de passages techniques sont placés à la fin du ballet. Cette énergie explosive épuise bien plus que, par exemple, le rôle de Raymonda malgré ses adages et ses 7 variations, car elles sont beaucoup plus calmes et, de fait, plus faciles à danser. Bien sûr, aujourd'hui, avec l'expérience, je parviens à mieux gérer mon énergie sur la durée. Quant à ma manière de danser, j'espère avoir progressé depuis 2004 ! Ma façon de bouger et d'exécuter les pas est sans aucun doute différente aujourd'hui, mais c'est surtout artistiquement que j'ai dû évoluer. Les événements de la vie nourrissent les rôles dansés.

 

Dorothée Gilbert dans <i>Raymonda</i> de Rudolf Noureev.  © Julien Benhamou/Opéra National de Paris

Travaillez-vous spécifiquement ce rôle avec un maître ?

Monique Loudières, qui a été danseuse Étoile de l'Opéra, vient nous faire travailler et j'en suis vraiment très heureuse. On m'a souvent dit que je pouvais lui ressembler mais, en fait, je ne l'ai jamais vue danser sur scène car, lorsque j'ai rejoint l'Opéra, elle était déjà à la retraite. La ressemblance est donc totalement fortuite, même si j'ai vu quelques rares vidéos depuis. C'est un bonheur de travailler avec elle car nous avons des points communs et elle comprend si bien ma façon de danser qu'elle ne me laisse rien passer…

Comment les répétitions s'organisent-elles pour vous parmi d'autres distributions ?

Plusieurs maîtres de ballet s'occupent des différents couples. Bien sûr, certains couples travaillent avec le même maître de ballet. Nous intercalons les répétitions et pour ce qui est du travail sur scène, nous avons toujours une répétition sur le plateau avec le corps de ballet un peu avant de danser devant le public. En ce qui me concerne, l'organisation est un peu plus délicate car je partage mon partenaire, Karl Paquette, avec Ludmila Pagliero. Heureusement, Karl se montre toujours très disponible dans sa manière de travailler à chaque répétition. C'est moins évident lorsqu'il est absent en raison d'un spectacle qu'il danse le soir. Dans ce cas je travaille seule. Mais dans Don Quichotte, je n'ai que quatre variations et le reste est avant tout affaire d'interaction entre mon partenaire et moi.

Dorothée Gilbert et Karl Paquette dans la <i>Troisième Symphonie de Mahler</i> de John Neumeier.  © Sébastien Mathé/Opéra National de Paris

Justement, que pouvez-vous dire du couple de scène que vous formez avec votre partenaire Karl Paquette ?

J'ai déjà dansé Onéguine avec lui l'année dernière et il y a une belle entente entre nous. Il me connaît, il me comprend et nous parvenons à travailler sans avoir besoin de parler. Cela nous permet d'avancer plus rapidement pendant les répétitions, ce qui n'empêche bien sûr pas les corrections du maître de ballet. Mais, entre nous, ça se passe tout de suite bien.

Lorsqu'une bonne entente existe entre deux danseurs, la Direction de la Danse essaye-t-elle de préserver ce couple de scène ?

Non, et c'est un peu dommage. Mais il y a tellement de distributions et de danseurs distribués en même temps sur d'autres ballets qu'il est très difficile de mettre en place un suivi avec un partenaire au sein du Ballet de l'Opéra. Cependant, il est vrai que nous dansons plus ou moins avec les mêmes partenaires. Mais, si l'on constate que deux danseurs forment un couple qui fonctionne bien, il n'y a pas pour autant de volonté de la direction de le prendre en compte pour les grands ballets. C'est sans doute regrettable.

Vous dansez à la fois sur la scène de Garnier et celle de Bastille. Trouvez-vous des différences entre ces deux scènes ?

La sensation n'est pas du tout la même sur ces deux scènes. Garnier est un théâtre à l'italienne et le public est beaucoup plus proche de la scène. Nous sentons sa présence, ce qui nous rend plus proche de lui et favorise une sorte d'échange. À Bastille, le public est assis bien plus loin de la scène et l'énorme fosse d'orchestre nous sépare du premier rang de sièges. Alors, on entend et on sent moins les spectateurs. Pour moi, Bastille est un peu plus impersonnel.

L'entrée de Kitri vous fait parcourir rapidement une bonne partie du plateau. La taille de la scène de Bastille devient-elle une difficulté ?

Non, et c'est même plus agréable. J'aime beaucoup danser sur de grandes scènes car elles me permettent de m'exprimer librement et de voyager dans l'espace. Ce n'est pas nécessairement plus fatiguant car refréner son énergie pour l'adapter à un espace plus petit est quasiment plus difficile que de se laisser aller. Personnellement, j'aime beaucoup les déplacements rapides sur scène, et j'aime éprouver cette sensation unique que procure la vitesse. Lorsque je regarde des vidéos, et en particulier les danseurs qui se déplacent beaucoup, je trouve cela vraiment très beau. C'est un avantage de la scène de l'Opéra Bastille. Mais, bien sûr, cela dépend de la manière dont sont conçus les décors. Lorsqu'on crée un ballet à Garnier et qu'on le présente ensuite à Bastille, le décor peut restreindre la surface du plateau… Quoi qu'il en soit, se sentir libre pour danser est très agréable.

Entre les 16 novembre et le 30 décembre, 26 représentations de Don Quichotte seront données sur la scène de l'Opéra Bastille. Vous danserez le rôle de Kitri à 6 reprises. Ce nombre de représentations vous semble-t-il idéal ?

Six représentations, c'est déjà bien, car certaines séries de représentations ne comptent qu'une dizaine de spectacles et je danse alors trois fois. Je dirais que trois spectacles représentent vraiment le minimum pour se sentir bien et parvenir à prendre de la distance avec la structure d'un ballet pour gagner en liberté. Il arrive un moment où tout est tellement calé que l'on sait parfaitement où l'on va. On a l'habitude des costumes, de l'orchestre, des lumières et des gens et cela permet de s'affranchir de ces aspects pour, parfois, sortir de soi des choses plus intéressantes. Cela se produit souvent à partir de la troisième ou de la quatrième représentation. Tout dépend aussi des ballets. Si vous me parlez de Roméo & Juliette ou Giselle et que vous me proposez de faire quatre représentations là où il y a tant à exprimer, je vous demanderais d'en faire dix ! Don Quichotte est vraiment éprouvant physiquement, alors six représentation, c'est bien. Au-delà, ce serait vraiment beaucoup.

Le 18 décembre, Don Quichotte sera filmé par François Roussillon pour une diffusion Live dans les salles de cinéma. Vous danserez ce soir-là. Comment avez-vous été choisie pour la captation parmi les autres Kitri ?

C'est une décision qui appartient à la Directrice de la Danse Brigitte Lefèvre. Bien sûr, cela est très agréable et je le prends comme un compliment indirect que l'on me fait C'est une preuve de confiance et de reconnaissance.

Être filmée rend-il une représentation différente ?

L'idéal est de parvenir à oublier que l'on est filmée, ce qui n'est pas toujours évident. Ceci dit, les caméras sont assez discrètes*, même à Garnier où j'ai déjà été filmée dans Coppélia, La Petite danseuse de Degas et The Concert, mais il est vrai que le ballet de Robbins est si amusant à faire qu'il n'y a pas de stress. Ensuite, je danse d'abord pour le public qui est dans la salle. Alors, pour Don Quichotte, qu'il y ait 2.600 spectateurs ou 10.000, je danserai de la même façon. S'il y a une pression supplémentaire à être filmée, cela ne vient pas d'une recherche de perfection car, après-tout, il peut m'arriver de faire moins bien un passage ce soir-là, mais plutôt de montrer la meilleure image de moi aux nombreuses personnes qui vont me regarder.
* Fra Cinéma utilisera 10 caméras HD pour la captation de Don Quichotte.

 

Dorothée Gilbert et Alessio Carbone dans <i>The Concert</i> de Jerome Robbins.  © Tutti-magazine

Dorothée Gilbert dans <i>Suite en blanc</i> de Serge Lifar en 2009.  © Sébastien Mathé/Opéra National de Paris

Pour cette retransmission live dans les cinémas, quelle image voudriez-vous que le spectateur retienne de votre Kitri ?

J'aimerais avant tout réussir à amener les spectateurs dans l'histoire afin qu'ils passent un bon moment, qu'ils oublient la noirceur du quotidien et qu'ils rêvent. Les toucher est également important mais Don Quichotte n'est pas un ballet dramatique dans lequel les sentiments sont exacerbés, même si certains passages sont assez tendres. S'ils ressortent des cinémas en se disant "c'est beau, la danse !" et que cela leur donne envie de venir voir un ballet dans un théâtre, je serai très heureuse. Depuis un fauteuil de théâtre, un ballet n'a pas la même dimension et la sensibilité des danseurs passe plus facilement. Cela dit, une captation permet de voir les danseurs en gros plans, ce qui est bien aussi.

Arte est partenaire de la diffusion de Don Quichotte et le ballet sera proposé sur son antenne en janvier. Avez-vous pu observer personnellement des retombées sur votre carrière suite aux diffusions TV, cinéma ou DVD de vos spectacles ?

Avant toute chose, il est certain que la diffusion de la danse sur des supports et par les médias en facilite l'accès à des gens qui l'appréhendent avec une certaine crainte. Il est plus facile d'acheter un DVD de danse ou d'aller au cinéma pour voir un ballet que de se rendre dans un théâtre. La danse, pour certains est encore réservée à une certaine élite et ils peuvent avoir peur de s'introduire dans un milieu qui leur est étranger. La télévision, le DVD et le cinéma lèvent ces contraintes qui ne sont pas réellement justifiées mais qui demeurent encore pour certaines personnes. C'est important pour la danse, et en particulier pour la danse classique, car l'image de la ballerine véhiculée par les films est souvent assez négative. Je suis sûre que cette démocratisation peut participer à changer cela.
Je pense en outre que les organisateurs de spectacles n'ont pas besoin de ces supports ou de ces médias pour connaître les danseurs car ils sont très impliqués dans ce milieu. Ensuite, si un professionnel a pu me découvrir grâce à un DVD de ballet, je ne suis pas au courant…

Comment voyez-vous votre évolution à travers les rôles dans les années qui viennent ?

Dorothée Gilbert dans <i>Casse-Noisette</i> de Rudolf Noureev.  © Sébastien Mathé/Opéra National de ParisIl y a quelques grands ballets classiques que je n'ai pas encore dansés et que j'aimerais aborder comme L'Histoire de Manon de Kenneth MacMillan. D'autant que je devais danser Manon l'année dernière mais une blessure m'en a empêchée, ce qui m'a rendue très triste. C'est un ballet sublime et le rôle de Manon permet d'exprimer de multiples sentiments. Or c'est ce que j'aime par dessus tout : raconter une histoire, interpréter, transmettre des émotions. Cela m'intéresse bien davantage qu'une démonstration technique. J'envisage en fait la technique comme le moyen de parvenir à l'interprétation et à la transmission des émotions. Dans le même ordre, j'aimerais beaucoup pouvoir danser La Dame aux camélias de John Neumeier et Carmen de Roland Petit.
Il y a aussi un certain nombre de ballets que j'aimerais reprendre comme Roméo & Juliette, et bien sûr, avoir la chance de travailler avec des chorégraphes contemporains comme Mats Ek, Jiři Kylián ou William Forsythe.

On vous a confié au départ des rôles très juvéniles. Vous sentez-vous encore aujourd'hui cantonnée aux rôles de poupées ?

Les choses ont évolué et le statut d'Étoile me donne, en principe, accès a des rôles que je ne pourrais pas nécessairement danser en tant que première danseuse. En fait, j'ai une bonne technique et l'on me confiait souvent des rôles très techniques, comme Coppélia, qui ne permettent pas de s'investir dans une interprétation complexe. C'est du reste un peu le cas aussi de Kitri, dans Don Quichotte. Puis il y a eu Giselle qui, avec la scène de la folie et l'acte II, m'a permis de montrer davantage ce dont j'étais capable au niveau de l'interprétation. Ce ballet a peut-être constitué une étape dans le regard des autres car j'ai pu ensuite danser Tatiana dans Onéguine de John Cranko.

Vous avez dansé le rôle de Tatiana en 2004 alors que vous n'aviez que 21 ans…

Il est vrai que j'étais jeune et que ma Tatiana était peut-être un peu verte. Lorsque j'ai repris ce rôle plusieurs années après, ma façon de l'interpréter n'avait plus rien à voir car je possédais déjà la structure du rôle, et ce qui m'a fait mûrir dans ma vie personnelle a bénéficié à Tatiana. C'est la raison pour laquelle je pense qu'il est important de commencer tôt à danser un rôle de façon à pouvoir profiter de nombreuses reprises qui lui permettront d'évoluer. Bref, à 40 ans, je serai parfaite !
Plus sérieusement, les rôles que j'aime demandent vraiment un travail de fond au niveau de l'interprétation et du temps pour parvenir à construire un personnage intéressant. C'est là précisément que réside la difficulté, et non dans l'aptitude à faire deux tours. De plus l'interprétation est une dimension très subjective et se juger soi-même est absolument impossible. Il m'est difficile d'avoir confiance en moi sur ce point, et je suis consciente que seul le retour sur un rôle permet d'avancer, car on le reprend quasiment là où on l'a laissé et on se rend compte que tous les autres ballets auxquels on a participé depuis ont nourri ce rôle.

 

Entrée de Dorothée Gilbert (la Danseuse Étoile) dans <i>La Petite danseuse de Degas</i> de Patrice Bart.  © Tutti-magazine

Êtes-vous petite mère d'un élève de l'école de danse ? Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

Eh bien, j'ai 8 enfants ! Les jeunes élèves profitent généralement du défilé du corps de ballet car c'est une des rares occasion où nous sommes tous réunis. Alors il saisissent cette opportunité pour nous demander d'être leur petite mère ou leur petit père. Il est très difficile de dire "non" à un petit bout de chou qui s'avance timidement vers vous et vous demande si vous voulez bien être sa petite mère ! Alors, on dit "oui" et on se retrouve avec une famille nombreuse. Mais j'essaye tout de même de les suivre. S'ils me le demandent, je les fais un peu travailler pour leur examen de fin d'année. J'aime beaucoup ces moments car je vois rapidement les résultats d'une correction et c'est très gratifiant. Bien entendu, ce n'est pas moi qui me manifeste auprès d'eux mais, s'ils m'appellent, je réponds. Dans la pratique, il y a quatre "petits enfants" pour lesquels je peux parler de contact et que j'essaye de suivre. Quand certains rentrent dans le corps de ballet, je me revois à leur place… À cette époque, je pensais des gens de 30 ans : "Qu'est-ce qu'ils sont vieux !". Et je vais avoir 30 ans…

 

Propos recueillis par Tutti-magazine
Le 28 novembre 2012

Mots-clés

Ballet de l'Opéra national de Paris
Don Quichotte
Dorothée Gilbert
François Roussillon

Index des mots-clés

Imprimer cette page

Imprimer

Envoyer cette page à un(e) ami(e)

Envoyer

Tutti Ovation
Wozzeck mis en scène par Andreas Homoki - Tutti Ovation
Saul mis en scène par Barrie Kosky à Glyndebourne, Tutti Ovation
Adam's Passion d'Arvo Pärt mis en scène par Robert Wilson - Tutti Ovation
L'Elixir d'amour - Baden-Baden 2012 - Tutti Ovation
Les Maîtres chanteurs de Nuremberg - Salzbourg 2013 - Tutti Ovation

Se connecter

S'identifier

 

Mot de passe oublié ?

 

Vous n'êtes pas encore inscrit ?

Inscrivez-vous

Fermer

logoCe texte est la propriété de Tutti Magazine. Toute reproduction en tout ou partie est interdite quel que soit le support sans autorisation écrite de Tutti Magazine. Article L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle.