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Interview de Federico Bonelli, danseur Principal au Royal Ballet de Londres

Federico Bonelli dans le ballet de Christopher Wheeldon <i>DGV: Danse à grande vitesse</i>.  © Johan Persson from DGVFederico Bonelli est Principal au Royal Ballet de Londres. Il danse actuellement le rôle de Des Grieux dans le ballet de Kenneth MacMillan Manon, connu en France sous le titre L'Histoire de Manon. Il répond avec disponibilité à nos questions, et dans un français parfait, au lendemain de la première de la reprise du ballet à Londres. Nous retrouverons Federico Bonelli en direct sur les écrans de cinéma lors de la retransmission en direct de Manon le 16 octobre prochain…

 

Le ballet "Manon" de Kenneth MacMillan sera diffusé en direct depuis le Royal Opera House de Londres le 16 octobre 2014 à 20h15. Des rediffusions suivront dans de nombreuses villes. Ce spectacle du Royal Ballet est distribué en France par Côté Diffusion. Renseignements et réservations sur le site de notre partenaire Akuentic. Toutes les infos ICI


Tutti-magazine : Vous avez dansé la première représentation de Manon de cette saison hier soir. Comment vous sentez-vous ?

Federico Bonelli : Je crois pouvoir dire que le spectacle s'est bien déroulé. Il arrive qu'on se sente quelque peu nerveux lorsqu'il s'agit d'une première, mais nous étions sereins, ma partenaire Marianela Nunez et moi. Nous étions très ancrés dans nos personnages et nous avons ainsi vraiment profité de cette soirée. Je dois du reste remercier ici Marianela car elle a été merveilleuse… Lorsque j'ai le sentiment d'avoir bien mené un spectacle, je me sens bien, de la même façon qu'après un spectacle mauvais, le sentiment qui me reste me rend mal à l'aise. Mais aujourd'hui est un beau jour !

Comment vous êtes-vous préparé à la reprise de Manon ?

J'ai dansé le rôle de Des Grieux plusieurs fois. Si, hier soir, il s'agissait bien de la reprise de ce ballet à Covent Garden, la compagnie a eu l'occasion de le danser en juin dernier sur la scène du Bolchoi de Moscou, mais aussi sur une scène plus petite du Royal Opera House. Ceci dit, reprendre cette œuvre sur la scène principale n'est pas une mince affaire dans la mesure où il s'agit d'un ballet très complexe en trois Actes avec des personnages et une histoire qui porte l'ensemble.
Nous avons commencé à répéter il y a environ quatre semaines, ce qui nous a permis d'être prêts. Dans le cas d'un ballet que nous n'avons pas dansé depuis deux ou trois ans, davantage de répétitions auraient sans doute été nécessaires. Tout dépend en fait du temps qui s'écoule entre la dernière représentation d'une série et sa reprise lors d'une saison suivante. Deux jours avant la première, j'ai rencontré un petit problème au dos, mais cela ne m'a pas empêché de danser ni de beaucoup profiter de la représentation de la veille.

 

Federico Bonelli (Des Grieux) et Marianela Nunez (Manon) dans <i>Manon</i> de Kenneth MacMillan en 2014.  © ROH/Alice Pennefather

Un coach vous a-t-il fait travailler en particulier le rôle Des Grieux ?

Bien sûr, et je pense spontanément à Alexander Agadzhanov. Ce maître d'origine russe a rejoint le Royal ballet il y a de nombreuses années. Il connaît bien la chorégraphie de Manon qu'il a travaillée avec Anthony Dowell, le créateur du rôle de Des Grieux. Mais plus qu'un coach unique, c'est davantage une équipe de personnes qui ont contribué à la préparation de ce ballet, parmi lesquelles notre Directeur artistique Kevin O'Hare, et Julie Lincoln, qui a dansé le rôle de Manon à l'époque de sa création et nous a aidés à rafraîchir certaines parties du ballet. Je dois aussi ajouter que ma femme, qui est également danseuse, est de bon conseil lorsque je lui demande son avis sur certains points précis. Et il y a aussi naturellement ma partenaire qui a une grande influence sur la manière dont je danse et joue mon personnage.

Quelles sont les difficultés du rôle de Des Grieux ?

Federico Bonelli répète le rôle de Roméo sous le regard bienveillant de Lesley Collier.Il s'agit d'un ballet en trois Actes, donc assez long. Les pas de deux sont nombreux, compliqués et difficiles. La première variation de Des Grieux est un adage et il faut veiller à être très sûr afin de ne pas faire de soubresauts avec la jambe de terre… On peut donc parler de difficultés et de défis techniques à propos de ce ballet, et ils sont bien réels, mais je pense que la chose la plus importante est la manière dont on raconte l'histoire. Il s'agit donc pour moi essentiellement d'exprimer la personnalité de Des Grieux. J'essaye bien sûr d'être aussi bon sur le plan technique que sur le plan théâtral, mais je suis persuadé que dans un ballet de ce type, l'incarnation des personnages prime sur le reste.

Dans le ballet, le spectateur sait que tout se joue lors de la rencontre fortuite entre Manon et Des Grieux. Pour vous, interprète, la manière dont se déroule ce premier face-à-face conditionne-elle aussi le rapport entre les personnages pour la suite du ballet ?

Je dirais que cette rencontre n'est pas fortuite car Des Grieux voit parfaitement Manon. En revanche, il fait semblant de ne pas la voir. En se dirigeant vers elle, le nez dans son livre, il a trouvé un moyen de s'en approcher. Sa timidité ne lui permet pas d'aborder la jeune fille de front mais il avance vers elle sans la regarder et va jusqu'à se cogner à elle en faisant tomber le livre qu'il tient. C'est à ce moment que leurs regards se croisent pour la première fois… Or la qualité d'un regard est primordiale lorsqu'il s'agit de raconter une histoire. Le regard est une composante essentielle de l'alchimie qui relie les personnages. Pour ce premier échange dans le ballet, la façon dont Marianela porte ses yeux sur moi ou me renvoie ce que j'exprime va beaucoup influencer la façon dont nous allons ensuite construire nos personnages tout au long du ballet. Dans une œuvre comme Manon, les échanges de regards sont parmi les choses les plus intimes et les plus belles. Tout ce qui peut être exprimé par ce biais est absolument incroyable.

Quels espaces de liberté trouvez-vous dans la chorégraphie de MacMillan ?

Le personnage de Des Grieux est parfaitement défini dans le ballet. Il n'est donc pas possible de le modifier. En revanche, à l'intérieur de cette définition de la personnalité, je trouve beaucoup d'espaces qui me permettent de laisser libre cours à mon interprétation personnelle. Par exemple, lorsque Des Grieux retrouve Manon au bras de Monsieur GM dans le tripot de Madame et qu'il devient le témoin impuissant des regards concupiscents de tous les hommes qui dévorent Manon, il vit un moment terrible. C'est une véritable agonie pour le jeune homme car Manon ne veut le plus le voir et fait semblant de ne pas le reconnaître. Eh bien, dans une scène comme celle-ci, même si la chorégraphie me place à un endroit ou un autre du plateau en fonction de la musique, je trouve une très grande liberté en ce qui concerne l'interprétation que je souhaite faire passer.
Dans un pas de deux très structuré au niveau des pas, il est également possible de s'investir de multiples façons. Ce qui nous ramène à la teneur des échanges et des regards entre partenaires.

 

Federico Bonelli (Des Grieux) et Marianela Nunez (Manon) sur la scène du Royal Opera House.  © ROH 2014/Alice Pennefather

 

Federico Bonelli danse Roméo dans <i>Roméo & Juliette</i> de Kenneth MacMillan en 2013.  © ROH/Bill Cooper

Sur le plan de la gestion de l'énergie, Manon est-il un ballet équilibré ?

Manon est un ballet qui demande pas mal de force physique au niveau de la partie supérieure du corps : les bras, les épaules et le dos. Il y a de nombreux pas de deux, et il est important de faire preuve d'endurance pour parvenir au troisième pas de deux du couple. Certains portés sont assez acrobatiques et il faut pouvoir compter sur une réserve d'énergie qui permet de les exécuter à la fin du ballet. Je trouve d'ailleurs que MacMillan était un génie du pas de deux. Ses pas de deux sont très expressifs. C'est pourquoi je pense que, outre l'endurance physique, il est également important d'avoir une endurance émotionnelle pour parvenir à la fin du ballet.

Dans une récente interview, le danseur Étoile du Ballet de l'Opéra de Paris Josua Hoffalt nous confiait que le rôle de Des Grieux était le premier rôle qui continuait à vivre en lui après avoir quitté le théâtre. Vivez-vous une telle situation quand vous dansez "Manon" ?

Je me reconnais parfaitement dans ce que vous dites. Hier soir, le spectacle s'est terminé à 22h30, et à 3h du matin, j'étais toujours debout. Il n'y a rien à faire, certains spectacles sont si intenses qu'il est impossible de laisser les personnages dans la loge. Je ressens cela sur d'autres ballets que j'ai la chance de danser mais, à ce titre, il est très difficile de décrocher de Des Grieux après une représentation.
Sur scène, le ressenti est parfois extraordinaire car il y a à la fois le public, les lumières et beaucoup de monde. Or, souvent, lorsque je regagne ma loge, les lumières bien moins fortes, l'absence de la musique et du support de l'histoire que l'on raconte sur scène, créent un choc.

 

Lauren Cuthbertson et Federico Bonelli dans <i>Roméo & Juliette</i>.  © Bill Cooper

Vous avez rejoint la troupe du Royal ballet en 2003 parce que vous vouliez danser les ballets de Kenneth MacMillan. Avez-vous trouvé ce que vous étiez venu chercher ?

Je crois qu'à cette époque, l'idée que je me faisais des ballets de MacMillan était assez imprécise. Bien sûr, j'avais vu des spectacles, mais mon approche n'était pas aussi intime qu'aujourd'hui. J'oserais dire que j'ai trouvé dans ces ballets davantage que ce que j'en attendais. Je pense avoir appris beaucoup depuis mon entrée au Royal Ballet, et ce dans de nombreux axes. Mais il y a une chose qui me semble s'imposer, c'est la façon d'exprimer un personnage sur scène au moyen des pas de danse. Une arabesque, une pirouette ou un saut est indissociable de l'histoire que nous racontons. J'adore danser certains ballets sans thème qui privilégient le mouvement et la musique, comme la plupart des ballets de Balanchine, et ils m'apportent aussi une joie immense. Mais les ballets à thème sont une des grandes caractéristiques du savoir-faire du Royal Ballet. Chez Ashton et MacMillan, chaque pas porte une signification. Ici, les pas académiques deviennent un instrument au service de l'histoire. C'est en quelque sorte la tradition de cette compagnie, et j'apprécie beaucoup cela.

Quelle image avez-vous de Kenneth MacMillan à travers ce que vous avez dansé et vu danser ?

MacMillan devait ressentir les sentiments avec beaucoup de force. Prenez des ballets comme Mayerling ou Juda's Tree. Ils véhiculent des images et des sentiments très sombres, voire désespérés. Mais, parallèlement, MacMillan sait également exprimer des phases de joie et presque de béatitude ou d'extase. Par exemple, le pas de deux situé à la fin de l'Acte I de Manon exprime le bonheur à l'état pur. La personnalité du chorégraphe était très complexe. On dit qu'il se servait des relations entre les gens qu'il observait dans la vraie vie pour les transposer sur scène. Quoi qu'il en soit, il est parvenu à des résultats magnifiques…
Je n'ai pas eu l'occasion de travailler avec MacMillan mais le Royal Ballet est une compagnie qui à la capacité de véhiculer sa tradition. Les personnes qui ont travaillé directement avec les chorégraphes transmettent à la jeune génération ce qu'ils ont appris. Cette transmission du savoir s'opère d'une façon très fluide.

En 2012, vous avez dansé Roméo et Juliette avec Lauren Cuthbertson et, cette saison, vous dansez Manon avec Marianela Nunez. À une certaine époque, il existait des couples de scène. Aujourd'hui un danseur change souvent de partenaires. Quel est votre avis sur cette question ?

Retrouvez la critique de <i>Roméo & Juliette</i> avec Lauren Cuthbertson et Federico Bonelli…Tout d'abord, lorsque vous rappelez que je danse avec Lauren Cuthbertson et Marianela Nunez, la première chose qui me vient à l'esprit c'est : quel bonheur ! Ceci dit, je pense que si on a la chance de trouver un jour le ou la partenaire qui permet d'aboutir à une relation de scène exceptionnelle, comme l'était le couple formé par Antoinette Sibley et Anthony Dowell, cela doit être quelque chose de très spécial. Il est vrai qu'on rencontre de moins en moins de couples de scène, mais ce doit être une histoire de chance, car ce genre de d'harmonie tient au fait que deux danseurs fonctionnent bien ensemble, qu'ils sont parvenus au même stade de leur carrière et qu'ils ont été remarqués par un chorégraphe qui les réunit pour créer un certain nombre de pièces… Dans la mesure où j'ai eu l'occasion de danser avec des danseuses extraordinaires, je ne peux pas dire que je regrette de ne pas avoir de partenaire attitrée. Mais je pense qu'une telle association peut présenter des avantages. Je verrai bien ce que le futur me réserve…

Pensez-vous qu'une telle association soit possible aujourd'hui dans le cadre du Royal Ballet ?

Je crois qu'il n'y a rien d'impossible. Récemment Alina Cojocaru et Johan Kobborg dansaient très souvent ensemble. Le couple qu'ils formaient au Royal Ballet s'approchait de ces couples de scène auxquels vous faites référence. Tout est question de circonstances.

Plusieurs distributions se succèdent cette saison dans "Manon", et vous dansez 3 représentations sur les 18 qui sont programmées. Est-ce satisfaisant ?

Je souhaiterais pouvoir danser davantage, mais je ne veux en aucun cas couper l'herbe sous le pied d'aucun autre danseur. J'adore le ballet Manon et je comprends parfaitement le désir de le danser qui est présent chez de nombreux danseurs. Sous cet angle, plusieurs distributions permettent de satisfaire ces envies. Cependant, d'un point de vue égoïste, j'aimerais pouvoir danser plus ce ballet. Manon est une œuvre tellement complexe que la danser plusieurs fois permet de lui apporter davantage. J'ai eu la chance de danser plusieurs fois Des Grieux dans le passé, je connais donc bien ce ballet. Mais je suis aussi très conscient qu'il ne suffit pas de l'avoir dansé plusieurs fois pour le comprendre profondément. C'est seulement en dansant souvent un tel ballet que l'on peut prétendre y pénétrer pour se l'approprier…
La succession des distributions est directement liée au fonctionnement du Royal Ballet. Nous enchaînons douze ou treize productions sur une saison, ce qui limite dès lors le nombre de représentations de chaque spectacle, par rapport à d'autres compagnies qui sont organisées différemment. Je pense en particulier à certaines compagnies américaines qui proposent trente ou quarante représentations de la même production.

 

Marianela Nunez (Manon) et Federico Bonelli (Des Grieux) dans <i>Manon</i> sur la scène du Royal Opera House.  © ROH 2014/Alice Pennefather

Votre dernière représentation, le 16 octobre, sera diffusée en direct dans les cinémas de plusieurs pays. Envisagez-vous cette soirée comme une représentation normale ?

Danser Manon représente toujours quelque chose de spécial. Mais savoir que la représentation est diffusée dans les cinémas et que des spectateurs du monde entier vont nous voir ajoute indéniablement une dimension supplémentaire. Je ne veux pas dire non plus que je ne fais pas de mon mieux lorsque je danse seulement pour les spectateurs assis sur les sièges du Royal Opera House. Au contraire, à Londres, les danseurs aiment leur public. Lors d'une diffusion mondiale, c'est plutôt une sorte de responsabilité que je ressens. Peut-être que, aux côtés des balletomanes, les gens qui vont voir Manon au cinéma n'ont jamais vu de ballet auparavant. Ces spectateurs sont peut-être intimidés à l'idée de pousser la porte d'un théâtre, et ils trouvent plus facile, et aussi plus abordable, de se rendre au cinéma. J'espère que les gens qui découvriront le ballet sur écran seront capturés par ce qu'ils verront. Je pense, pour ma part, que la danse, comme la musique, s'apprécie dans un théâtre. Mais le cinéma offre la possibilité de démocratiser les spectacles auprès des jeunes ou de ceux qui redoutent d'entrer dans un théâtre. Si une telle opération les incite à venir ensuite, c'est gagné !

Lorsque vous avez dansé Roméo et Juliette en mars 2012, ce spectacle a été diffusé en direct dans cinémas. Cela a-t-il changé quelque chose à votre popularité ?

Sans doute que oui, d'autant que les Blu-ray et DVD de ce Roméo & Juliette sont ensuite sortis. Il m'arrive de lire sur Facebook que des gens annoncent qu'un ballet dans lequel je danse passe sur la chaîne thématique Sky Arts… Mais je ne tiens pas à rester campé sur le passé dans la mesure où il y a toujours de nouveaux ballets à danser, de nouveaux défis à remporter. Bien sûr, j'apprécie d'être filmé car, lorsque j'arrêterai de danser, je serai sans doute très heureux de posséder des captations de mes spectacles. Mais mon regard est aujourd'hui porté sur le futur et les prochains spectacles.

Quels vont être vos rendez-vous importants de cette saison ?

Après Manon, je danserai le ballet d'Ashton A Month in the Country. J'ai très peu d'expérience de ce ballet et je suis ravi de pouvoir le reprendre. Plus qu'un ballet, c'est un peu une pièce de théâtre. Du pur Ashton, ce que j'apprécie beaucoup… Suivra Alice in Wonderland qui sera à nouveau à l'affiche des cinémas le 16 décembre et prendra la place du traditionnel Casse-Noisette. Je danserai le rôle du Valet de Cœur. Ce personnage n'existe pas dans le roman de Lewis Caroll et a été inventé par nécessité pour le ballet afin de pouvoir présenter des pas de deux romantiques. Alice avait en quelque sorte besoin d'un bellâtre. Ce sera mon rôle !
Nous reprendrons en janvier une œuvre que j'aime beaucoup danser : Onegin de Cranko. Il s'agit ici aussi d'un ballet à thème dont l'histoire est passionnante !




Propos recueillis par Philippe Banel
Le 27 septembre 2014

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Federico Bonelli
Keneth MacMillan
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Manon
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Roméo et Juliette
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