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Interview de Angela Denoke, soprano

Angela Denoke.  © Johan PerssonNous avions été fascinés par sa Kundry dans Parsifal à Covent Garden la saison dernière et par son habileté incroyable à se glisser dans les rôles difficiles, leur apportant une dimension théâtrale et vocale uniques. Nous avons donc profité, pour la rencontrer, de la présence de la soprano Angela Denoke à Paris pour un unique récital, accompagnée par la pianiste Karola Theill, à l'Amphithéâtre Bastille dans le cadre de la saison des Convergences

 

Tutti-magazine : Depuis un certain temps, entre autres programmes, vous chantez Kurt Weil en récital. Mais vous avez proposé à Christophe Ghristi, en charge de la programmation des Convergences à l'Amphithéâtre Bastille, un choix de lieder classiques. Pourquoi ce choix ?

Angela Denoke : Lorsque Christophe Ghristi nous a proposé un récital, je venais juste de finaliser ce programme avec ma pianiste Karola Theill. C'est la raison pour laquelle je le lui ai proposé. Notre souhait était de créer quelque chose autour des Quatre chants sérieux de Brahms, et sans les proposer à la suite car chaque lied est solidement construit et exprime ses qualités propres. De telle sorte qu'il nous semblait intéressant de les combiner avec d'autres lieder de Zemlinsky, Strauss, Bach et Berg dont la thématique pouvait s'accorder.

Brahms a composé ce cycle de lieder au moment où il apprenait la grave maladie de Clara Schumann. Cela vous inspire-t-il une direction expressive pour les interpréter ?

Ce n'est pas de cette façon que je construis mon approche car le lied parle de lui-même. Nul besoin ni de l'enjoliver ni de le rendre plus émouvant, tout est dans la musique. Brahms est un de mes compositeurs de prédilection, et une des pièces que j'aime par-dessus tout est son Requiem… Nous avons choisi de présenter aussi la pièce de Gottfried Heinrich Stölzel Bist du bei mir, jadis attribuée à Bach mais écrite dans le même style, et qui dégage une réelle pureté. Or j'ai la sensation que le lied de Brahms, pourtant postérieur, dégage cette même pureté tout en étant en accord avec son temps.

 

Angela Denoke dans <i>L'Affaire Makropoulos</i> mis en scène par Krzysztof Warlikowski.  © Franck Ferville/Opéra national de Paris

"Bist du bei mir" est justement devenu le titre de votre récital. Quel sens donnez-vous à ces mots ?

On peut comprendre ce titre de deux façons différentes. Le premier sens est celui d'une prière qu'on adresse à Dieu, et le second est un échange entre deux personnes. Il appartient à chacun d'aborder ce titre sous un angle ou l'autre. Le dernier lied des Quatre chants sérieux de Brahms parle d'amour, l'amour plus grand que tout, et il se rattache tout aussi bien au titre Bist du bei mir qu'il permet de relier tous les lieder de ce programme.

La forme stricte du récital permet-elle à l'actrice que vous êtes de trouver la liberté d'expression dont elle a besoin ?

Chanter en récital ou sur une scène d'opéra est très différent. Je peux m'exprimer d'avantage avec mon corps lorsque je chante l'opéra, et il en va de même lorsqu'un orchestre m'accompagne. À chaque lied ou air correspond certes un univers dramatique spécifique, mais je ne m'investis pas aussi physiquement que je peux le faire lorsque je chante un opéra. Le récital a davantage à voir avec le sentiment intérieur

Karola Theill vous accompagnera au piano demain soir…

Entre Karola Theill et moi, il s'agit d'une vraie collaboration comme je le recherche. Mais je ne limiterais pas cela au récital car j'ai cette même attente vis-à-vis de l'opéra et du concert. Ce qui me motive est d'aboutir à une construction commune

C'est peut-être une chose difficile à trouver dans le domaine de l'opéra…

Pas vraiment car, avec l'expérience, vous apprenez à savoir quels sont les gens qui font preuve d'ouverture. L'ouverture d'esprit est la qualité la plus importante lorsque plusieurs personnes travaillent ensemble.

Lorsque le moment vient de choisir une robe pour un récital comme celui de demain, quels sont les critères qui comptent ?

Une robe doit être en accord avec le programme. Cela n’est peut-être pas évident mais je ne suis pas de ces chanteuses qui ont besoin de robes imposantes. Je me dirige toujours vers la simplicité. Je suis Allemande, et mes choix sont en accord avec mes origines.

Vous avez fait vos débuts à l'Opéra de Paris dans Wozzeck en 1999 et, en octobre dernier, vous chantiez Erwartung sous la direction d'Ingo Metmacher à l'Opera Bastille. Parmi les différentes productions auxquelles vous avez participé, quels sont vos meilleurs souvenirs ?

J'ai chanté dans cette maison sous l'ère de Gérard Mortier et nous avons partagé d'excellents moments ensemble. Je ne les oublierai pas et je suis persuadé que le monde de l'opéra s'apercevra que cette personnalité lui manque plus qu'il ne le pense aujourd'hui… Parlant d'œuvres, j'ai beaucoup aimé la production de L'Affaire Makropoulos mise en scène par Krzysztof Warlikowski. Katia Kabanova mis en scène par Christoph Marthaler fait aussi partie des productions que j'ai beaucoup aimées. La production de Cardillac mis en scène par André Engel a également été intéressante. Je reprendrai d'ailleurs cet opéra l'année prochaine… Et puis, bien sûr, il y a eu Wozzeck. J'ai commencé par prendre le train en marche en 1999 pour les deux dernières représentations où je remplaçais Katarina Dalayman dans l'ancienne production de Pierre Strosser. Hugues Gall dirigeait alors l'Opéra. Mais il y a surtout eu en 2008 la magnifique production de Christoph Marthaler… Cela fait beaucoup et j'avoue que j'aime vraiment chanter à l'Opéra de Paris.

 

Angela Denoke dans <i>Salomé</i> mis en scène par André Engel à l'Opéra Bastille en 2011.  © Elisa Haberer/OnP

 

Angela Denoke en interview dans le rôle d'Alceste, préambule à la production de Krzysztof Warlikowski.

En mars 2014, vous avez chanté Alceste à Madrid, et cette production de Krzysztof Warlikowski a été récemment diffusée à la télévision française. Le programme commence par une interview d'Alceste et vous répondez aux questions comme si vous étiez la Reine. Était-ce une sorte d'improvisation ou un texte écrit ?

Mes réponses étaient intégralement écrites car il s'agissait à l'origine d'une interview de Lady Di que nous avons seulement raccourcie. Les mots que je joue sont plus ou moins ceux de cette célèbre interview.

Êtes-vous à l'aise avec le langage parlé ? Seriez-vous intéressée par le théâtre ?

Oui, je suis parfaitement à l'aise avec la parole et je peux tout à fait m'imaginer un jour dans une pièce de théâtre. Du reste, j'y pense, mais ce ne sera pas en français car, si je chante dans votre langue, j'ai le sentiment de ne pas être assez bonne pour la parler en scène ! Je fais de mon mieux par rapport aux langues étrangères, et en particulier pour le français, mais c'est une langue dans laquelle on n'est jamais assez bon. Ce n'est pas facile. Il suffit de demander à deux personnes la façon de chanter quelques mots en français pour obtenir deux réponses différentes. Vous ne savez jamais qui croire !

 

Angela Denoke interprète le rôle-titre d'<i>Alceste</i> au Teatro Real de Madrid.

À la fin d'Alceste, vous avez été beaucoup applaudie mais Warlikowsky et son équipe ont été hués. Quel sentiment était le vôtre à ce moment précis ?

Je m'y attendais car le public madrilène est conservateur. Mais je pense que Warlikowsky a fait du bon travail à un moment difficile sur le plan émotionnel. C'était la dernière fois que nous avons vu Gérard Mortier, et il est décédé le jour de la représentation d'Alceste. Nous étions très touchés et toute la représentation s'est déroulée avec l'idée de cette perte. Tous, que ce soit Warlikowsky, les autres chanteurs ou moi-même, avions une relation de longue date avec Gérard Mortier, d'où la grande importance que nous attachions à cette production. L'ensemble des représentations s'est ensuite déroulé sous l'égide de cette perte… On peut aimer ou ne pas aimer une mise en scène de Warlikowsky mais on ne peut nier sa profondeur de réflexion. Sans doute certaines personnes ne comprennent-elles pas le sens de son travail, mais j'aime travailler avec Krzysztof

Comment Krzysztof Warlikowski travaille-t-il avec les chanteurs ?

Je vous ai parlé de la façon dont j'envisage le travail avec les autres, eh bien il fait partie de ceux qui dialoguent toujours. Lorsque je ne suis pas à l'aise dans ce qu'il me demande pour une scène, il change sans tergiverser. Avec lui, c'est dans une démarche commune que la progression s'accomplit vers ce qui est juste et vers la bonne façon de l'exprimer

Vous avez l'habitude d'interpréter sur scène des femmes complexes. Y a-t-il des limites qu'un metteur en scène ne peut pas vous demander de franchir ?

Oui, bien sûr. Je pense que chaque interprète possède ses propres limites, mais je suis incapable de vous dire où se situent les miennes. Cela dépend des circonstances. Par exemple, j'ai accepté d'être nue dans Wozzek, mais cette nudité devait être pleinement justifiée, cohérente avec la scène et non présentée sous un angle sexuel. Au tout début des répétitions, le metteur en scène m'avait demandé si je le ferais et je lui avais répondu que je ne savais pas. J'avais besoin de sentir si c'était une bonne chose. Au final, j'ai été heureuse de pouvoir le faire car c'était une attitude cohérente et logique. Cette nudité a choqué le public mais, dans cette circonstance précise, c'était une excellente chose. Il est impossible de généraliser car, dans d'autres contextes, j'aurais refusé. En réalité, tout est fonction d'une conjonction de facteurs.

 

Angela Denoke dans la production de <i>Salomé</i> de Nikolaus Lehnhoff, dirigée par Stefan Soltesz.

À la fin de la saison dernière, vous avez chanté Kundry dans la nouvelle production de Parsifal* du Royal Opera House de Londres mise en scène par Stephen Langridge. Dans une interview réalisée pendant les répétitions, vous avez confié à la journaliste Nina Large qu'il s'agissait pour vous d'un "nouveau et excitant départ pour ce rôle complexe". Avec un certain recul, que pouvez-vous ajouter ?

J'ai vraiment aimé participer à cette production, en particulier pour la nature particulière de Kundry dans la mise en scène de Stephen Langridge. Pour moi, il s'agissait d'une approche nouvelle, plus chaleureuse de ce personnage, y compris dans l'Acte II. Le propos était davantage au-delà de la Kundry qui séduit les hommes et se conduit selon un plan. Pour le metteur en scène, il était important de montrer le ressenti de cette femme derrière ses actions, en particulier dans la grande scène face à Parsifal. J'ai beaucoup aimé cela car la démarche était à la fois extrêmement intéressante et chargée d'émotion.
* Voir les extraits de Parsifal au ROH avec Angela Denoke et Simon O'Neill en fin d'article.


Angela Denoke (Kundry) dans <i>Parsifal</i> au Royal Opera House de Londres en 2013.

















Cette vision de Kundry a-t-elle modifié votre vision du rôle ?

Je chante le rôle de Kundry pratiquement tous les ans dans différentes productions, et ma réflexion, comme mon ressenti, diffèrent à chaque fois que j'aborde une nouvelle mise en scène. C'est un des aspects intéressants du métier de chanteur que de pouvoir créer ainsi, mais également de modifier son jeu face aux autres personnages d'un opéra qui peuvent aussi bien réagir que ne pas réagir. Tout cela fait que le changement est constant. Ceci étant, pour moi, si le contexte peut être entièrement différent, la nature intérieure d'un personnage demeure à peu près la même.

 

Angela Denoke et Antonio Papano à la fin d'une représentation de <i>Parsifal</i> au Royal Opera House de Londres en décembre 2013.

Vous avez dit que vous pouviez être émue par certains passages de Parsifal lorsque vous êtes en scène. Comment cela se produit-il et comment contrôlez-vous l'émotion ?

Plus jeune, il arrivait que je pleure sur scène. Je pénètre si profondément dans les personnages que je m'éloigne de moi-même. Je ne suis plus moi, mais je deviens le rôle que j'interprète, cela pour le bien ou pour le mal, car il arrive que je prenne trop de risques sur le plan vocal par rapport à ce que je devrais me permettre. Parfois une petite lumière s'allume pour me faire comprendre que ce n'est pas à moi de verser des larmes mais aux spectateurs. Dans ce cas je m'efforce de contrôler un peu plus. Aujourd'hui je gère mieux cette situation. Et n'allez pas me demander pourquoi

Antonio Pappano a dirigé ce Parsifal à Covent Garden. Comment avez-vous préparé le rôle de Kundry avec lui ?

Cliquer pour commander le DVD de <i>Parsifal</i> avec Angela Denoke…C'était une expérience très intéressante car il a une approche très personnelle de cet opéra, à la fois dans sa sensibilité et dans la manière dont il le dirige. Il m'a demandé beaucoup et a modifié quelques éléments sur le plan musical. J'ai en tout cas beaucoup aimé ce travail et il m'a apporté quelque chose.

Kundry, comme d'autres rôles que vous chantez, demande une énergie physique. Comment vous préparez-vous pour éviter l'épuisement ?

Je me perçois comme une femme sportive qui pratique du sport sans excès mais suffisamment. Mon besoin de bouger est permanent. J'aime marcher plus que conduire, je fais du vélo, en particulier lorsque je suis à la maison, je joue au tennis et au golf, je nage. Bref, je pratique pas mal d'activités sportives sans toutefois verser dans l'obsession quotidienne. Je fais ça à ma manière.

Parsifal a été filmé pour être présenté en direct dans les cinémas et sort maintenant en Blu-ray et DVD chez Opus Arte. Quel est votre point de vue sur les nouvelles façons de regarder un opéra ?

D'un certain côté, je n'aime pas ça car il est impossible d'ignorer les caméras qui vous filment et que ces images seront là pour toujours. Or, pour moi, être en scène, c'est avoir un sentiment de liberté supérieur et participer à une interaction avec les spectateurs, ce qui me semble plus important que d'avoir un témoignage vidéo de chaque opéra. Pour Parsifal, une seule de nos répétitions n'a pas été captée. Cette production a été enregistrée pour la radio, puis pour un système de diffusion d'images et le DVD qui devait suivre. Chaque soir, quelqu'un était présent pour enregistrer et nous devions constamment porter un micro. Bien sûr, on se sent bien plus libre sans.
En outre, lorsque j'écoute un enregistrement, j'ai toujours l'impression que ce n'est pas ma voix, car je crois que c'est au centre de la salle de théâtre qu'elle sonne telle qu'elle est. Ma projection vocale est ainsi faite que la beauté du timbre s'exprime bien mieux loin de moi que près de mon visage. Dans la perspective de chanter Lady Macbeth de Mtsensk à l'Opéra d'État de Vienne l'année prochaine, j'ai écouté une captation réalisée alors que je portais un micro. C'était correct mais je n'étais pas satisfaite du rendu de certains passages. Puis, le même soir, j'ai visionné les mêmes scènes sur un DVD que m'avait fourni l'Opéra. Pour cette captation, la prise de son avait été réalisée depuis la salle, et c'était bien meilleur. Je me suis alors dit : "Parfait ! Si c'est ce qu'entendent les spectateurs, ça me va !". De là mon sentiment d'avoir une voix plus belle à une certaine distance du point d'émission.

 

Simon O'Neill (Parsifal), Antonio Pappano et Angela Denoke (Kundry) applaudis à l'issue de <i>Parsifal</i> au ROH en 2013.

Avez-vous vu en vidéo votre prestation dans Parsifal à Covent Garden ?

Pas encore. On verra, peut-être dans 5 ans… Se regarder à la télé ou à partir d'un DVD c'est s'exposer à ne remarquer que ce qui n'est pas bon. Avec le recul, le souvenir d'une production s'estompe et la vidéo paraît meilleure. Je possède le DVD d'Arabella que j'ai chanté à Strasbourg il y a des années, et c'est seulement récemment que j'ai regardé quelques extraits de cette vidéo. J'ai ainsi pu constater qu'en définitive, ce n'était pas si mauvais… Mais se voir dans l'immédiateté c'est la garantie de se retrouver face à sa drôle de tête sur écran !

Au milieu d'un éventail de rôles volcaniques à l'exemple de Salomé, vous chantez la Maréchale dans Le Chevalier à la rose. Quelle est votre approche de cette figure aristocratique et contrôlée ?

J'aime beaucoup cette femme car elle détient la vérité. Elle fait aussi partie des personnages avec lesquels on vit et qui évoluent. J'ai chanté ma première Maréchale alors que j'étais très jeune. Je crois d'ailleurs que j'étais la plus jeune Maréchale de l'Opéra d'État de Vienne. Alors, après toutes ces années, ce rôle est devenu différent dans la mesure où mon regard sur la vie, de façon globale ou sur certains points précis, n'est plus le même. Les sentiments que je porte à la Maréchale ont donc évolué. On voit très souvent en elle une part de tristesse, et c'est effectivement un des aspects qui la constituent. Mais il me semble très important de montrer cette femme, au début de l'opéra, comme un être vivant qui profite pleinement de sa relation avec un jeune garçon. C'est son moyen de se procurer de la joie en marge d'un mariage qui n'est pas une réussite et à l'écart de toute la cour qui l'entoure en permanence. Je trouve particulièrement important de montrer l'aspect vivant et frais de cette femme dans un cadre où elle éprouve du plaisir. C'est même capital à mes yeux.

 

Angela Denoke (La Maréchale) et Stepanie Houtzeel (Octave) dans <i>Le Chevalier à la rose</i> à l'Opéra d'état de Vienne.  © Wiener Staatsoper/Michael Pöhn

 

Angela Denoke dans <i>L'Affaire Makropoulos</i> à Salzbourg en 2011.

Préparez-vous de nouveaux rôles ?

L'année prochaine je chanterai ma première Kostelnicka dans Jenufa à Stuttgart, puis d'autres théâtres suivront. Je permute donc du rôle de Jenufa à celui de sa belle-mère et je suis heureuse que ces débuts soient dirigés par Sylvain Cambreling. Il fait partie de ces chefs avec lesquels il est possible de fouiller un rôle et, de plus, il connaît parfaitement cet opéra. C'est donc une chance que cette rencontre pour débuter. Mais j'aimerais insister sur un point important pour moi : Kostelnicka n'est pas une vieille femme. Elle est la belle-mère de Jenufa et non sa mère. Or, à l'époque, les belles-mères étaient plus jeunes que les mères. Ce détail me semble important car j'ai la sensation que Kostelnicka passe pour une femme plus âgée dans l'esprit de bien des gens. Or elle doit être proche de Jenufa afin que, voyant celle-ci dans la relation avec Steva qui la violente, elle réalise pouvoir elle aussi se trouver face à pareille situation. C'est une vision que je tiens absolument à défendre car on enferme trop souvent Kostelnicka dans des habits de vieille femme… Sur le plan vocal, le rôle de Kostelnicka n'est pas facile à chanter. Il tend davantage vers le registre de soprano dramatique que mezzo-soprano. Je tiens absolument à le chanter tant que ma voix me le permet.

Angela Denoke (Emilia Marty) dans <i>L'Affaire Makropoulos</i> de Janacek à Salzbourg.

Cette prise de rôle ne se limite pourtant pas un essai puisque vous devez le chanter dans plusieurs théâtres…

Effectivement, ce n'est pas simplement une tentative. Je suis persuadée que c'est un rôle qui me convient, et je suis vraiment impatiente de le chanter. Par ailleurs, je vais débuter dans une production Calixto Bieto que je connais et qui est compatible avec ma vision. Ceci dit, je continuerai à chanter aussi Katia Kabanova qui n'est pas une aussi jeune fille que Jenufa, que je deviens un peu trop âgée pour chanter. Katia Kabanova peut très bien être une femme qui atteint la cinquantaine.

Quels autres rendez-vous importants vous attendent ?

Je vais chanter ma première Judith dans Le Château de Barbe Bleue. Ce sera en France, à Montpellier les 5, 7 et 10 mai 2015… L'été prochain, je vais également participer à une nouvelle production dans le cadre du Festival de Salzbourg : il s'agit de Die Eroberung von Mexico de Wolfgang Rihm, que j'ai chanté il y a longtemps. Je suis très impatiente de reprendre le rôle de Montezuma dans cette très belle œuvre… Je chanterai aussi à nouveau Lady Macbeth de Mtsensk. L'année 2015 sera bien remplie !

 

Propos recueillis par Philippe Banel

Le 19 novembre 2014

 

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