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Interview de Bryan Hymel, ténor

Bryan Hymel. D.R.Le ténor Bryan Hymel est devenu en quelques années une valeur incontournable des scènes d'opéras. Encore peu connu en France, il s'est pourtant déjà illustré sur de grandes scènes lyriques comme celles du Metropolitan Opera et du Royal Opera House dans des rôles réputés écrasants. Le label Opus Arte édite d'ailleurs pas moins de trois superbes titres à la gloire du ténor américain : Carmen 3D, Les Troyens et le très rare Robert le Diable. Fidèle à la scène londonienne, Bryan Hymel interprète actuellement en français le rôle d'Henri dans Les Vêpres Siciliennes de Verdi. Les caméras investiront la salle de Covent Garden le 4 novembre pour une retransmission HD de cette production signée Stefan Herheim dans les salles de cinéma de nombreux pays, dont la France…

L'opéra de Verdi Les Vêpres Siciliennes sera diffusé en direct du Royal Opera House de Londres et en Haute Définition dans les salles de cinémas le lundi 4 novembre 2013 à 18h45. Bryan Hymel interprétera le rôle d'Henri. À ses côtés, Lianna Haroutounian (la Duchesse Hélène), Erwin Schrott (Jean de Procida), Michael Volle (Guy de Montfort) et Michelle Daly (Ninetta) dans les rôles principaux, formeront une superbe distribution sous la baguette d'Antonio Pappano. Avec ces Vêpres Siciliennes chantées en français, le metteur en scène Stefan Herheim fait ses débuts à Covent Garden.
Retrouvez la liste des salles françaises qui diffuseront cette captation lundi 4 novembre 2013 sur le site dédié aux émotions culturelles sur grand écran akuentic.com

 


Tutti-magazine : Vous vous préparez à aborder demain votre cinquième représentation des Vêpres Siciliennes sur la scène du Royal Opera House. Que pensez-vous de cette nouvelle production ?

Bryan Hymel : J'aime vraiment cette production. Le metteur en scène Stefan Herheim y a apporté un certain nombre d'idées qui ne sont pas dans l‘œuvre originale. Bien sûr, les spectateurs qui ont eu la chance de découvrir cet opéra par le passé ne se trouveront pas en territoire connu, mais je pense que ce spectacle est visuellement attractif au niveau de ses décors et de ses costumes. Dans cette mise en scène, le ballet est utilisé d'une façon particulièrement intéressante. Ici, il n'est pas contingenté à l'Acte III et les danseurs sont intégrés à toute la dramaturgie. Ils aident ainsi à la compréhension du drame. Par exemple, une des danseuses incarne ma mère et, comme c'est le cas dans la plupart des grands opéras français, mon personnage doit chanter pour elle et à propos d'elle, et même lui demander de l'aide. Cette mère dansée devient donc un véritable personnage, ce que je trouve bien vu. Pendant le duo de l'Acte III, elle intervient avec le ballet pour tourmenter Guy de Montfort lorsqu'il tente de me convaincre qu'il est mon père. De ce point, de vue, je pense que c'est une production à la fois séduisante et intéressante.

Est-ce la première fois que vous chantez cet opéra ? Le connaissiez-vous ?

C'est effectivement mes débuts dans Les Vêpres Siciliennes. J'ai découvert cet opéra en Grèce, mais chanté en italien. Cette production présentait les Siciliens et les Français d'une façon très traditionnelle. Le ballet était également conservé, mais n'intervenait qu'à l'Acte III, comme c'est habituellement l'usage. Cela était assez convaincant, mais dans la production du Royal Opera House, le ballet permet à la narration d'être un peu plus claire, ce qui est une bonne chose !

 

Lianna Haroutounian et Bryan Hymel dans <i>Les Vêpres siciliennes</i>.  © ROH/Bill Cooper

 

Michael Volle (Montfort) et Bryan Hymel (Henri) dans <i>Les Vêpres siciliennes</i> mises en scène par Stefan Herheim. © ROH/Bill Cooper

C'est le premier opéra mis en scène par Stefan Herheim à Covent Garden. Comment fait-il travailler les chanteurs ?

Je pense que Stefan est un excellent metteur en scène qui se concentre beaucoup sur les relations qui relient les personnages. Avec lui, les chanteurs n'échangent pas seulement entre eux les paroles que le livret leur attribue mais jouent sur le registre de l'émotion. Si je reviens à ma relation avec Montfort, j'ignore s'il est mon père avant la révélation qui ne survient qu’au milieu de l'œuvre, et nous jouons bien entendu le texte de l'opéra, mais en y ajoutant une sorte d'intention sous-jacente. Par exemple en ce qui concerne Montfort, son comportement est monstrueux envers tout le monde. Mais, si vous prenez en compte le fait qu’Henri, le personnage que je joue, a toujours voulu avoir un père cela explique toute la difficulté qu'il éprouve à prendre parti entre la cause à laquelle il a dévoué sa vie et son père… Sans cette explication on ne peut pas comprendre pourquoi il se jette au-devant de la dague d’Hélène. C'est un exemple de ce que Stefan Herheim apporte à ce livret somme toute assez simpliste et invraisemblable. En travaillant sur les aspects psychologiques et émotionnels des personnages, cela permet aux chanteurs de s'investir d'avantage. C'est du reste ce qui rend cette mise en scène aussi particulière.

Vous chantez sous la direction d'Antonio Pappano. Quel genre de chef d'orchestre est-il ?

Antonio Pappano aide beaucoup les chanteurs. Il est à la fois chaleureux, souriant et il respire avec nous. Ce n'est pas le cas de tous les chefs, ou de tous les metteurs en scène. Certains se montrent un peu plus réservés ou impassibles. Lui est toujours expansif. Il aime expliquer pourquoi, sur certains passages, il veut obtenir un certain phrasé. Il ne nous dit pas "Faites le ainsi !" mais nous incite à lui donner ce qu'il souhaite en se servant de la musique et des mots pour justifier sa demande. Il explique toujours la raison de ses choix. Cela permet aux interprètes de comprendre ce qu'on attend d'eux et d'être en accord avec ce qu'ils font. C'est un plaisir de travailler avec lui et je me réjouis de le retrouver sur un certain nombre de projets dans le futur.

Après Carmen, Les Troyens et bientôt Hoffmann, vous chantez le rôle d'Henri en Français. Quel est votre rapport au répertoire français ?

Lire la critique des <i>Troyens</i> avec Bryan Hymel…Je parle un peu français, mais je crois que mon rapport au français me vient de la famille de mon père de descendance acadienne. Je pense qu'il y a réellement du sang français de ce côté-là. Quant à la musique, je crois que c'est la nature même de ma voix qui m'a conduit à la musique française. Je n'ai en rien cherché cela. Je parlerais plutôt d'une rencontre naturelle entre ce répertoire et mes qualités vocales, comme cette aptitude aux notes hautes qui me distingue de mes collègues qui ont plus de difficultés à les atteindre. La première fois que l'on m'a offert de chanter dans Les Troyens à Amsterdam, j'interprétais Les Puritains. Cet opéra demande encore plus d'aigus au ténor. J'ai donc pensé que je pouvais chanter Énée aussi. j'y ai répondu positivement avec humilité et c'est ainsi que Les Troyens ont constitué pour moi un tremplin dans l'opéra français. J'ai ensuite été remarqué dans ce rôle et c'est à partir des Troyens que tout s'est mis à évoluer pour moi durant les cinq dernières années. En m’entendant interpréter ce rôle à Amsterdam, à Londres et au Metropolitan Opera d’autres propositions me sont parallèlement parvenues pour de la musique française.Bryan Hymel interprète le rôle d'Énée dans <i>Les Troyens</i> à Covent Garden. © ROH 2012/Bill Cooper

Vous chantez aussi Don José dans Carmen…

Je ne placerais pas Carmen dans cette même catégorie d'opéras car le rôle de Don José est écrit dans une tessiture plus basse, plus dramatique. Ceci dit, il y a encore un certain nombre d'autres rôles d'opéras français que j'aimerais chanter à l'avenir. Les œuvres d'Auber, par exemple.

Vous débuterez dans Guillaume Tell de Rossini au Bayerische Staatsoper fin juin 2014…

Tout à fait, et je peux vous assurer que ce rendez-vous sera particulièrement difficile. Le rôle se situe quelque part entre Robert le Diable et Les Vêpres Siciliennes. Un peu plus haut mais un peu moins dramatique aussi. En tout cas assez délicat à négocier. Je suis d'autant plus heureux d'avoir encore quelques mois pour travailler avant de commencer les répétitions à Munich.

En mars 2014, vous allez chanter pour la première fois dans Les Contes d'Hoffmann à l'Opéra de Zürich. Le rôle d'Hoffmann peut être considéré comme un des plus difficiles pour les ténors. Comment vous préparez-vous à ce rendez-vous important ?

Croyez-moi, après les rôles d'opéras français que j'ai déjà chantés, Hoffmann n'est pas si difficile que cela. Je ne veux pas dire que c'est un rôle facile mais il n'est pas aussi lourd ni si haut qu'Henri dans Les Vêpres Siciliennes et Arnold Melchtal dans Guillaume Tell. Pour moi, les challenges ne sont pas les mêmes que pour la majorité des ténors lyriques. Voyez-vous, pour un contre-ut optionnel dans Les Contes d'Hoffmann, je ne compte plus ceux que je dois sortir dans Les Vêpres, sans parler des ré dièse qui m'attendent dans Guillaume Tell. C'est le premier opéra qui demande au ténor de pouvoir chanter un contre-ut en voix de poitrine. Sans le ténor français Gilbert Duprez qui a eu le courage de sortir cette note vers 1830, l'évolution aurait été bien plus lente pour aboutir à la façon dont chantent les ténors aujourd'hui. Le public de l'époque était assez décontenancé et comparait ce son à un cri. Pourtant, cette évolution nous a ensuite conduits à la tradition du chant italien qui veut que l'on chante la totalité des notes au-dessus du la en voix de poitrine… Pour revenir à Hoffmann, j'aurais tendance à le considérer comme un de mes rôles les plus faciles. Je ne devrais pas dire ça car je n'ai pas encore terminé d'apprendre ce rôle mais, au stade où je me situe dans mon étude, je me sens en quelque sorte soulagé.

 

Scène des <i> Vêpres siciliennes</i> au ROH. Mise en scène de Stefan Herheim. © ROH/Bill Cooper

 

Lianna Haroutounian (Hélène) et Bryan Hymel (Henri) © ROH/Bill Cooper

Le 4 novembre, Les Vêpres siciliennes vont être diffusées en direct dans les cinémas. Ce n'est pas la première fois que vous êtes filmé ainsi. Cette situation engendre-t-elle plus de stress ?

Bien sûr, parce que vous voulez paraître au mieux de vos possibilités devant tous les gens qui vont vous voir. Mais, pour tous les chanteurs il en est de même : la nervosité est directement liée à l'état de santé et à la quantité de repos dont vous avez pu bénéficier avant la représentation. Il n'y a aucune alternative à ce qu'apportent le sommeil et le repos. Mais le nombre de spectateurs ajoute vraiment au sentiment d'exposition, d'autant que la diffusion HD du 4 novembre servira aussi à une future édition DVD. Je dirais donc que, dans ce contexte, la nervosité est multipliée par trois ! Pour le DVD, il y aura peu de possibilités de montage. La représentation de référence qui sera conservée pour l'édition vidéo sera donc celle que vous verrez dans les cinémas. Le mieux à faire pour moi est donc de me reposer le plus possible afin d'être disponible le moment venu.

Cette nouvelle production n'a pas été de tout repos…

Nous avons travaillé presque trois mois sur cette production et la préparation a été quelque peu délicate en raison de plusieurs changements de sopranos pour le rôle d'Hélène en cours de route. Après la défection de la première chanteuse, nous avons été contraints de redoubler de vitesse pour que la seconde puisse intégrer rapidement la production et notre façon de travailler a été modifiée en fonction de cette nouvelle chanteuse. Cette situation est ni plus ni moins représentative de la vie de l'opéra et cela fait partie de notre métier que de savoir la gérer. J'espère seulement que la qualité est là car nous avons répété pendant sept semaines avec la première soprano et, seulement une semaine avant la première des Vêpres, nous avons dû tout recommencer avec une autre chanteuse. Ce n'était simple pour personne, et en particulier pour moi car Henri est le seul personnage qui chante à plusieurs reprises en duo avec Hélène, et nos cadences sont assez sensibles ! Les autres chanteurs ont des arias avec les chœurs, chantent en trio ou quatuor, mais la musique est plus simple. Pour les trois premières représentations, j'ai chanté chaque soir avec une soprano différente. En entrant en scène je ne savais pas trop à quoi m'attendre ! Mais nous avons fait en sorte que tout aille bien et le résultat était meilleur que ce à quoi je m'attendais. L'image d'un impressionnant grand huit est sans doute celle qui convient le mieux à la préparation de ces Vêpres Siciliennes, ici à Londres.

[Annoncée malade, Marina Poplavskaya (Hélène) a été remplacée dès la première des Vêpres Siciliennes, le 17 octobre, par la soprano arménienne Lianna Haroutounian. Cette dernière, malade à son tour pour la seconde représentation, le 21 octobre, Marina Poplavskaya a en fin de compte chanté ce rôle. Le 24 octobre, aucune des deux sopranos n'étant en mesure de chanter, Lianna Haroutounian a joué silencieusement le rôle d'Hélène tandis que le chant était assuré depuis le côté de la scène par la soprano italienne Rachele Stanisci. Après cette date Lianna Haroutounian a assuré toutes les représentations]Lire la critique du Blu-ray <i>Carmen 3D</i>…

Lorsque vous êtes filmé, devez-vous adapter votre jeu en raison des caméras ?

Je ne pense pas car nous n'essayons ni d'accentuer notre comportement sur scène ni de le rendre plus discret que la manière dont nous jouons sans les caméras. En revanche, lorsque j'ai chanté Don José dans Carmen 3D, nous avons adapté notre jeu au tournage et aux caméras 3D qui sont un peu différentes. Elles étaient positionnées sur la scène, placées très près des chanteurs et les opérateurs étaient sur le plateau à nos côtés. Pour cette raison, nous devions veiller à réduire quelque peu l'amplitude de nos mouvements afin qu'ils ne paraissent pas ridicules à l'écran. Pour une captation comme celle des Vêpres Siciliennes, nous ne changeons rien car, si les caméras font tout de même des gros plans, les cadrages ne sont pas serrés au point de les rendre artificiels.

Si vous aviez la possibilité de vous adresser au public français qui se rendra dans les cinémas pour vous voir, que lui diriez-vous ?

Je les remercierais tout d'abord de venir entendre une musique aussi belle qui me réserve de très beaux moments. J'ai le sentiment d'avoir trouvé ce qui me convient dans le répertoire français, en particulier chez Berlioz dont j’ai chanté La Damnation de Faust à la Salle Pleyel la saison dernière. J'espère que le public appréciera ma prestation dans Les Vêpres Siciliennes et la façon les efforts que je fais pour faire vivre cette musique et lui rendre justice. J'espère d'ailleurs pouvoir enregistrer bientôt un disque d'arias tirées des grands opéras français que j'envisage comme un hommage à la musique française.

 

Bryan Hymel et le corps de ballet dans <i>Les Vêpres siciliennes</i>.  © ROH/Bill Cooper

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre projet de disque ?

Le ténor américain Bryan Hymel. D.R.C'est un projet qui me tient beaucoup à cœur et que soutiennent des personnes qui m'apprécient dans l'opéra français. Avec elles, nous travaillons à cet enregistrement qui se fera avec orchestre. Je pense rassembler des arias tirées de Robert le Diable, des Vêpres Siciliennes, des Troyens, de Guillaume Tell et peut-être d'autres œuvres de cette veine. Depuis les enregistrements de Georges Thill, il y a une soixantaine d'années, aucun disque n'a été consacré à ce répertoire. La langue française n'est pas ma langue maternelle mais, jour après jour, aidé par des coaches français, j'essaye d'acquérir une maîtrise du français parlé mais aussi du style. Le style est si important qu'il fait partie intégrante de la musique française : le chromatisme, la façon dont les mots s'expriment entre les pulsations rythmiques… C'est un peu comparable à la musique de Chopin quand les notes s'épanouissent autour de la ligne musicale avec tant d'élégance que vous êtes incapables de détailler cette multitude de notes qui prennent place entre deux temps. Pour moi, ce sont cette grâce, cette suavité et cette façon particulière de diriger l'écriture entre deux temps forts qui caractérisent la musique française. C'est assez comparable à l'Art de vivre à la française, au vin et à la cuisine : c'est entre les points forts qu'une merveilleuse respiration s'exprime. Je pense que vous l’aurez compris : j'aime la France !Bryan Hymel. D.R.

Cela ne fait aucun doute…

Avec mon épouse, entre plusieurs représentations de La Damnation de Faust, nous avons visité la région de Bordeaux. Il y a plusieurs années, j'avais d'ailleurs chanté Tosca à l'Opéra de Bordeaux. Nous avons fait une boucle passant par Saint-Émilion et la région des vignobles où nous avons passé une nuit dans un château. Nous avons vraiment apprécié l'ensemble de cette découverte. Si, avec le temps, nous parvenons à parler de mieux en mieux français, nous pourrions envisager d'acquérir une maison et, en été, nous accueillerions des étudiants qui viendraient pour y étudier la musique française et l'opéra français. Nous ferons tout pour promouvoir ce répertoire. Le rapport des Italiens à leur musique est particulièrement fort. Il en va de même pour la musique allemande. Alors il faut bien que quelqu'un défende la musique française !

Pensez-vous bientôt revenir chanter en France ?

Certaines choses sont prévues, non pour la prochaine saison, mais celle d'après. Je m'en réjouis déjà. Du reste, si une opportunité se présente entre-temps, je serai on ne peut plus heureux de revenir sans délai à Paris.



Propos recueillis par Jean-Claude Lanot
Le 31 octobre 2013

 

Pour en savoir plus sur Bryan Hymel :
http://bryanhymel.com

 

Mots-clés

Bryan Hymel
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Giuseppe Verdi
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Les Vêpres siciliennes – ROH

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